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Tourisme : Inde, Afrique et Arabie en soutien

En haute saison, l’industrie touristique est au creux de la vague. Les grands marchés – France, Réunion et Grande-Bretagne – sont en territoire négatif en termes d’arrivées. Les recettes ont pris la pente. Des hôteliers avancent que la performance financière pour les trois premiers mois de 2019 serait moindre avec un intérêt moindre pour la destination. Le point sur ce secteur-clé.

Arrivées : les marchés de «proximité» à la rescousse

France. La Réunion. Les deux premières sources de visiteurs en janvier affichent grise mine. La baisse combinée est de 5%. Conscient de l’impact pour l’industrie si la chute persiste, le ministère du Tourisme met en avant deux options pour booster les arrivées : l’apport des compagnies aériennes et une promotion de la destination mauricienne dans la région et en Asie.

En conférence de presse samedi 16 février, Anil Gayan, ministre du Tourisme, fait mention d’une rencontre avec les compagnies aériennes desservant Maurice afin d’étudier les perspectives pour le tourisme en 2019. La réunion a été positive. « Déjà, nous voyons un intérêt nouveau de la part de certaines lignes aériennes pour nous aider à désenclaver davantage notre destination. »

Si l’industrie du tourisme exige une attention particulière et des mesures rapides, c’est que le secteur est l’un des deux principaux piliers de l’économie mauricienne. Ce sont 100 000 personnes qui œuvrent pour assurer la pérennité de l’industrie. Une action concertée entre les partenaires est requise pour atteindre ces objectifs.

Par exemple, en 2019, l’industrie devrait rapporter Rs 67,5 milliards sous forme de revenus. Les recettes en 2018 sont estimées à Rs 64 milliards. Avec une baisse des revenus aux mois de septembre, octobre et novembre, il se pourrait que cet objectif de Rs 64 milliards ne soit pas atteint, d’où l’importance de mesures rapides.

« Nous prenons des mesures pour augmenter les arrivées durant la basse saison. Nous ciblons les marchés de proximité – ce que j’appelle les long hanging fruits. Nous ciblons l’Inde, l’Afrique du Sud, l’Arabie et nous préparons un road show conséquent pour l’Afrique de l’Est, principalement le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda, » devait affirmer le ministre du Tourisme. « Nous avons une requête de la South African Airways pour mener un road show avec elle en Afrique de l’Ouest. »

Et d’ajouter : « Nous diversifions les marchés et nous avons la détermination de continuer avec une progression constante, tant pour les arrivées que les recettes. Nous avons contacté l’Ahrim pour qu’elle délègue les capitaines de l’industrie pour les road shows que nous organisons. »

Perspectives : les hôteliers inquiets pour début 2019

En se basant sur les réservations, deux des trois principaux groupes hôteliers de Maurice affirment que la période de janvier à mars 2019 (seconde moitié de la haute saison touristique) sera difficile. L’appréciation de la roupie face à l’euro et la livre sterling complique la situation. Ci-dessous les perspectives de New Mauritius Hotels Limited (Beachcomber), Sun Limited et Lux Island Resorts Limited pour le premier trimestre 2019. Ces commentaires sont puisés de leur bilan trimestriel couvrant les mois d’octobre à décembre de 2018.

Beachcomber : « La performance plus faible de nos hôtels 5-Etoiles à Maurice continuera à affecter les résultats du groupe au deuxième trimestre. »

Sun : « L’industrie hôtellerie à Maurice fait face à des défis dans le (présent trimestre) avec des signes d’une demande réduite pour la destination. Les réservations pour ce trimestre sont actuellement inférieures par rapport à la période similaire en 2018 et le taux de change de la roupie demeure élevé relatif aux principales devises étrangères. »

Lux : « Concernant la performance du groupe pour le troisième trimestre (janvier à mars 2019), s’il n’y a aucun évènement adverse et inattendu, nos résultats pour (cette période) devrait s’améliorer par rapport à l’année dernière. »

Évolution des revenus en 2018

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Sur les 11 premiers mois de l’année écoulée, les recettes ont été de Rs 57,38 milliards. La Banque de Maurice s’attend à des revenus de Rs 64 milliards pour 2018. Cet objectif sera-t-il atteint ? On aura la réponse ce mercredi 20 février. Commentant les revenus par touriste, Jocelyn Kwok, Chief Executive Officer de l’Association des Restaurateurs et Hôteliers de l’Ile Maurice estime qu’on se dirige vers une amélioration en 2018, avec des recettes de Rs 46 000 par visiteur contre Rs 45 000 en moyenne. Il rappelle que l’objectif du gouvernement est que ce montant passe à Rs 60 000 en 2030.

Les principaux marchés en baisse

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Les arrivées ont augmenté de 1,1% en janvier pour passer à 122 273. Cette progression est due au nombre accru de croisiéristes ayant foulé Maurice. Cela compense la chute des arrivées par avion, des touristes qui dépensent davantage que ceux qui arrivent par le port. Les données confirment les craintes d’un ralentissement. La preuve : trois des cinq meilleures sources de visiteurs ont affiché une chute dans le nombre. Nos voisins réunionnais continuent de bouder notre territoire, avec une régression de 15% le mois écoulé.

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