Transféré de la St Pierre RCA à la Mohunlall Mohith GS : un élève suspendu une semaine pour violence scolaire
Par
Annick Daniella Rivet
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Annick Daniella Rivet
Transféré de la Saint Pierre RCA School après des violences répétées, un élève a été impliqué dans un nouvel incident à la Mohunlall Mohith Government School, deux jours seulement après la reprise des classes. L’affaire relance les inquiétudes des parents et les interrogations sur le suivi et la prise en charge de ces cas sensibles.
Deux élèves, accusés de violences répétées à l’école Saint Pierre RCA, avaient été transférés à la fin du premier trimestre. L’un a été intégré à la Mohunlall Mohith Government School, à L’Avenir, St Pierre, tandis que l’autre a été orienté vers un établissement relevant du service diocésain de l’éducation catholique. À peine la rentrée du deuxième trimestre effectuée, un nouvel incident impliquant l’un d’eux ravive les inquiétudes.
Un incident a en effet été signalé le mardi 21 avril à la Mohunlall Mohith Government School. Ce nouvel épisode relance le débat sur la gestion des cas de violence scolaire, d’autant plus qu’il concerne un élève récemment transféré à la suite de multiples faits survenus dans son ancienne école. Parents et autorités s’interrogent sur l’efficacité des mesures prises.
Deux jours après la reprise des classes, Rizwan Chumroo a saisi la Brigade pour la protection des mineurs. Ce père de famille affirme que son fils, Zayd, a été agressé et insulté par l’un des élèves transférés depuis la Saint Pierre RCA School. Dans une lettre adressée à la Parents Teachers Association ainsi qu’à l’Inspectorat de la Zone 2, il indique que son enfant aurait été poussé contre un pupitre avant d’être pris à partie verbalement. À la suite de ce nouvel incident, l’élève incriminé a été suspendu pour une semaine.
« Il est profondément préoccupant qu’un élève avec un tel passé ait été placé dans une nouvelle école sans garanties suffisantes. Son comportement représente un risque pour la sécurité des autres élèves et du personnel », écrit Rizwan Chumroo. Il insiste sur la nécessité d’une prise en charge adaptée : « De tels problèmes comportementaux nécessitent une intervention professionnelle immédiate, incluant une évaluation psychologique complète et, si nécessaire, un accompagnement par un psychothérapeute qualifié. »
Il rappelle également que « chaque enfant a le droit d’apprendre dans un environnement sûr et sécurisé », estimant que « la situation actuelle est inacceptable ».
Interpellé, le ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad, évoque une politique de « zéro tolérance ». « Les élèves du primaire ou du secondaire qui ne se comportent pas bien seront sanctionnés et renvoyés s’il le faut, même pour deux jours », affirme-t-il. Du côté du ministère, il est précisé qu’un suivi avait été recommandé aux parents pendant les vacances scolaires. Une psychologue s’est rendue auprès de l’élève concerné, actuellement en Grade 4. Les autorités indiquent chercher, avec les partenaires de l’Éducation, une solution dans l’intérêt de l’enfant.
Par ailleurs, les autorités précisent que les enfants victimes peuvent, avec l’accord de leurs parents, bénéficier de l’accompagnement d’un psychologue scolaire. Ce soutien vise à les aider à surmonter les répercussions émotionnelles des incidents et à assurer leur bien être au sein de l’établissement.
Pour l’Ombudsperson for Children, Aneeta Ghoorah, le transfert d’un élève ne constitue toutefois pas une réponse adéquate. « On transfère le problème d’une école à une autre. Tant qu’il n’y a pas de suivi, de soutien psychologique et d’encadrement, ainsi qu’une référence aux soins médicaux si des problèmes psychiatriques existent, le problème ne sera pas résolu. La balle est dans le camp du ministère de l’Éducation et chacun doit prendre ses responsabilités », soutient elle.
Elle rappelle que son Bureau avait déjà alerté les autorités à la suite d’une série d’incidents à la Saint Pierre RCA School. Une lettre, datée du 7 mars, recommandait un suivi constant des deux enfants concernés, une meilleure communication avec les parents et l’élaboration d’un rapport psychologique détaillé. Une nouvelle correspondance a été adressée le 8 avril, après l’annonce de la création d’un comité ministériel chargé de traiter ces situations, dans l’objectif d’anticiper la rentrée du 20 avril. « Aucune réponse n’a été reçue », précise t elle.
À la reprise des classes, une enquêtrice a constaté que les deux élèves avaient été transférés : l’un vers l’école publique de St Pierre, l’autre vers un établissement relevant du service diocésain de l’éducation catholique.
Depuis près de trois ans, ces deux garçons, aujourd’hui âgés de huit et neuf ans, étaient accusés de violences répétées à la Saint Pierre RCA School. Des parents évoquent des agressions physiques, des insultes et des menaces, y compris envers des enseignants.
Peu avant les vacances du premier trimestre, les deux élèves avaient été suspendus temporairement. La situation avait provoqué la colère de plusieurs parents, certains se rendant jusqu’à un poste de police. L’un d’eux avait consigné une déposition après que son enfant a été frappé à la tête et au dos. Les examens scolaires avaient également été perturbés.
Aujourd’hui, malgré leur transfert, les inquiétudes persistent, entre les impératifs de sécurité pour les élèves et le personnel scolaire et les appels à un encadrement spécialisé permettant une prise en charge durable de ces situations.