Téléphone au volant : le ministre Mahomed revoit sa copie
Par
Jean-Marie St Cyr
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Jean-Marie St Cyr
Dans une vidéo, le ministre du Transport a tenu à dissiper la confusion née de sa conférence de presse du 10 juin sur l’usage du téléphone au volant et les pénalités prévues dans le cadre du permis à points.
C’est par le biais d’une vidéo que le ministre du Transport a choisi de s’expliquer, le samedi 13 juin. Face à la polémique suscitée par le durcissement des sanctions liées à l’usage du téléphone au volant, Osman Mahomed a tenu à apporter les clarifications réclamées par l’opinion publique.
Il est d’abord revenu sur sa conférence de presse du mercredi 10 juin, au cours de laquelle il avait annoncé son intention de saisir le Conseil des ministres pour trancher une ambiguïté persistante dans le Road Traffic Act de 2010. Ce texte interdit l’usage du portable, qu’il soit tenu en main ou utilisé en mode mains libres, une disposition devenue problématique à l’heure où les véhicules intègrent de série des systèmes de communication avancés. « Le mains libres couvre un large éventail et inclut la connexion Bluetooth, les commandes vocales, les commandes au volant (steering wheel control) et le GPS, qui sont arrivés sur le marché et sont désormais intégrés dans les véhicules », a-t-il expliqué.
Le Conseil des ministres, réuni le vendredi 12 juin, a tranché. Face à la persistance de la confusion quant à la portée des dispositions légales, il a décidé de revoir le cadre juridique en vigueur. Le ministère du Transport est ainsi mandaté pour travailler avec le State Law Office et la police, en s’alignant sur les meilleures pratiques internationales, afin d’apporter dans les meilleurs délais les amendements nécessaires.
Sur le fond, le ministre Mahomed a tenu à rappeler la règle qui s’applique dès à présent : « Il est interdit de tenir un téléphone portable en main pour parler tout en conduisant. » Les contrevenants s’exposent à une amende ainsi qu’à des pénalités allant de cinq à dix points sur leur permis. « Le gouvernement est ferme sur la sécurité routière », a averti Osman Mahomed, appelant les automobilistes à la plus grande vigilance.
Du côté des réactions, le député Farhad Aumeer a salué la décision, estimant que le gouvernement a su être à l’écoute. Plus critique, Barlen Munisami, ex-sergent de police et expert en sécurité routière, pointe directement la responsabilité du ministre dans la genèse de cette polémique : « C’est le ministre du Transport lui-même qui a créé cette confusion en se trompant dans ses propos lors de sa conférence de presse de mercredi. »
Il lui reproche notamment d’avoir cité un article erroné de la loi et d’avoir répondu « oui » à une question de la presse sur les systèmes de communication intégrés, incluant ainsi le Bluetooth dans le champ des interdictions. « Si je n’avais pas procédé à cette rectification, les policiers auraient verbalisé tous les automobilistes qui utilisent leur téléphone en mains libres », souligne Barlen Munisami.
Selon les dispositions en vigueur, le téléphone tenu en main est interdit et sanctionné par une amende de Rs 3 000, ainsi que par une accumulation de points. Le Bluetooth est autorisé lorsqu’il permet de communiquer sans manipulation du téléphone et n’entraîne pas d’accumulation de points. Les oreillettes peuvent être utilisées, mais sont passibles d’une amende pouvant atteindre Rs 10 000, si les conditions d’usage ne sont pas respectées. Aucune exception générale n’est prévue, y compris lorsque le véhicule est immobilisé dans la circulation.