Trafic de drogue : les peines pour Edgar Joly et pour son complice maintenues en appel
Par
Kursley Thanay
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Kursley Thanay
La Cour suprême a confirmé en appel, le 14 janvier 2026, la peine de trente-cinq ans pour Edgar Henri Joly, 43 ans, un ancien policier de l’Anti-Drug and Smuggling Unit. Elle a aussi confirmé les trente ans de prison pour son complice Louis Wentsley Jasmin, 46 ans.
Les deux hommes répondaient d’importation de drogue de Madagascar. Seewoosing Dayal et Mohammad Jamil Motaleb étaient impliqués dans cette affaire.
Dans le cas d’Edgar Henri Joly, la Cour suprême a maintenu la peine de trente-cinq ans de prison et l’amende de Rs 150 000. Il avait été jugé coupable d’avoir aidé et encouragé l’organisation de l’importation de la drogue. Il aurait facilité la recherche d’un convoyeur. Le tribunal retient que son implication s’inscrivait dans une « transaction continue », depuis la phase de préparation jusqu’à l’arrivée de la drogue à Maurice. Le fait qu’il était un policier de l’Anti-Drug and Smuggling Unit, donc chargé de lutter contre le trafic de drogue, a été considéré comme une circonstance aggravante au moment de la sentence.
S’agissant de Louis Wentsley Jasmin, sa peine de trente ans de prison et l’amende de Rs 150 000 ont également été confirmées. Il a été jugé coupable d’avoir agi de concert avec le défunt policier Arvind Hurreechurn. Celui-ci a transporté la drogue lors d’un voyage à Madagascar. La drogue, d’une pureté de 52 %, a été interceptée à l’aéroport à l’arrivée de ce policier à Maurice. Arvind Hureechurn a été trouvé mort dans sa cellule au centre de détention de Moka, le 28 octobre 2016.
Les deux hommes ont été condamnés devant la cour d’assises le 13 novembre 2023. Ils ont plaidé non coupables. La valeur de la drogue, dans cette affaire, est estimée à Rs 30 040 500. Après le verdict, ils ont fait appel de leur condamnation.
En appel, Louis Wentsley Jasmin a soutenu que la cour d’assises a commis une erreur en affirmant que Rs 450 000 lui ont été remises lors d’une tentative antérieure d’importation depuis le Kenya. La cour reconnaît que l’argent a été remis à Edgar Henri Joly, mais estime que cette erreur ne remet pas en cause la conclusion globale, car d’autres éléments établissent l’implication de Louis Wentsley Jasmin.
Dans les deux dossiers, la défense a aussi contesté la crédibilité du témoin principal, Kamlesh Radha, aussi condamné pour le financement de l’opération. Le Full Bench composé de la Senior Puisne Judge, Nirmal Devat et les juges David Chan Kan Cheong et Véronique Kwok Yin Siong Yen rappelle que la première instance était « mieux placée pour apprécier la crédibilité du témoin ». Et la Cour d’appel ne doit pas intervenir sur les conclusions de fait sauf si elles sont manifestement erronées.