Transféré du CCID vers l’école de police : Jangi aurait trop tardé pour faire interroger Sawmynaden
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Le Défi Quotidien
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Peut-être a-t-il voulu se montrer aimable avec le gouvernement. Toujours est-il que selon nos sources, c’est le retard pris pour auditionner le député et ex-ministre Yogida Sawmynaden dans l’affaire Kistnen qui aurait coûté la place du DCP Heman Jangi à la tête du Central Criminal Investigation Department.
Au Prime Minister’s Office, personne ne veut commenter officiellement le transfert du Deputy Commissioner of Police (DCP) Heman Jangi du Central Criminal Investigation Department (CCID) vers la Police Training School. Néanmoins, selon les informations glanées auprès de sources sûres au bâtiment du Trésor, c’est en raison du retard pris pour convoquer et interroger le député et ex-ministre du Commerce Yogida Sawmynaden que Heman Jangi aurait été prié de prendre la porte de sortie.
« Avant que le rapport de la magistrate Vidya Mungroo-Jugurnath ne soit étalé sur la place publique, le colistier du Premier ministre Pravind Jugnauth dans la circonscription n°8 aurait dû avoir déjà été interrogé par les enquêteurs du CCID. Mais ce n’est pas le cas. Cela en a agacé plus d’un à l’Hôtel du gouvernement. ‘Pe fer koumadir ki nou pe rod kasiet kitsoz’ », nous dit-on.
Parallèlement, il ressort que le climat était tendu aux Casernes centrales. « Il y avait des officiers compétents pour diriger le CCID. Alors, quand une personne a été recrutée sous contrat pour prendre la tête du département, cela a créé une frustration parmi les officiers. Du coup, c’est mieux que Heman Jangi soit muté dans une autre unité », expliquent d’autres sources approchées.
Heman Jangi avait pris sa retraite en mars 2020 mais était de retour aux Casernes centrales trois mois plus tard, cette fois avec un contrat de deux ans en poche. Il était attaché au CCID. Son contrat a été renouvelé pour un an en juin dernier. Ce qui corrobore la thèse que son transfert émane du Bureau du Premier ministre.
Sollicité à plusieurs reprises le jeudi 27 octobre 2022, Heman Jangi est resté injoignable au téléphone. Vidianand Lutchmeeparsad, Chairperson de la Disciplined Forces Service Commission (DFSC), n’a pas non plus répondu à nos appels. Une source à la DFSC précise que « la commission n’a rien à voir avec cette mutation ». La cellule de communication de la police ne se montre pas plus loquace : « Nous ne pouvons rien vous dire concernant le transfert du DCP Heman Jangi pour le moment. »
Au sein de la police, on s’accorde à dire que c’est la première fois que cela se produit. « C’est du jamais-vu dans la force policière. Un haut gradé à la retraite embauché sur une base contractuelle est muté dans une autre unité deux ans plus tard. Mais s’il a été muté ailleurs, cela signifie que son contrat ne stipule pas qu’il est attaché au CCID », souligne-t-on.
Après le transfert du DCP Heman Jangi du CCID, les Casernes centrales sont à la recherche de son remplaçant. C’est son adjoint, l’ACP Kistnasamy Armoogum, qui est le responsable de l’unité en attendant qu’un nouveau DCP soit nommé.
Il ressort qu’une deuxième option est à l’étude qui est de faire appel à d’anciens hauts gradés ayant déjà occupé ce poste sous contrat ou comme consultant auprès du Commissaire de police (CP). Si plusieurs noms ont été avancés, il revient que la décision sera prise l’année prochaine.
Les Casernes centrales comptent, à ce jour, six DCP (soit deux de moins que le nombre prévu). La Special Mobile Force a toujours été sous la direction d’un DCP, mais ce n’est plus le cas depuis qu’Anil Kumar Dip assume les fonctions de CP.
Heman Jangi, qui est sous contrat, est le nouveau responsable de la Police Training School depuis mercredi. Quant à l’ACP Armoogum, il se charge déjà de gros dossiers, notamment l’enquête sur l’affaire « Constituency Clerk » dans laquelle l’ancien ministre Yogida Sawmynaden devra être interrogé.
Paul Bérenger : « Étonné mais satisfait »
« Je suis étonné, mais satisfait. ‘Li kler kinn avoy li manze ek pe met li dan garaz’. J’espère qu’il aura la décence de partir à la retraite. »
Patrick Assirvaden : « Une vraie mascarade »
« Ce transfert est une vraie mascarade. La vérité est qu’il allait être limogé, mais au dernier moment, on a décidé de le transférer. Tout cela est lié à Yogida Sawmynaden. Je n’en dis pas plus pour le moment. »
Sa carrière dans la police est riche. Heman Jangi compte 44 années de service au sein de la force policière, dont 16 ans durant lesquels il a été aux commandes du CCID. Parmi les postes qu’il a occupés : celui d’ACP Crime.
Il a aussi été Chief Police Prosecutor, vu qu’il est détenteur d’une licence en droit de l’université de Londres et aussi grâce à son expérience au sein du Police Prosecution Office.
Heman Jangi a aussi fait partie de la Special Cell du CCID. L’équipe était chargée de High-Profile Cases, tels que l’affaire NPF à la MCB et le décès de Rajesh Ramlogun en cellule policière. Il a occupé le poste de Deputy Commissioner of Police aux côtés de l’actuel commissaire de police Anil Kumar Dip et de Devanand Reekoye, qui est, lui, déjà à la retraite depuis.
Durant sa carrière au sein de la haute hiérarchie des Casernes centrales, Heman Jangi était, en sa qualité de patron du CCID, celui qui était en charge des dossiers, tels que l’affaire Roches-Noires et l’affaire des coffres-forts par rapport à l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam.
Parmi les autres postes à responsabilités qu’il a occupés, Heman Jangi a été Divisional Commander de l’Eastern Division. Il est détenteur de plusieurs formations, notamment en « policing », après des formations aux États-Unis, en Inde, en Allemagne et en France.
Ashwin Kanhye, Thierry Laurent, Fernando Thomas et Nasif Joomratty