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Trafic humain et prostitution : Maurice, l’eldorado pour les femmes malgaches

Mialy Rakotondrasima.

L’arrestation de la ressortissante malgache Mialy Rakotondrasima lève le voile sur les agissements de certaines « touristes » et autres « ouvrières » originaires de la Grande île, une fois la nuit tombée. Elle est soupçonnée d’être un maillon important dans un supposé trafic de prostituées sur le sol mauricien.

Une centaine de ressortissantes malgaches, ayant débarqué à l’aéroport SSR de Plaisance comme touristes et ouvrières, s’adonnent actuellement à la prostitution à Grand-Baie, Trou-aux-Biches et Quatre-Bornes. Selon une enquête de Le Dimanche/L’Hebdo, la majorité sont des sans-papiers depuis au moins un an et demi. Elles opèrent non seulement dans des boîtes de nuit, mais également dans des salons de massage. Elles ciblent les touristes, à qui elles proposent un service « all inclusive ». 

Des hauts gradés basés aux Casernes centrales expliquent que « celles qui gagnent leur vie dans des salons de massage doivent impérativement passer par des intermédiaires ». D’ajouter :  « Bien souvent, elles débarquent à Maurice avec des visas de touristes de 14 jours et vont à la rencontre de leurs recruteuses, qui leur proposent immédiatement du travail. Rusées, ces pseudo-masseuses ne sortent jamais durant la journée par crainte d’être appréhendées par la police. Elles séjournent dans des appartements ou encore chez leurs recruteuses. Sept salons de massage, situés dans le centre et le nord du pays, sont soupçonnés d’en cacher. »

Boîte de nuit et minibus

Par ailleurs, une boîte de nuit située dans le nord du pays est fortement soupçonnée de favoriser la prostitution des ressortissantes malgaches, une fois la nuit tombée. Cela se passe surtout les vendredi et samedi, expliquent des videurs de la boîte de nuit. « Dans la pratique, les travailleuses du sexe dénichent leurs clients dans la discothèque. La consommation de boissons alcoolisées est obligatoire. Ce n’est qu’à partir de 2 h 30 du matin qu’elles ont le droit de prendre leurs clients pour se rendre ailleurs. »

L’aire de stationnement de la même discothèque accueille également une quinzaine de travailleuses du sexe d’origine malgache. Ces dernières voyagent à bord d’un minibus. Ce sont toutes des sans-papiers, qui dénichent leurs clients sur l’aire de stationnement. Pour une heure de plaisir, elles encaissent entre Rs 3 000 et Rs 4 000. Et par soirée, elles touchent entre Rs 5 000 et Rs 10 000.

Falsification de passeports

Les policiers affectés aux services de l’immigration tentent de comprendre ce qui pousse les ressortissantes malgaches à se prostituer sur le sol mauricien. La dernière ruse employée par celles-ci serait les « passeports falsifiés ». « De faux passeports ont déjà été repérés aux frontières, il y a quelques mois. Autrefois arrêtée et rapatriée pour clandestinité, la passagère avait falsifié son passeport en changeant son identité. Cependant, elle a été trahie par sa photographie. En effet, nous avons très vite remarqué que la ressortissante a autrefois été arrêtée et rapatriée », précisent des policiers des services de l’immigration. 
Pour rappel, lorsque les ressortissantes malgaches débarquent aux frontières, leurs passeports sont tamponnés pour une durée minimale de 14 jours, si elles détiennent un montant de 100 USD, leur lettre d’hébergement et leur billet de retour. « Il n’y a aucun traitement de faveur. Si elles ne respectent pas ces critères, elles sont immédiatement refoulées vers leur pays d’origine », soulignent des policiers des services de l’Immigration. 

Les services de l’immigration pointés du doigt

Toutefois, les services de l’immigration (PIO) sont pointés du doigt par l’administration de la police. Les hauts gradés sont d’avis que « l’absence des opérations ‘crackdown’ durant la soirée et le week-end favoriserait la prostitution des ressortissantes malgaches. » Les hauts gradés déplorent que « les officiers opérant au PIO travaillent au bureau durant les jours de semaine et à l’aéroport SSR de Plaisance les week-ends ». Et d’ajouter : « Depuis environ une année, il n’y a plus d’opérations visant à traquer les supposées touristes et ouvrières qui s’adonnent à la prostitution sur le sol mauricien. Nous avons certes besoin des officiers de l’immigration à la frontière de Plaisanc, mais, les opérations ‘crackdown’ sont tout aussi importantes. »

Pour sa part, le chef inspecteur Bhojesh Doomun, chargé du dossier de trafic humain au niveau du Central Criminal Investigation Department (CCID), a fait ressortir que ses hommes, postés dans les diverses divisions du pays, travaillent sur plusieurs pistes. « Le fléau du trafic humain est présent dans le pays. Des personnes mal intentionnées approchent les faibles. Cela cible non seulement des locaux, mais également les ressortissants étrangers de passage à Maurice, tels que les touristes ou ouvrières », explique-t-il. 

Le chef inspecteur est d’avis que ce fléau peut être traité. « On ne peut surveiller les mouvements des étrangers sur le territoire mauricien. Mais leurs activités doivent être contrôlées au niveau du ministère du Travail. Les officiers dudit ministère doivent effectuer des visites régulières sur leur lieu de travail, faire un constat de leur situation et ensuite imposer certaines conditions », ajoute le chef inspecteur Bhojesh Doomun.

Sollicité au téléphone, le responsable du Passport and Immigration Office, l’ASP Narendrakumar Boodhram était en congé maladie. Cependant, il a promis de revenir vers Le Dimanche/L’Hebdo pour une déclaration, une fois qu’il aura repris son poste. 

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