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Transplantation rénale : «Ma fille m’a offert une seconde vie»

Par Azeem Khodabux
Publié le: 31 May 2026 à 17:30
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neeshta
La jeune femme confie que son père a toujours été son pilier.

À 32 ans, Neeshta Bhantooa Mungur n’a pas hésité une seule seconde lorsqu’elle a appris que son père souffrait d’une insuffisance rénale chronique. Aujourd’hui, Rajesh Kumar Bhantooa, 60 ans, peut de nouveau profiter de la vie grâce à son geste d’amour.

«Pour moi, ma fille est comme Durga Maa. Elle m’a offert une seconde vie. » Ces mots, prononcés par Rajesh Kumar Bhantooa, 60 ans, traduisent toute l’émotion d’un père qui mesure chaque jour le sacrifice consenti par sa fille. Pour lui éviter une vie de souffrance rythmée par les séances de dialyse, Neeshta Bhantooa Mungur, 32 ans, a choisi de lui offrir l’un de ses reins. 

Ce sergent de police habitant Cottage n’oubliera jamais l’année 2023, celle où sa vie a brutalement basculé. Tout commence par des symptômes qui semblent banals : une fatigue persistante, une perte d’appétit et des gonflements au niveau des jambes. Comme beaucoup, il pense d’abord qu’il s’agit d’un simple problème passager. Mais les symptômes s’aggravent rapidement. Après plusieurs examens sanguins, le diagnostic tombe : il souffre d’une maladie rénale chronique avancée. « J’étais anéanti. Quand les médecins m’ont expliqué que mes reins étaient gravement atteints, j’ai eu l’impression que le sol se dérobait sous mes pieds », se souvient-il.

À l’hôpital SSRN, le Dr Fedally lui explique les différentes options qui s’offrent à lui. Parmi elles, la transplantation rénale représente le meilleur espoir de retrouver une vie normale. Mais avant d’en arriver là, Rajesh doit passer par une étape difficile : la dialyse. Très vite, son état de santé se dégrade. Son taux de créatinine grimpe de 300 à 600. Les œdèmes généralisés et les difficultés respiratoires compliquent son quotidien. Trois fois par semaine, il doit se rendre à l’hôpital pour des séances de dialyse de quatre heures chacune. « Toute ma vie tournait autour de l’hôpital. Je passais plus de temps à recevoir des soins qu’à profiter de ma famille. C’était extrêmement difficile physiquement et moralement. »

Sa famille vit cette épreuve avec lui. Son épouse Vimla, son fils Januv et sa fille Neeshta assistent impuissants à cette lente dégradation. « L’annonce a été un choc pour nous tous. Voir mon père souffrir et partir en dialyse me brisait le cœur », confie Neeshta. Elle a toujours entretenu une relation particulière avec son père. Même après son mariage avec Anesh Mungur et la naissance de son fils Ian Disht, âgé aujourd’hui de quatre ans, leur complicité est restée intacte. « Mon père a toujours été mon pilier. Il m’a soutenue dans toutes les étapes importantes de ma vie. Je ne pouvais pas rester les bras croisés en le regardant souffrir. »

L’appel du sang

Le jour où les médecins évoquent la possibilité d’une transplantation, elle prend sa décision instantanément. « Dès que j’ai appris qu’une greffe était envisageable, j’ai dit au médecin que je voulais donner un rein à mon père. Pour moi, il n’y avait même pas de question à se poser. » Sa mère et son frère se portent également volontaires. Mais les premiers examens révèlent rapidement que Neeshta est la candidate idéale.

Commence alors un long parcours médical. Pendant près d’un an et demi, père et fille enchaînent les rendez-vous, les prises de sang et les examens spécialisés entre les hôpitaux Victoria, SSRN et Jawaharlal Nehru. « Certains tests ont dû être répétés plusieurs fois afin de confirmer définitivement notre compatibilité », explique Neeshta.

Malgré sa détermination, la famille ne peut s’empêcher de s’inquiéter. Rajesh est particulièrement préoccupé par l’avenir de sa fille. « Elle est encore jeune. Elle est maman. Elle a toute la vie devant elle. J’avais peur que cette opération puisse avoir des conséquences sur sa santé. » À plusieurs reprises, lui et ses proches tentent de la faire changer d’avis. « Nous avons essayé de la convaincre de réfléchir davantage, mais sa décision était prise. Rien ne pouvait la faire reculer. »

De son côté, Neeshta n’éprouve aucun doute. « Je savais que deux options seulement existaient : la dialyse à vie ou la transplantation. Je refusais que mon père passe le reste de sa vie branché à une machine. Après tous les sacrifices qu’il avait faits pour notre famille, il méritait mieux. » Dans cette décision, elle bénéficie du soutien total de son mari. « Mon époux a été mon plus grand soutien. Son accord était indispensable. Sans lui, rien n’aurait été possible. »

Le choix de la vie contre la machine

Son employeur, Aspen Global Incorporated, lui apporte également un accompagnement précieux durant toute cette période. À mesure que la date de l’opération approche, l’émotion devient de plus en plus forte. Une semaine avant l’intervention, père et fille sont admis à l’hôpital Victoria. Il suffit alors d’un simple problème de santé pour compromettre l’opération. « L’incertitude était difficile à vivre. Nous devions être en parfaite santé pour que la transplantation puisse avoir lieu. »

Cinq jours avant l’opération, Rajesh craque. Submergé par l’inquiétude, il annonce à sa fille qu’il préfère renoncer à la greffe. « Je ne voulais plus prendre le risque de mettre sa santé en danger. » La réaction de Neeshta est immédiate. « Je lui ai demandé : si j’avais besoin d’un rein, est-ce que tu y réfléchirais à deux fois avant de me donner le tien ? » La réponse du père est instantanée : « Non. » Cela met fin à toutes les hésitations.

Le jour de l’opération arrive enfin. « Ma dernière pensée avant d’entrer au bloc était pour ma fille. J’étais inquiet pour elle et pour notre avenir », raconte Rajesh. Neeshta, elle, avance avec une sérénité remarquable. « Je n’avais pas peur. J’étais prête à tout pour sauver mon père. »

L’intervention est un succès. Quelques heures plus tard, lorsque Neeshta aperçoit son père après la transplantation, elle ressent une émotion indescriptible. « J’ai ressenti un immense soulagement. Le voir vivant, le voir commencer à reprendre des forces, c’était le plus beau cadeau. »

Le miracle du bloc opératoire

Les jours passent. Puis les semaines. Progressivement, Rajesh retrouve une vie normale. Les séances de dialyse appartiennent au passé. Son énergie revient. Son sourire aussi. « Aujourd’hui, je peux vivre normalement. Je peux profiter de ma famille. Chaque jour est un cadeau. » Pour Neeshta, la plus grande récompense reste de voir son père heureux. « Je ne pourrai jamais lui rendre tout ce qu’il a fait pour moi. Mais je suis fière d’avoir pu lui offrir cette chance. »

Cette épreuve a renforcé un lien déjà exceptionnel. « Aujourd’hui, notre relation est encore plus forte. Nous avons traversé ensemble quelque chose d’extraordinaire. » Lorsque Rajesh évoque sa fille, sa voix se charge d’émotion. « Je lui serai reconnaissant jusqu’à mon dernier souffle. Que Dieu la bénisse, ainsi que son mari et son fils. Elle a tout fait pour moi. »

Père et fille tiennent également à exprimer leur profonde gratitude envers les médecins et les professionnels de santé qui les ont accompagnés tout au long de ce parcours. Ils remercient notamment les Drs Ip, Fedally, Beekharee, Bakerally et Aukhojee, les médecins indiens ayant participé à l’intervention, ainsi que l’ensemble du personnel médical des hôpitaux SSRN et Victoria. Ils adressent également leurs remerciements à Mme Jhurry, M. Buckoree, Mme Boodhram et à toutes les personnes qui ont contribué à la réussite de cette transplantation réalisée en août 2025. « Cette opération a été possible grâce à un véritable travail d’équipe. Nous leur serons éternellement reconnaissants », soulignent-ils.

Aujourd’hui, lorsque l’on demande à Neeshta de résumer son geste en quelques mots, sa réponse est aussi simple que bouleversante : « Redonner la vie à celui qui me l’a donnée. »

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