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Traiteur : Ça biche pour lui!

Labiche Catering fêtera ses 10 ans le 27 juillet prochain.

Le samedi 27 juillet prochain, Louis Antoine Labiche donnera une fête à l’occasion du 10e anniversaire de son entreprise de traiteur, Labiche Catering, à Baie-du-Tombeau. Cette fête, dit-il, revêt toute son importance. Car pour être actuellement aux commandes des fourneaux, il lui a fallu faire un parcours de combattant. Agé de 59 ans, l’habitant de la rue Calamar, qui n’a fait que la Standard V, affirme que cela fait 45 ans qu’il est tombé dans la marmite. Voici son histoire ! 

Sur un radeau, son père pêchait dans la rivière. Sa mère, elle, n’a jamais travaillé. Né à Bambous, Louis Antoine Labiche est le 3e enfant de la famille. Au total, ils étaient 12 frères et sœurs, dit-il. Il affirme avoir quitté les bancs de l’école primaire d’Olivia après la cinquième. Raison : la précarité. 

Enfant, il ne lésine pas sur les moyens pour trouver du boulot. Histoire de gagner un peu d’argent pour subvenir aux besoins de sa famille nombreuse. Son premier boulot : plongeur au restaurant Arc en Ciel, à Baie-du-Tombeau. Après avoir fait la vaisselle, il fait aussi la petite main auprès du chef des lieux. Deux années plus tard, il atterrit derrière les fourneaux. Il enfile sa toque de cuisinier, qu’il garde précieusement pour trois ans.  Ses domaines de prédilection : les cuisines chinoise et européenne. Puis, il se laisse emporter par un vent de l’ouest. Cette fois-ci, il devient assistant cuisinier au restaurant Seabreeze, à Flic-en-Flac. 

Exerçant son métier avec passion, il n’hésite pas à suivre ses amis pour travailler à l’hôtel Pearl Beach. Il y fait ses preuves, avant de bouger au restaurant Lai Min, à China Town, pour un certain temps. Toutefois, il bouge encore une fois pour travailler au restaurant City Orient, à Port-Louis.

À 33 ans, Louis Antoine Labiche décide de se mettre à son propre compte. Son business : vendre des boulettes à domicile. Bien évidemment les débuts dans cette entreprise sont plus que modestes. Mais au fil des jours, il gagne en popularité grâce au bouche à oreille. Les commandes affluent et il va jusqu’à livrer des boulettes aux supermarchés. Voulant perfectionner ses talents culinaires, Louis Antoine Labiche économise des sous pour se payer des cours techniques dispensés à distance par l’université de Pennsylvanie, aux États-Unis. 

Comment avez-vous fait ? 

LabicheÀ cette question, le quinquagénaire éclate de rire. Et il partage son secret. « Je lisais le dictionnaire et les journaux. C’est ce qui m’a permis de suivre mes cours, qui étaient en anglais. »  Une fois son certificat en main, il décide d’étendre son business. Pour ce faire, il contracte un prêt à la banque pour agrandir sa maison NHDC. Histoire d’avoir un espace pour proposer ses services en tant que traiteur pour mariages, anniversaires et autres événements. Sa femme, Florine Prudence, le soutient dans cette aventure, ainsi que ses six enfants. Tous mettent la main à la pâte pour faire fructifier le commerce familial. « Le démarrage a été lent. S’il y a des personnes qui pouvaient se payer mes services, d’autres n’en avait pas les moyens. Mais j’essayais du mieux que je pouvais de m’adapter à leur budget », partage Antoine Labiche. Il se retrouve toutefois face à des difficultés. En 1993, il ouvre le Café Royal, à Pamplemousses. Lieu où il propose des repas accompagnés d’une boisson à seulement Rs 100. Une bonne affaire pour la pause déjeuner qui a attiré de nombreux avocats, hommes d’affaires, ouvriers, usagers de la route et habitants des localités avoisinantes, indique Antoine Labiche. Deux ans plus tard, il est forcé de mettre la clef sous la porte, suite à des conflits avec le propriétaire de l’emplacement. Il retourne dans sa cuisine à la maison et se consacre à Labiche Catering, sa compagnie fondée dix ans plus tôt.

Une fois les caisses de son commerce renflouées, Louis Antoine ouvre un bar. Il veut que le lieu soit convivial. Pour ce faire, il met ses talents en exergue et propose des gajacks et de succulents plats atypiques, réalisés avec des techniques culinaires propres à lui. Le voisinage raffole de son menu. Mais encore bien d’autres personnes des quatre coins du pays, qui n’hésitent pas à effectuer tout le trajet jusqu’à Baie-du-Tombeau pour se remplir la panse entre collègues, amis ou en famille chez Antoine Labiche.

Pas question de rendre son tablier 

Si ça biche pour lui en ce moment, le quinquagénaire affirme que son parcours n’a pas été de tout repos. À plusieurs reprises, il ne cache pas qu’il s’est retrouvé face à des difficultés. Jusqu’à même vouloir rendre son tablier en pleurant de tout son âme. Il donne en exemple lorsqu’il s’est lancé dans le Night life en ouvrant Arthémis, une boîte de nuit. Lieu où il a laissé des plumes pour offrir ce genre de divertissement au plus grand bonheur des fêtards à Beau-Bassin. 

« Mes investissements sont partis à l’eau. J’étais désemparé, mais je n’ai pas baissé les bras. J’ai toujours travaillé à la sueur de mon front et j’ai pris mon mal en patience pour me remettre sur pied », confie-t-il. Désormais traiteur à plein temps, Louis Antoine Labiche partage que la clé de sa réussite est la persévérance.

« Ma foi en Dieu m’a aussi permis de surmonter les aléas de la vie », dit-il. Et de conclure que de faire une fête pour marquer les 10 ans de son entreprise est très important, car il souhaite remercier du fond du cœur tous ceux qui l’ont aidé dans cette vocation, qui lui permet aujourd’hui d’être un père exemplaire pour ses enfants. 

Sapé comme jamais … 

LabichePar ailleurs, on apprend également que Louis Antoine Labiche est un chanteur à ses heures perdues. Sa passion pour la musique remonte à son enfance, dit-il. « Je fais tout en chantant. C’est une façon pour moi de m’exprimer et de voir la vie du bon côté. » À la fois chanteur et compositeur, il a produit quatre clips vidéos, qui ont été joués sur la chaîne télévisée locale. Son répertoire : Mo Bourzwa, Souvenir du Passé feat Ziakazom, Cadeau Arc en Ciel et Toi Chérie, entre autres, nous dit-il. Lorsqu’il sort son album de son sac, on peine à croire que c’est le même homme qui nous partage son histoire. Sur la couverture, il a l’air « sapé comme jamais » avec des verres fumés et un look branché. Il rigole tout en disant qu’il vient de faire la traduction française de sa chanson Souvenir du Passé. Son genre musical se porte sur le reggae et le séga, qu’il traite à sa propre sauce. « J’espère qu’on la jouera un jour sur les ondes de Radio Plus », conclut-il, tout en essayant maladroitement de nous convaincre avec son plus beau sourire. 

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