Technologie : l’IA, moteur de nouveaux emplois pour le marché mauricien
Par
Alwin Sungeelee
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Alwin Sungeelee
Maurice se positionne comme un acteur clé de la révolution de l’intelligence artificielle. Entre participation à l’India AI Summit et stratégie nationale, le pays mise sur l’IA pour moderniser ses secteurs stratégiques, stimuler la productivité et créer des milliers d’emplois dans les années à venir.
L’intelligence artificielle fait actuellement l’objet de toutes les attentions à travers le monde. Maurice ne fait pas exception. Le pays est en train de vivre une transition qui pourrait bien redéfinir son paysage économique et professionnel dans les années à venir.
Alors que plusieurs dirigeants mondiaux, notamment le Premier ministre mauricien Navin Ramgoolam, se retrouvent en Inde pour participer à l’India AI Summit, un événement mondial majeur, l’intelligence artificielle (IA) s’impose comme le sujet incontournable pour l’avenir du travail. Maurice, un pays déjà en avance sur le plan technologique, pourrait profiter de cette révolution pour consolider sa place sur la scène internationale. Mais comment l’IA va-t-elle transformer notre manière de travailler ?
L’India AI Summit en Inde est un moment charnière pour l’IA dans le monde, et Maurice en profite pour se positionner comme un acteur clé dans cette évolution. Le Premier ministre, accompagné d’une délégation importante, participe à cet événement aux côtés des plus grandes entreprises mondiales d’IA comme Google, OpenAI, IBM et Microsoft.
Selon l’informaticien Avinash Meetoo, pour Maurice, c’est une opportunité en or de renforcer son image et son rôle de plateforme technologique, en particulier en Afrique. « Si ces géants de l’IA choisissent de s’implanter à Maurice, ils pourraient entraîner la création de milliers d’emplois et propulser le pays vers de nouveaux sommets économiques ».
Il ajoute que Maurice a fait un choix stratégique en 2018 en développant sa propre stratégie en matière d’IA. « Aujourd’hui, le gouvernement mauricien réévalue cette stratégie pour l’adapter aux nouveaux défis et opportunités. Le pays doit désormais intensifier ses efforts pour tirer pleinement parti de l’IA, et ce sommet est une excellente occasion d’échanger des idées avec des homologues internationaux. »
L’IA, bien qu’encore émergente, commence à transformer des secteurs clés comme la santé, l’éducation et la finance. Le but est de moderniser ces secteurs et de les rendre plus efficaces, tout en garantissant que le pays reste compétitif au niveau mondial.
Un point souvent abordé dans les débats sur l’IA est la crainte de la disparition massive d’emplois. Selon Vidia Mooneegan, Managing Director de Dayforce Mtius, l’IA ne doit pas être perçue comme une menace, mais comme un moyen d’augmenter les capacités humaines. En effet, l’IA, si elle est correctement utilisée, peut automatiser certaines tâches répétitives et libérer les employés des tâches à faible valeur ajoutée. Cela leur permettrait de se concentrer sur des tâches plus créatives et stratégiques. À Maurice, un pays où les ressources humaines sont limitées, l’IA devient un levier puissant pour maximiser la productivité avec les ressources disponibles. L’IA ne remplace pas les employés, elle les aide à faire plus avec moins.
Pour Kunal Dabidin, directeur commercial de EuroCRM, l’IA est déjà intégrée dans certains outils pour améliorer la productivité des collaborateurs dans son entreprise. L’objectif est de permettre aux employés de mieux gérer leurs dossiers et d’améliorer la qualité de leurs prestations. Dans ce cas, l’IA n’est pas un substitut aux travailleurs, mais un assistant qui les soutient dans leur travail quotidien.
Avec la montée en puissance de l’IA, les entreprises doivent rapidement adapter leurs équipes pour éviter que la pénurie de talents ne devienne un frein à leur développement. Le défi consiste à former les jeunes générations aux nouvelles compétences nécessaires dans ce domaine. Ce qui pourrait se traduire par la création de programmes de formation nationaux pour recycler les travailleurs dans les métiers de demain. L’objectif serait de former des milliers de jeunes aux compétences en IA et en technologies numériques.
Des initiatives comme celle d’Emmanuel Macron, qui prévoit la formation de 600 000 jeunes à l’IA en France, devraient inspirer Maurice. En Inde, des millions de personnes sont déjà en train de se former à l’intelligence artificielle. À Maurice, il est urgent de définir des objectifs clairs, comme la formation de 20 000 personnes durant les deux à trois prochaines années. Le gouvernement, les universités et les entreprises doivent collaborer pour répondre à ce besoin urgent de formation.
Une question cruciale pour Maurice sera l’adaptation de l’IA aux spécificités locales. En effet, la plupart des systèmes d’IA développés à l’heure actuelle viennent des pays occidentaux, et leur application dans des contextes locaux, comme celui de Maurice, pourrait s’avérer complexe. L’IA, telle qu’elle est aujourd’hui, est encore largement occidentalisée, tant au niveau des langues, des cultures que des problématiques qu’elle résout.
Le gouvernement mauricien doit négocier avec les grandes entreprises de l’IA pour obtenir des solutions adaptées aux réalités locales. Maurice pourrait jouer un rôle clé en tant que pont entre les marchés africains et l’Occident. En adaptant ces technologies au marché africain, le pays pourrait se positionner comme un hub pour l’IA en Afrique, attirant ainsi de nombreux investissements étrangers.
L’IA pourrait avoir un impact majeur dans des secteurs comme l’éducation et la santé à Maurice. Par exemple, un assistant éducatif virtuel pourrait être développé pour aider les élèves tout au long de leur parcours scolaire. Ce type de technologie, s’il est développé localement, pourrait permettre d’offrir une aide personnalisée à chaque étudiant, et ainsi améliorer les résultats scolaires à tous les niveaux. Les universités et les institutions locales, comme l’université de Maurice, pourraient collaborer pour créer des solutions adaptées au système éducatif local.
Dans le secteur de la santé, l’IA pourrait révolutionner la manière dont les soins sont prodigués, en facilitant les diagnostics, en améliorant la gestion des patients et en prévoyant les épidémies. Grâce à l’IA, Maurice pourrait non seulement améliorer la qualité de ses services de santé, mais aussi optimiser la gestion des ressources, ce qui est crucial dans un pays à ressources limitées.
Au-delà des secteurs stratégiques comme l’éducation et la santé, l’IA pourrait également simplifier le quotidien des Mauriciens. Grâce à l’automatisation de certaines tâches, les Mauriciens pourraient consacrer plus de temps à leur famille et à leur bien-être. Les technologies basées sur l’IA permettront de réduire le temps passé à effectuer des tâches répétitives, et offriront des solutions plus rapides et plus efficaces pour résoudre de nombreux problèmes de la vie quotidienne. En fin de compte, le temps gagné pourra être investi dans des activités plus enrichissantes, contribuant ainsi à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
L’intelligence artificielle n’est pas une simple mode technologique, elle est le moteur de la prochaine révolution industrielle. Maurice, grâce à ses atouts, est dans une position favorable pour tirer parti de cette révolution. Toutefois, une vision claire, des investissements dans la formation et l’adaptation des systèmes existants sont nécessaires. L’IA n’est pas là pour remplacer l’humain, mais pour l’aider à aller plus loin, plus vite et plus intelligemment. L’avenir du travail à Maurice se construira autour de cette alliance entre l’homme et la machine.