Trafic humain entre Maurice et La Réunion : la police sur la piste d’un réseau de prostitution
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Le Défi Quotidien
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La police criminelle de Petite-Rivière est en passe de démanteler un réseau de prostitution opérant entre Maurice et La Réunion. Nirusha Vanita G., 37 ans, habitante de Petite-Rivière, a été inculpée provisoirement lundi pour « Human Trafficking » devant le tribunal de Bambous.
L’affaire a éclaté après qu’une jeune femme de 21 ans s’est présentée au poste de police dans la nuit du dimanche 15 février. Tout commence en décembre dernier. Nirusha Vanita G. aurait approché cette habitante de l’Ouest et lui aurait proposé un emploi de photographe à l’île sœur. Les frais d’avion, d’hébergement et autres dépenses seraient pris en charge par la recruteuse, assure-t-elle.
Le 10 janvier, la jeune femme s’envole pour La Réunion, accompagnée d’une autre femme. À leur arrivée, elles auraient retrouvé Nirusha Vanita qui les aurait installées dans un lodge à Tampon, dans le sud de l’île. C’est là que le piège se serait refermé.
La plaignante affirme qu’elle et sa compagne ont été contraintes de se vêtir en nuisette pour des séances photos sur les ordres de Nirusha Vanita. « Le même jour, plusieurs hommes se sont présentés et ont eu des rapports sexuels avec nous contre notre consentement et Vanita récupérait des paiements », explique la plaignante.
Les menaces auraient rapidement suivi. « Eski to kwar ki to pou kapav sorti isi koumsa mem ? To oblize travay pou mwa... » lui aurait lancé la proxénète. Nirusha Vanita aurait alors confisqué le passeport de la jeune femme, la forçant à se prostituer à l’île sœur.
Ce n’est que le 31 janvier que la plaignante serait parvenue à quitter La Réunion pour regagner Maurice. Quinze jours plus tard, elle franchit le seuil du poste de police de Petite-Rivière pour raconter son calvaire. La plaignante a également affirmé à la police que sa sœur serait elle aussi une victime de Nirusha Vanita.
La police procède immédiatement à l’arrestation de Nirusha Vanita G. le dimanche 15 février. Lors de son interrogatoire, la suspecte reconnaît avoir accompagné la plaignante à l’île sœur. Après avoir passé la nuit de dimanche à lundi derrière les barreaux au poste de police de Sodnac, elle a été traduite devant la justice.
Dans le sillage de cette enquête, l’époux de la suspecte a également été interpellé par la police avant d’être autorisé à rentrer chez lui.