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Textile : la hausse des coûts des matières premières pénalise les exportateurs

Le coût de production dans les usines a grimpé.

Les usines de textiles se retrouvent également dans une spirale inflationniste. Les opérateurs engagés dans l’exportation considèrent la dépréciation de la roupie comme une contrebalance.

La conjoncture internationale propice à l’inflation n’est aucunement favorable à l’industrie du textile. Bien au contraire, les opérateurs subissent de plein fouet la hausse du coût des intrants.

Ajay Beedassy, directeur de GNP Wear, explique que depuis l’année dernière, le prix de la toile a enregistré une hausse de 75 % à 80 %. « Le prix de la toile augmente tous les deux mois environ. Auparavant, le mètre de toile coûtait 3,50 dollars. Aujourd’hui, il se chiffre à 5,25 dollars environ. Au total, nos importations se montent à 20 000 voire 30 000 dollars par mois », dit-il. GNP Wear importe cette matière de la Chine, mais s’approvisionne également sur le marché local. Elle qualifie cette augmentation d’abusive. 

Les opérateurs sont contraints de s’adapter à la situation. Hans Khemraj Bhowaneedin, General Manager de Fairy Textiles Ltd, fait observer que le prix de la toile fluctue en fonction de la valeur ajoutée. « Tous les prix ont flambé. Nous effectuons nos importations en dollar. C’est dire l’impact de la dépréciation de la roupie face à cette devise. Nos importations ont de manière générale subi une hausse de 15 à 20 % », concède Hans Khemraj Bhowaneedin. 

La hausse du prix des intrants se reflète sur le coût de vente. Selon les opérateurs, il est difficile de faire autrement. Le coût de production de Fairy Textiles Ltd est supérieur d’environ 30 %. Pour Manoj Juddoo, Managing Director de Chemise Bellvill, dont les importations sont en provenance de la Chine, de l’Autriche et des Pays-Bas, le coût du fret n’est pas négligeable.  

Effet cascade

La fluctuation des prix de matières premières pose problème au niveau des devis pour les clients. Ajay Beedassy explique qu’entre le temps de la signature du contrat et la production, les prix des intrants ne sont plus les mêmes.

La dépréciation de la roupie théoriquement favorable aux exportations ne le serait pas entièrement selon les opérateurs. La roupie de juin 2021 à juin 2022 a perdu 8,6 % face au rand, 7,3 % au dollar et 2,1 % face à l’euro. Ce qui n’a pas permis aux opérateurs de faire de grandes marges. Ajay Beedassy explique que GNP Wear exporte 60 à 70 % de ses produits vers la France, La Réunion et l’Afrique du Sud. Elle note des frais bancaires lors des échanges. 

« Le gouvernement sud-africain encourage la production locale. Par conséquent, nous avons une baisse de nos exportations vers l’Afrique du Sud », dit le directeur de GNP Wear. Quant à Manoj Juddoo, il fait comprendre que la dépréciation en faveur des exportations est contrebalancée par le coût galopant des importations.

 

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