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Tennis - Wimbledon : Federer et Serena pour repousser les limites

A presque 37 ans, Roger Federer et Serena Williams veulent encore défier les lois du temps en visant respectivement un neuvième et un huitième titres à Wimbledon. Le défi est encore plus relevé pour l'Américaine, devenue mère en septembre.

Seul joueur huit fois sacré sur le gazon anglais, le maestro suisse, tenant du titre, peut égaler le record absolu de Martina Navratilova avec un nouveau triomphe le 15 juillet. Serena, elle, en égalerait un autre, celui du nombre de trophées majeurs (24) détenu par l'Australienne Margaret Court.

Pour arriver à ses fins, Federer a ménagé son corps en tirant un trait sur la saison sur terre comme l'an passé. S'il a remporté plus de matches en préparation - huit pour une défaite (5 V/1D en 2017) - et qu'il a conquis le titre à Stuttgart, le Bâlois n'a toutefois pas conservé le trophée dans son jardin, allemand, de Halle. Le jeune Croate Borna Coric l'a privé d'un 10e sacre en finale.

L'ancienne N.1 mondiale, aujourd'hui 181e, ne peut elle pas s'appuyer sur autant de repères avant de débuter lundi face à la Néerlandaise Arantxa Rus (105e). Elle n'a joué aucun tournoi depuis son forfait sur blessure (pectoraux) avant les huitièmes de finale de Roland-Garros le mois dernier... 

Elle n'est pas moins la "favorite" selon sa compatriote Navratilova, à condition d'être en forme. Lors de son dernier match à Londres, en 2016, elle avait remporté la finale en battant l'Allemande Angelique Kerber, prouvant ainsi que sa puissance se mariait toujours bien avec le gazon. Pour son retour en Grand Chelem, à Paris, la Floridienne n'avait cessé d'élever le niveau au cours de ses trois matches, remportés face à Kristyna Pliskova (alors 70e), l'Australienne Ashleigh Barty (17e) puis l'Allemande Julia Görges (11e), avant qu'un pépin physique ne ruine ses chances.

A Londres, elle bénéficiera d'un statut de tête de série (N.25), en raison de sa grossesse, une décision des organisateurs qui l'a "agréablement surprise". Cela lui a permis d'éviter une joueuse du gratin mondial d'entrée. Pour elle, les choses ne se compliqueraient qu'à partir du troisième tour avec la menace Elina Svitolina (5e mondiale) bien que l'Ukrainienne n'a jamais brillé à Wimbledon (meilleur résultat: huitième-de-finaliste en 2017).

Finale Federer-Nadal comme en 2008 ? 

Federer pourrait, lui, retrouver Coric dès les huitièmes. Quels autres potentiels écueils avant la finale? En quart, le géant sud-africain Kevin Anderson (2,03 m) puis en demi-finale le Croate Marin Cilic, sa proie de l'épilogue 2017.

Si dans l'autre moitié de tableau, le N.1 mondial Rafael Nadal fait autant de dégâts, il y aurait nouvelle finale entre les deux monuments du tennis, dix ans après celle restée dans les annales. En 2008, le Majorquin avait rompu la constance du jardinier Federer, lauréat des cinq éditions précédentes, au bout du suspense (9-7 dans le cinquième set).

"Tout le monde sait que c'était un rêve pour moi de gagner ce tournoi. Après deux finales perdues (2006, 2007), celle-ci a représenté un grand pas en avant dans ma carrière", a expliqué samedi le champion espagnol, lauréat d'un onzième trophée à Roland-Garros le 10 juin.

A Londres, Nadal a remporté un autre trophée (2010) mais il n'a plus dépassé les huitièmes de finale depuis sa dernière finale, perdue en 2011 devant Novak Djokovic. Le Serbe, sacré deux autres fois à Londres (2014, 2015), mais à la recherche de son meilleur niveau depuis deux ans, pourrait le croiser en demi-finale. 

Le chouchou du public, Andy Murray, est lui placé sur la route de Nadal en quarts. Mais l'Ecossais de 31 ans, revenu à la compétition le 19 juin après quasiment un an d'absence (hanche), a-t-il les moyens d'y arriver? "Je dois prendre les choses au jour le jour", a dit l'ancien N.1 mondial, tombé au 156e rang, qui était incertain à Londres.

Chez les dames, les plus sérieuses rivales de Serena Williams, la Tchèque Petra Kvitova, titrée en 2011 et 2014, l'Espagnole Garbine Muguruza, tenante du titre ou encore l'Allemande Angelique Kerber, figurent dans l'autre moitié de tableau. Tout comme Maria Sharapova qui effectue son retour dans le "Temple" après deux éditions manquées (suspendue pour dopage en 2016, blessée en 2017).