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Tout savoir sur les précautions à prendre contre les cybercrimes

Une hausse des cas d’arnaques ou de fraudes note la Cybercrime Unit.

L’invité de l’émission thématique du jeudi 1er août était le constable Pravesh Beeharry, enquêteur à la Cybercrime Unit. Ce dernier a répondu aux questions des auditeurs aux côtés des animateurs Gilbert Bablee et Mélanie Valère-Cicéron.


Le rôle de la Cybercrime Unit

Cette unité de la police est attachée au Central Criminal Investigation Departement. « La Cybercrime Unit est une unité spécialisée dans les enquêtes criminelles liées à l’informatique. C’est-à-dire, lorsqu’un téléphone portable, un laptop, un PC, une tablette ou autre matériel   informatique ont été utilisés pour commettre un délit. Les officiers de la Cybercrime procèderont alors à une enquête. Ces derniers ont reçu une formation de la police et sont spécialisés dans ce genre d’enquête », confie le constable Pravesh Beeharry. L’enquêteur à la Cybercrime Unit indique que les jeunes ont tendance à utiliser les outils informatiques de plus en plus tôt. Le constable ajoute qu’il y a une hausse de cas rapportés concernant des arnaques ou de fraudes commises qui sont rapportées à la Cybercrime Unit au fil des années. « Dans le but de diminuer ces cas, nous faisons des campagnes de sensibilisation pour avertir les membres du  public afin qu’ils soient plus prudents. Ces campagnes les aident à ne pas tomber dans le piège.

Ignorantes, certaines personnes se laissent emporter et deviennent des victimes. Nous notons des cas comme le Parcel-scam, le phishing mail ou la sextorsion », indique Pravesh Beeharry. Le constable souligne également qu’il y a aussi des lois à observer, dont deux lois principales. « La plupart des délits sont commis sous les deux lois que sont l’Information & Communication Technologies Act 2001 et la Computer Mis-use & Cybercrime Act 2003», explique-t-il.


Parcel-scam

Les femmes, qu’elles soient mariées ou pas, ne sont pas épargnées. Surtout celles qui restent à la maison et qui sont en ligne à se faire des amis ou un correspondant. C’est comme la sextorsion. Le hacker fait une recherche sur sa victime. L’arnaque commence de la même manière, avec des mots doux. Par la suite, il informera sa victime qu’il lui offrira un cadeau de grande valeur. La victime se laissera berner par les objets de valeur. Pour récupérer ce colis, la victime déboursera une grosse somme sans s’en rendre compte. Des personnes qui se feront passer pour des douaniers ou des compagnies d’assurance prendront le relais en contactant cette personne pour lui soutirer de l’argent pour un colis qu’elle n’obtiendra jamais. Ce n’est qu’après que la personne réalisera qu’elle s’est fait berner. La victime se rendra à la Cybercrime Unit, il sera pratiquement impossible de retracer l’argent parce que ce n’est pas sous le contrôle des autorités locales.

cybercrimes

 


Amendements de l’ICTA

Quand nous prenons un équipement informatique pour envoyer où recevoir un message qui cause préjudice à une autre personne, que ce soit menaçant, insultant ou obscène, nous commettons un délit. Pravesh Beeharry soutient que dans les amendements apportés l’an dernier dans la loi, il y a un éventail plus large de délits. « Auparavant les personnes utilisaient un faux profile pour publier certaines choses qui portent préjudice à une tierce, et ceux qui partageaient la publication n’étaient pas punis. À présent, ceux qui partagent la publication seront eux aussi punis, puisque c’est désormais considéré comme un délit», précise le constable. Il y a aussi eu des amendements des peines. Avant l’amendement, la servitude pénale infligée ne dépassait pas cinq ans, depuis l’an dernier, les contrevenants risquent jusqu’à un maximum de 10 ans de servitude pénale. « Le nombre de fois qu’une personne commet un délit ou récidive est aussi pris en considération». 

Concernant la Computer Mis-Use & Cyber Crime Act 2003, elle concerne davatage ceux ayant une bonne connaissance en informatique. Cette loi concerne le piratage ou des accès interdits aux données, entre autres. L’enquêteur à la Cyber crime conclut en disant que l’ignorance de la loi n’est pas une excuse

Sextorsion

La sextorsion est de plus en plus redoutée.
La sextorsion est de plus en plus redoutée.
Le constable Pravesh Beeharry.
Le constable Pravesh Beeharry.

Le constable Pravesh Beeharry fait remarquer que c’est un problème qui prend de plus en plus d’ampleur. « Il s’agit là de la même pratique que l’extorsion qui a pour but de soutirer quelque chose à une personne, sauf que, dans ce cas, il y a un aspect sexuel qui entre en jeu. La plupart du temps, ce genre de cas concerne les personnes mariées. L’extorsion, tout comme la sextorsion, a pour but d’effrayer la personne dans le but de lui soutirer de l’argent et les victimes et sont vulnérables aux chantages. Tout commence par une demande d’ami sur les réseaux sociaux, Un langage doux sera utilisé pour faire connaissance. La victime ne se rendra pas compte, jusqu’à ce qu’elle se retrouve devant la caméra pour du sex virtuel.

Entre-temps, le hacker aura déjà enregistré ou pris la photo de sa victime dénudée et le chantage commence. Vous remarquerez qu’un langage inhabituel sera utilisé. La langue n’est pas impeccable, c’est comme une traduction. Comment cette personne connaîtra les membres de notre famille ? C’est simplement par les informations présentes sur son propre compte. Ces informations sont recueillies par le hacker avant de lancer les attaques. Nous devons être responsable et ne pas mettre des informations sensibles ou critiques qui pourraient nous porter préjudice si notre compte est piraté. Certains ont même reçu des appels téléphoniques à domicile, parce que cette information était inscrite sur son compte. Une fois que vous transférez de l’argent, c’est terminé. Pour le hacker, c’est comme si vous étiez la poule aux œufs d’or, il extorquera un maximum d’argent.

Dans un tel cas, nous conseillons aux victimes, peu importe le montant qui a déjà été versé, de tout arrêter. Il faut savoir que même la Cybercrime n’a aucun pouvoir sur la personne qui détient ces images ou autres documents compromettants de la victime. Si le hacker décide de publier les images, il le fera. Si elles sont publiées, alors la victime pourra contacter les autorités concernées pour que les images ou la vidéo soient enlevées. Il faut aussi que vous disparaissez de l’internet pendant quelque temps », conseille le constable.


Que faire pour une plainte ?

Pour porter plainte, la personne doit, dans un premier temps, se rendre au poste de police de sa localité. Il n’est pas nécessaire de se rendre à la Cyber Crime Unit. Dans le passé, plusieurs officiers de police ont reçu une formation leur permettant de gérer ce genre de situation. Les cas plus techniques sont référés à la Cyber Crime Unit.

cybercrime

Message aux parents

Étant donné que les appareils technologiques sont offerts aux enfants de plus en plus tôt, le représentant de la Cybercrime Unit explique qu’il faut que les parents veillent au grain. « Nous ne disons pas qu’il ne faut pas donner ces outils aux enfants, mais il faut un contrôle sur les enfants. En  donnant un outil informatique aux enfants, ils  sont exposés à plusieurs dangers», soutient le préposé de la Cybercrime Unit. 

 

 

Questions des auditeurs

Kamini de Vacoas :

  • « Je suis la mère d’une fille malentendante. Depuis quelque temps, ma fille a remarqué que des messages ne venant pas d’elle sont publiés sur les réseaux sociaux. Elle s’est rendue au poste de police de Curepipe, mais on lui a demandé de se rendre à Port-Louis et que dans trois semaines on allait la rappeler, mais elle n’a reçu aucun appel »

Il faut savoir si elle a toujours accès à son profil ou qu’elle ne peut rien faire. Dans un premier temps, il faudrait qu’elle change son mot de passe. Et il y a des fonctions qui peuvent être faites. Le Two-step Verification. Le compte est lié à son téléphone. Avant d’entrer sur son profil, elle recevra un code à utilisation unique. Une fois entré, le code ne sera plus valable et elle sera avertie si une autre personne essaie d’utiliser le même code qu’elle. 
 
Abdool de Port-Louis :

  • « Si par accident je publie quelque chose, la police pourra m’arrêter. Mais par accident, cela peut arriver. Il y a aussi des publications qui parlent de prêts sur les réseaux sociaux, je voulais savoir si c’est une arnaque.  »

Une personne en partageant quelque chose sait exactement ce qu’elle fait.  C’est considéré comme un délit. Si la personne s’est rendue compte de son erreur et l’a effacée, alors elle sera chanceuse. Concernant les prêts, il s’agit encore d’arnaqueurs de l’étranger. Ils visent les comptes ayant beaucoup d’amis. Ils prennent contrôle de ces comptes en les envoyant des liens (link) infectés. Le conseil dans ce cas, c’est de ne pas cliker ou suivre ce genre de profils parce qu’il vous dirigera vers d’autres pages infectées et vous perdrez le contrôle de votre compte.

Rajesh de Rivière-du-Rempart

  • « Il y a des personnes qui vendent des tips pour les courses hippiques. Que peut-on faire contre cela ? »

Ce genre de cas concerne la Police des Jeux. Il faut rapporter le cas afin qu’une enquête soit initiée. 

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