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Toni-Ann Singh, Miss World 2019-2020 : «J’aime la vie et je compte la vivre pleinement»

Toni-Ann Singh en est à sa première visite à Maurice.

Toni-Ann Singh, actuelle Miss World, s’intéresse à la cause des femmes depuis longtemps. Elle s’est présentée au concours de Miss Jamaica pour donner une visibilité à ses projets. Âgée de 23 ans, elle souhaite devenir médecin. Toni-Ann Singh a effectué sa première visite à Maurice du mercredi 22 au samedi 25 janvier. Elle était accompagnée de Julia Morley, présidente de Miss World Organization. 

Sa couronne bleue scintille. Ses cheveux bouclés à l’allure wet look dégagent une certaine fraîcheur. Cette touche est accentuée d’un léger maquillage. Sa robe bleu marine s’arrête au-dessus de ses genoux. Une paire d’escarpins blancs sublime ses jambes minces. Elle est considérée comme la plus belle femme du monde ! Toni-Ann Singh est mitraillée à coups de flash dès qu’elle se présente à la conférence de presse à l’hôtel Dinarobin, au Morne. 

Toni-Ann Singh est la 69e Miss Monde. Elle a été couronnée dans la soirée du 14 décembre 2019 à ExCeL London, à Londres, au Royaume-Uni. Graduellement, la Jamaïcaine se fait à l’idée qu’elle est la nouvelle Miss World. « J’ai passé plusieurs étapes. Quand je me suis retrouvée dans le Top 5, j’ai pensé à Dieu. Je lui ai dit : je ne sais pas ce que tu m’as réservé. Je ne vais pas me stresser. Avant d’annoncer le nom de l’élue, l’audience a crié ‘Jamaica’. Je ne comprenais pas ce qui se passait. Je me disais que tout était comme dans un rêve. Je ne m’attendais pas à recevoir la couronne. Je bougeais ma tête. Miss Nigeria, contrairement à moi, a tout compris et elle jubilait. J’ai dit : ‘I am sorry. Did you say Jamaica ?’ ». C’était incroyable », se souvient-elle. La jeune femme explique qu’elle s’est d’abord présentée au concours Miss Jamaica sur le conseil de quelqu’un. 

« Je suis passionnée par les sujets qui touchent à la femme. J’ai commencé à travailler sur certains projets dans mon pays. Quand nous demandions du soutien, peu de gens acceptaient de nous aider. Une personne m’a alors conseillé de participer à Miss Jamaica afin d’utiliser cette plateforme pour mieux mettre en avant mes projets », dit-elle. Elle ne maîtrisait pas la démarche avant de postuler. Elle confie qu’elle était adolescente quand elle a participé pour la première fois à un mini-concours de beauté à l’école. 

Depuis son couronnement, elle trouve que « sa passion a rejoint son objectif cette année ». En effet, Toni-Ann Singh se concentre sur son projet axé sur la femme et les enfants dans son pays. Elle essaie de représenter cette femme qui réussit, grâce à ses compétences et aux opportunités qui se sont présentées. Elle a aussi l’opportunité de voyager dans pas moins de dix pays pour travailler sur des projets élaborés dans le cadre de Beauty with a purpose. « Mes sœurs ont travaillé sur un projet spécifique dans chaque pays. Nous allons voir comment créer la sensibilisation autour d’un sujet et s’assurer que le projet soit dans la durée. Nous voulons que les projets durent sur plusieurs générations et apportent un changement définitif », dit-elle. Elle cite l’accès à l’éducation et à la grossesse précoce. 

La Miss Monde trouve que ses sœurs de diverses parties du monde vont dans la bonne direction en créant des espaces où les femmes sont écoutées. « La femme a un rôle important à jouer dans la société et dans le monde. Nous donnons vie à la prochaine génération. Mes sœurs et moi devons pouvoir les influencer positivement », dit-elle. À une question de savoir pourquoi elle se réfère aux candidates de Miss World 2019 comme ses sœurs, elle répond : « Nous représentons chacune notre pays et nous aidons les gens. Nous devons aussi nous occuper l’une de l’autre. Des fois, j’ai besoin d’aide, comme pour me maquiller les cils. Une autre peut avoir besoin de mon aide et je vais l’aider selon les compétences dont je dispose. Nous apprenons de l’autre. Nous sommes ouvertes à ce qui se passe dans d’autres pays, même si nous ne les avons pas tous visités. Miss World va au-delà d’une compétition. Nous sommes plus que des candidates. Nous sommes des sœurs », fait-elle ressortir. 

Toni-Ann Singh indique qu’elle échange régulièrement des messages avec ses sœurs. Elle fait ressortir qu’elle a eu l’occasion de parler à Miss Mauritius (Ndlr : Urvashi Gooriah, Miss Mauritius 2018-2019) à Londres. « Nous sommes chacune originaire d’une île. J’ai des origines indiennes et africaines. Nos îles partagent des similitudes, notamment au niveau de la richesse culturelle. Nous avons parlé de cela sur une plateforme internationale qui nous a connectées. Les gens aiment Miss Mauritius. Nous nous assurons que notre voix ne soit pas seulement entendue, mais que nous représentons aussi les jeunes filles. Nous avons la chance de changer des histoires. Il n’y a rien de plus beau », dit notre interlocutrice. 

La Miss World a vu le jour à Saint Thomas, en Jamaïque. Son père a des origines indiennes et sa mère des origines africaines. « J’adore autant le curry que la cuisine typique jamaïcaine comme le poisson salé. C’est une expérience unique d’avoir grandi dans ces différentes cultures. Ainsi, la vie n’est pas ennuyeuse. Avoir grandi des deux côtés m’a permis de cultiver différentes perspectives. Ce brassage vous enseigne d’être forte et vous prépare à répondre à ce monde qui vous demandera qui vous êtes. Vous incarnez alors plusieurs cultures dans un seul corps », dit-elle. 

 Elle est enfant unique. « Mais je ne suis pas un enfant gâté. J’ai grandi avec des cousins. Comme je suis la plus grande fille de la famille, j’ai contribué à prendre soin de mes cousins » dit-elle. Elle a fait ses études en psychologie des femmes en Floride, aux États-Unis. « Nous donnons naissance et nous devons nous préparer à guider la génération à venir dans la bonne direction, afin que le monde jouisse d’un avenir brillant », dit-elle. Son intérêt pour la cause des femmes vient de là. Puis, elle comprend l’impact de la santé mentale sur la santé holistique de la femme. « Nous devons parler de cela pour être sûre que nous prenons soin de nous. Mon objectif est d’être médecin, mais j’ai encore beaucoup de travail à faire avant d’y arriver », dit-elle. 

Elle se qualifie comme une fille amusante, « mais tout le monde ne rit pas de mes blagues ». Elle aime aider les autres, manger, cuisiner, danser, lire et faire la sieste. « J’aime la vie et je compte la vivre pleinement », dit-elle. 

Toni-Ann Singh confie que beaucoup ne la croient pas quand elle dit qu’il lui arrive d’avoir peur. « C’est bien d’être honnête et de dire que nous avons peur. I believe in this quote: Courage is not the absence of fear, but rather the judgement that something else is more important than fear (NdlR : une citation d’Ambrose Redmoon). Si j’avais laissé la peur m’accaparer, je ne serais pas là. C’est important de surmonter sa peur. J’ai besoin de vous, car je ne peux pas faire ce changement seule », demande-t-elle aux jeunes filles.

Julia Morley, présidente de Miss World Organization : «Les critiques doivent être valables»

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La dernière visite de Julia Morley, présidente de Miss World Organization, dans l’île remonte à 1978.

Cela fait cinquante ans depuis que Primerose Obeegadoo, présidente du comité organisateur de Miss Mauritius, et Julia Morley, présidente de Miss World Organization, se connaissent. « Primerose n’a pas beaucoup changé. Nous sommes de bonnes amies. Nous ne sommes pas toujours d’accord sur tout, mais nous nous respectons. Nous rions beaucoup, mais nous sommes sérieuses dans notre rôle de présidente. Chaque année, nous essayons d’améliorer et de faire mieux. Si on peut apprendre de l’autre, on le fait », dit Julia Morley. À une question de savoir comment elle perçoit les critiques qu’attire l’organisation de Miss Mauritius depuis ces dernières années, elle répond : « C’est bien et sain d’avoir des critiques. Mais souvent, elles sont sans fondement. Les critiques permettent de guider tout le monde dans la bonne direction et de s’assurer que le concours est organisé comme il se doit. Des fois, c’est bien quand les critiques ont une once de vérité. Mais cela ne veut pas dire que les gens qui organisent le concours ne sont pas bien. Cela signifie qu’ils doivent s’améliorer. Je ne serai pas de celles qui diront non aux critiques. Mais les critiques doivent être valables », conclut Julia Morley. Notons que la délégation était à Maurice pour discuter de la possibilité d’organiser la finale de Miss World 2020 sur l’île.

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