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Toilettes dans un état déplorable - À Mapou : institutrices et élèves contraints à l’abstinence

Les enseignantes de l’école primaire de Mapou disent craindre pour leur santé.  L’état des toilettes de l’établissement laisserait à désirer. Conséquence : elles sont contraintes à  l’abstinence. Impossible d’aller au petit coin pour ses besoins. Leurs doléances auraient été adressées à la direction de l’école. Hélas, aucune mesure n’a été prise à ce jour.

« Chaque année, c’est le même problème qui revient sur le tapis, s’indignent les membres du personnel enseignant. « La chasse d’eau des toilettes ne fonctionnement pas. Les réservoirs d’eau ne se remplissent pas. Inutile donc de tirer sur la poignée, la cuvette d’eau ne se videra pas. Du coup, les matières fécales ne sont pas évacuées », décrit une institutrice. « À cause de cet inconvénient, la plupart des enseignants optent pour l’abstinence », explique la dame.

Le hic toutefois, c’est que cette solution de bon sens commence à peser sur leur santé. « Certaines personnes souffrent de mal de ventre. Ces toilettes sont tellement dégoûtantes que l’odeur nous donne envie de vomir. Du coup, la plupart des enseignantes préfèrent se priver de satisfaire leurs besoins. Nous attendons de rentrer chez nous pour nous soulager », indique Nadia (prénom fictif), une autre enseignante. « Ce problème n’affecte pas seulement les professeurs, mais aussi tous les élèves de cet établissement », dit-elle.

Problème de tuyauterie

Le personnel de cette école primaire est persuadé que le non-remplissage des réservoirs des toilettes est dû à un problème de tuyauterie. Une conclusion qui découle du fait que l’eau coule bien des robinets de l’école. « Les institutrices ont évoqué les désagréments qu’elles rencontrent à plusieurs reprises à la maîtresse d’école. Mais à ce jour, aucune action n’a été prise. Nous n’en pouvons plus. Cela fait plus d’un an que nous prenons notre mal en patience. Entre temps, c’est notre santé qui est à risque. Idem pour tous les écoliers qui fréquentent notre établissement. Nous souhaitons que la direction de l’école et le ministère de l’Éducation réalisent dans quelles conditions nous sommes contraints d’exercer notre mission », fulmine Nadia.

La maîtresse d’école, interrogée à ce propos par la rédaction d’Xplik ou K, explique que ces toilettes antédiluviennes datent d’une soixantaine d’années. Le ministère de l’Éducation a bien approuvé la construction de nouveaux lieux d’aisances en 2013. « Toutefois, après le décès de l’entrepreneur des travaux, le chantier a été stoppé net. Ce n’est que cette année (2017) que les travaux ont repris. Il est vrai que la chasse d’eau des toilettes ne fonctionnait pas en raison des coupures incessantes dans la fourniture d’eau. Je tiens toutefois à vous rassurer que les réservoirs sont bien remplis. La construction des nouvelles toilettes est achevée. Le personnel enseignant féminin n’a aucune raison de se plaindre », soutient la directrice de l’école primaire de Mapou.