
Tony Apollon, député de Mahébourg–Plaine Magnien, raconte son parcours entre contraintes économiques et engagement local. Une trajectoire marquée par la persévérance, entre politique, entreprise et réalités mauriciennes.
« Mon fils est ma plus grande motivation. Je veux qu’il grandisse dans un pays où les opportunités existent pour tout le monde »
«Rien n’est impossible. » Ce credo est le fil conducteur du parcours de Tony Apollon. Depuis tout petit, confie le député de la circonscription n°12 (Mahébourg–Plaine Magnien), il se répète sans cesse : « Si li kapav fer li, kifer pa mwa ? » Issu d’une famille modeste de pêcheurs, il illustre un parcours marqué par la persévérance et l’engagement personnel. Son histoire reflète les tensions entre aspiration sociale et contraintes économiques dans le sud-est de l’île Maurice.

Tony Apollon a grandi dans une famille où chaque sou comptait. Fils d’un pêcheur et d’une femme au foyer, il fait partie d’une fratrie de quatre enfants. La situation financière étant difficile, ses parents l’ont confié très jeune à ses grands-parents, à Mahébourg. « Mes grands-parents ont été des piliers dans ma vie. Chez eux, j’ai appris la discipline, le respect et surtout la valeur du travail », confie-t-il.
Son père, aujourd’hui âgé de 73 ans, passait ses journées en mer. La pêche n’était pas seulement un métier, mais un moyen de subsistance. Tony Apollon se souvient des week-ends passés à Bambous-Virieux, lorsqu’il accompagnait son père : « La mer était mon terrain de jeu et mon école de vie. J’ai appris à ramasser le casier, à pêcher à la ligne… Je savais presque tout faire. J’étais fasciné par la patience et la persévérance qu’il fallait avoir pour attendre le poisson. »
« La mer était mon terrain de jeu et mon école de vie… »
À la maison, sa mère préparait des plats simples, souvent à base de produits de la mer. « C’est grâce à elle que j’ai compris que la richesse ne se mesure pas en argent, mais en partage et en générosité », dit-il.
Dès l’école primaire, Tony Apollon montre de la détermination, porté par la conviction intime qu’il pouvait, lui aussi, réussir. Il savait déjà qu’il ne voulait pas rester prisonnier du carcan de la pauvreté. Au collège, il est un élève assidu et curieux. Mais au-delà des études, il contribue aussi au budget familial. « Même enfant, je faisais de mon mieux pour aider. Je savais que mes parents se sacrifiaient pour nous. Alors, moi aussi, je devais ramener ma pierre à l’édifice. » Cette conscience précoce de la réalité forge en lui une résilience à toute épreuve.
Après ses études secondaires, il poursuit un diplôme en management, tout en travaillant pour financer sa formation. Les journées sont longues, mais sa volonté est inébranlable. « Je savais que la clé de la réussite, c’était le savoir. Rien ne pouvait me détourner de mes objectifs. »
Il fonde ensuite une entreprise spécialisée dans les activités nautiques pour les hôtels et les touristes, mêlant passion pour la mer et esprit entrepreneurial. Ski nautique, wakeboard, catamaran, kayak, kitesurf : il pratique lui-même ces disciplines. La régate reste cependant sa préférence : « J’adore la régate. La voile, c’est un mélange de stratégie, de patience et de communion avec la nature. Quand je suis sur un bateau, je retrouve le petit garçon de Mahébourg qui rêvait devant l’océan. »
Tony Apollon s’investit également dans la plongée sous-marine. Il explore les fonds marins de Maurice, découvrant la richesse des coraux et la diversité de la faune aquatique. Cette passion lui vaut de faire l’objet de plusieurs reportages internationaux ; il y est présenté comme un ambassadeur de la plongée mauricienne. « Sous l’eau, on se sent libre, léger, connecté à un autre monde. C’est une expérience qui transforme. »

Aujourd’hui, son entreprise emploie une cinquantaine de personnes, majoritairement des habitants de Mahébourg. « Je crois dans la méritocratie. Dans ma compagnie, je donne leur chance à ceux qui veulent travailler dur. »
Parallèlement, il soutient le sport et la culture dans sa circonscription, encourageant les jeunes à participer à des activités locales. Football, athlétisme, cyclisme, natation : il met un point d’honneur à aider les clubs locaux, à organiser des tournois et à soutenir les jeunes talents. « Le sport, ce n’est pas seulement de l’activité physique. C’est une école de discipline, de respect et de dépassement de soi. Dans nos régions, il faut donner aux jeunes la possibilité de rêver à travers le sport. »
Il mène également des actions sociales auprès des familles défavorisées et des étudiants en difficulté, tout en accompagnant des pêcheurs de sa région. « Aider les autres dans la mesure du possible, c’est ma devise. Rien ne me fait plus plaisir que de mettre un sourire sur les lèvres d’une personne dans le besoin. »
« La politique, ce n’est pas un privilège, c’est une mission »
Membre du Mouvement militant mauricien depuis 20 ans, il a été candidat à quatre reprises avant d’être élu député. « Je n’ai jamais cru aux raccourcis. Je crois au travail sur le terrain, au contact direct avec la population. La politique, ce n’est pas un privilège, c’est une mission. » Il reste attaché à sa circonscription et connaît bien les réalités des pêcheurs, planteurs et petits commerçants. « Parce que j’ai moi-même vécu cela. Quand je parle de pauvreté ou de difficultés, ce n’est pas en théorie. C’est mon histoire. »
À l’Assemblée nationale, il se concentre sur la justice sociale, l’emploi et le développement régional, tout en plaidant pour la protection des ressources marines. « Nous avons un trésor à Mahébourg : la mer. Elle nous nourrit, elle nous fait vivre. Mais elle est fragile. Protéger notre lagon, c’est protéger notre avenir. »
Pour Tony Apollon, la politique et l’entrepreneuriat restent indissociables de son engagement local et familial. « Je ne veux pas être un politicien de promesses. Je veux être un homme d’action, quelqu’un qui laisse derrière lui un héritage positif. »

Le week-end, il fréquente encore la plage de Mahébourg, échange avec les pêcheurs ou participe à des régates locales. « Je ne veux jamais oublier d’où je viens. C’est ce qui me garde humble et vrai. » Sa trajectoire témoigne moins d’une success story idéalisée que d’un équilibre fragile entre engagement politique, entrepreneuriat et vie personnelle dans un contexte mauricien marqué par les inégalités et les défis économiques.
Marié et père d’un adolescent de 16 ans, Tony Apollon insiste sur l’importance de la famille : « Mon fils est ma plus grande motivation. Je veux qu’il grandisse dans un pays où les opportunités existent pour tout le monde. »
Tony Apollon en est convaincu : peu importe d’où l’on vient, avec de la persévérance, de la volonté et le cœur tourné vers les autres, tout devient possible. Il est la preuve vivante que les origines ne définissent pas la destinée. Cette conviction, il la transmet aujourd’hui à la jeunesse de sa région. Il encourage les jeunes à persévérer dans leurs études, à oser entreprendre, à ne pas se laisser décourager : « Tout le monde a la chance. La différence se fait dans la volonté et la persévérance. »
Son autre passion, la musique
En dehors de son rôle de père et d’homme politique, Tony Apollon cultive aussi une autre passion : la musique. « La musique fait partie de ma vie. Elle m’accompagne dans les moments de joie comme dans les moments de doute. Elle apaise, elle élève, elle inspire. »

Notre service WhatsApp. Vous êtes témoins d`un événement d`actualité ou d`une scène insolite? Envoyez-nous vos photos ou vidéos sur le 5 259 82 00 !