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Terre-Rouge : l’utilisation du gaz lacrymogène attise la colère des sinistrés

terre rouge Des sinistrés montrant leur colère dans la cour des bureaux de la Sécurité sociale à Le Hochet, à Terre-Rouge.

L’atmosphère était tendue dans la cour des bureaux de la Sécurité sociale à Le Hochet, Terre-Rouge, après l’utilisation du gaz lacrymogène, produit antiémeute. Plusieurs personnes, dont un nourrisson, affectées ont été transportées à l’hôpital. Les autres sinistrés n’ont pas hésité à montrer leur colère. La Special Support Unit a été appelée en renfort.

Les habitants de Terre-Rouge et de Baie-du-Tombeau, sinistrés des récentes inondations, ont été priés de se rendre au bureau de la Sécurité sociale de Le Hochet pour les formalités de perception des compensations, le mardi 23 avril. Munis d’une petite carte jaune, portant la date du 23 avril, beaucoup de gens ont répondu présent. Cependant, au fil des heures d’attente, certains ont perdu patience face aux préposés de la Sécurité sociale. Des renforts policiers ont donc été envoyés sur place.

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase : l’utilisation d’une bombe lacrymogène par un policier. « Il n’y avait aucune raison d’utiliser du gaz lacrymogène. Ce policier a lancé sa bombe sans aucun avertissement, il n’a eu aucune considération pour les nombreux enfants et bébés présents dans la cour de la Sécurité sociale », pestent les sinistrés. Les personnes affectées par le gaz ont été transportées à l’hôpital, tandis que le policier a été évacué, affirme une source policière.

Les victimes ont reçu des soins à l’hôpital et sont revenues par la suite à Le Hochet. Christabelle relate les faits. « Mo ti pe asize avek mo ti baba, kan finn ena atroupeman devan laport, pa konn si ti ena laguer ou si dimoun rod rant par forss. Enn sel kou mo inn trouv la fime, mo kamarad pe dir mwa leve pe avoy kout gaz. Apre monn komanss toufe, mo ti baba inn komanss perdi ler. Kan nou finn al lopital fer nou respir enn lot gaz, lerla noun degaze », explique-t-elle en berçant son nourrisson. La situation était si tendue que des hauts gradés de la police ont été dépêchés sur place, notamment le Deputy Commissioner of Police Lockdev Hoolash de la Northern Division.
La colère des sinistrés a été suscitée par la lenteur des procédures : « Pa kapav deranz nou kat, sink fwa, vinn la, donn nou ti kart zonn pou bouss nou lizie e fer nou ale », fustige Cindy, autre sinistrée.

Une distribution de cartes ‘jaunes’ a eu lieu pour un nouveau rendez-vous prévu ce mercredi 24 avril. Ils ont refusé de quitter les lieux. Sous les protestations des sinistrés, les préposés du ministère ont même été escortés par la SSU à la fermeture des bureaux, à 16 heures. Une cinquantaine de sinistrés ont investi la cour de la Sécurité sociale. Ils prévoyaient d’y passer la nuit, en signe de protestation. Toutefois, durant de longues minutes, les policiers ont négocié avec les mécontents qui ont finalement accepté de quitter les lieux.


Enquête initiée

La Criminal Investigation Division de Terre-Rouge a ouvert une enquête sur cet incident. Si techniquement un policier a le droit d’utiliser une bombe lacrymogène, quand il se sent menacé, son utilisation dans ce cas précis est prise très au sérieux par les autorités. C’est la garantie donnée par les hauts gradés de la police. Le commissaire a été informé de cet incident. Il a réclamé une enquête, confirme une source. « Le policier a été identifié et des sanctions seront prises contre lui, s’il s’avère qu’il a fauté. »


Statu quo à Bain-des-Dames, Cassis

bain des dames
Deuxième nuit devant le poste de police.

Les sinistrés qui réclament une allocation ont maintenu, mardi soir, leur mouvement de protestation devant le poste de police de Bain-des-Dames. Ils se sont rendus à l’Astor Court, dans la journée, pour compléter leur application. Sauf qu’au quartier général de la Sécurité sociale, on leur aurait informé qu’ils devront attendre plusieurs semaines avant d’obtenir une réponse. Une des raisons avancées : c’est qu’ils n’ont aucun document officiel de la police prouvant que leurs effets personnels ont été abîmés par les récentes inondations. Les sinistrés ont ainsi décidé de passer leur deuxième nuit devant le poste de police.

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