Live News http://defimedia.info/categorie/live-news fr [Info Soirée] : « kouma ariv 15 pwin permi kondir pou sispann » http://defimedia.info/info-soiree-kouma-ariv-15-pwin-permi-kondir-pou-sispann <span>[Info Soirée] : « kouma ariv 15 pwin permi kondir pou sispann »</span> <span><a title="Voir le profil utilisateur." href="/user/1097" lang="" about="/user/1097" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">a.bhowan</a></span> <span>dim 30/11/2025 - 20:33</span> <div class="field field--name-field-youtube-video field--type-video-embed-field field--label-hidden field--item"><div class="video-embed-field-provider-youtube video-embed-field-responsive-video form-group"><iframe width="854" height="480" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen" src="https://www.youtube.com/embed/CcBQ-GGl-8o?autoplay=0&amp;start=0&amp;rel=0"></iframe> </div> </div> <div class="field field--name-field-main-picture field--type-image field--label-hidden field--item"> <img src="https://files.defimedia.info/sites/default/files/styles/node_content_picture/public/thumbnail-301125.jpg?itok=4oR1xUn_" width="1280" height="720" alt="" typeof="foaf:Image" class="img-responsive" /> </div> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field--item"><p>Au Sommaire de ce dimanche 30 Novembre :&nbsp;</p> <p>Aux grands maux, les grands remèdes<br /> Le permis à points refait surface avec des amendes encore plus sévères pour les chauffards<br /> 33 infractions sanctionnées…Et suspension immédiate dès 15 points…<br /> Entretemps, Les étapes pour obtenir un permis de conduire pourraient bientôt changer en profondeur.<br /> Détails dans un instant…</p> <p>La famille d’un policier décédé dans un accident à Beau Songes en septembre 2023…porte plainte devant la Cour suprême<br /> Elle réclame 6,2 millions de roupies à la State Insurance Company of Mauritius et au conducteur impliqué.</p> <p>Qui a attaqué et étranglé une fillette de 6 ans à Résidence Barkly lundi dernier ?<br /> Le père de la victime, Jonathan Lejeune cherche l’aide du public pour identifier l’agresseur de sa fille…Cette dernière a été secourue par son frère de 14 ans est intervenu pour la protéger<br /> Il a lui aussi été blessé.<br /> Le FBI rejoint la FCC dans l’enquête sur Mamy Ravatomanga.<br /> Le milliardaire malgache est suspecté d’avoir touché cinq millions d’euros de commissions illégales,<br /> en lien avec une vente d’avions destinée à l’Iran.-</p> <p>Des Night Markets comme à Kuala Lumpur et en Inde…avec de l’animation, des stands de nourriture et une ambiance festive.<br /> Ce sera partout dans l’île du 12 décembre au 5 janvier…<br /> Avec un dispositif de contrôle strict imposé.</p> <p>Et en fin d’édition nous parlerons cinéma<br /> La nouvelle série de Vince Gilligan après Breaking Bad et Better Call Saul..<br /> Plur1bus avec Rhea Seehorn&nbsp;</p> </div> <div class="field field--name-field-type field--type-entity-reference field--label-hidden field--item">18</div> <div class="field field--name-field-disqus field--type-disqus-comment field--label-hidden field--item"><drupal-render-placeholder callback="Drupal\disqus\Element\Disqus::displayDisqusComments" arguments="0=%5BInfo%20Soir%C3%A9e%5D%20%3A%20%C2%AB%20kouma%20ariv%2015%20pwin%20permi%20kondir%20pou%20sispann%20%C2%BB&amp;1=http%3A//defimedia.info/info-soiree-kouma-ariv-15-pwin-permi-kondir-pou-sispann&amp;2=node/180264" token="_EyfkHkxV1Et7ac-iORks_ZX-8qTP4-F_CkUR_NrJck"></drupal-render-placeholder></div> Sun, 30 Nov 2025 16:33:21 +0000 a.bhowan 180264 at http://defimedia.info Condamné à 300 heures de travail d’intérêt général - Sky To Be : l’humilité comme nouvelle scène http://defimedia.info/condamne-300-heures-de-travail-dinteret-general-sky-be-lhumilite-comme-nouvelle-scene <span>Condamné à 300 heures de travail d’intérêt général - Sky To Be : l’humilité comme nouvelle scène</span> <span><span lang="" about="/users/kantoine" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Kendy Antoine</span></span> <span>dim 30/11/2025 - 19:00</span> <div class="field field--name-field-main-picture field--type-image field--label-hidden field--item"> <img src="https://files.defimedia.info/sites/default/files/styles/node_content_picture/public/301125_sky_to_be.jpg?itok=L1K2yhz6" width="1280" height="720" alt="" title="Sky To Be a sorti un nouvel album pour ses 10 ans de carrière. L’artiste, depuis mardi, a entamé son travail d’intérêt général aux Casernes centrales." typeof="foaf:Image" class="img-responsive" /> </div> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field--item"><p>À 35 ans, l’artiste qui remplit les salles échange les projecteurs contre les Casernes centrales. Rencontre avec un homme en pleine reconstruction.</p> <p>Mardi matin aux Casernes centrales. Loin des concerts à guichets fermés, Jean Patrice Kevin Dina se présente pour son travail d’intérêt général (voir encadré). Deux fois par semaine, les mardis et jeudis, Sky To Be vit une vie parallèle. Depuis le 25 novembre, il entame ses 300 heures dans un environnement qui n’a rien à voir avec l’univers musical qui l’a rendu célèbre.</p> <p>Pourtant, pas de plainte. Pas de victimisation. Juste une lucidité désarmante. « Cette période-là, c’est une nouvelle expérience pour moi. La vie m’a donné une grande leçon : l’humilité et le respect. Chaque jour, j’apprends. Mo sey fer mwa pli tipti ki mo kapav », dit-il.</p> <p>L’ironie du calendrier n’échappe à personne : cette étape coïncide avec ses dix ans de carrière. Et samedi dernier, l’artiste lançait son nouvel album, Mo Sakrifis, au Shots, à Flic-en-Flac. Un titre qui résonne étrangement avec ce qu’il traverse. « Mo bann sakrifis, mo bann sirkonstans, mo bann leson… mo met tou ladan. »</p> <p>Aux Casernes centrales, Sky To Be côtoie d’autres jeunes dans la même situation. Des rencontres qu’il ne considère pas comme un hasard. « Mo pe gagn lasans pou fer bann nouvo konesans ek bann personn bien pozitiv. Nou pa fini aprann dan lavi, toulezour nou apran resours. Se Bondie kinn permet mwa zwenn ek sa bann dimounn-la.&nbsp;»</p> <p>Quand l’officier de probation lui assigne une tâche, l’artiste s’y investit pleinement. « Monsieur Dina, il faut faire cela », lui dit-on. « Mo donn mwa 100%, mem 200%. Mo pa la pou vinn inpresione, me pou fer enn travay. Kan fini, mo gagn enn satisfaksion pou momem. »</p> <p>Cette discipline, cette rigueur, c’est la même qui l’a mené sur scène. Sauf qu’ici, la scène, c’est le cœur même du quartier général de la police. Un lieu qui, paradoxalement, lui donne encore plus de motivation pour se surpasser.</p> <h3>Erreurs du passé</h3> <p>Les erreurs du passé ? Il les regarde en face. « Nous faisons tous des erreurs, nous sommes tous humains. Ki nou fer apre sa, nou aprann de nou erer, sa pli inportan. »</p> <p>Il parle de son adolescence, de ces moments où il aurait pu prendre un autre chemin. «&nbsp;Sirkonstans lavi fer ki mo retrouv mwa dan sa pozision ki mo ete la. Me mo pa pou apitoy lor mo sor pou plegne – mo viv li kouma enn lexperians ki permet mwa grandi. »</p> <p>Le piège de l’orgueil, il le connaît aussi. « Si ou pa rekonet ou erer, ou pa pou kapav rekonstrir. Li pli bon aksepte kan ou ena tor. Lerla ou avanse. »</p> <p>Derrière l’artiste, il y a un père de deux enfants. Un garçon, un autre de huit mois. Une femme qui le soutient sans faille. Ses parents, ses sœurs. « Ma famille est ma priorité. Mo madam ki touzour deryer mwa, siport&nbsp;mwa. »</p> <h3>Nouvelle spiritualité</h3> <p>Et puis, il y a Dieu. « Asterla mo les Bondie trap mo lamin. Mo kone mo pa pou tap ar miray. Bondie li pa larg twa. Mo finn donn mwa a li. »</p> <p>Cette spiritualité n’est pas un vernis. C’est une bouée. «&nbsp;Devan tousala ena mo Bondie. Li donn lasante. San li, nanye pa posib. »</p> <p>Suivi par de nombreux jeunes, Sky To Be ne prêche pas. Il partage. « Pa les letan depas zot. Seki finn pase, ou pa kapav repare. Profitez du présent. Lavi zoli. » Un message simple. Celui d’un homme qui a compris qu’on ne reconstruit rien sans reconnaître ses failles.&nbsp;</p> <p>Aujourd’hui, Sky To Be avance sans façade. Il ne cherche pas à attendrir, encore moins à se justifier. Il assume. Et il transforme son épreuve en outil de reconstruction. Une parole sincère, livrée sans artifice. Une main tendue vers ceux qui, comme lui, apprennent encore à se relever.</p> <div class="alert alert-warning"> <h3>Un sursis pour le vol de méthadone de 2014</h3> <p>Condamné pour le vol de 45 litres de méthadone en 2014, le chanteur a bénéficié d’un sursis : sa peine de deux ans de prison a été convertie en 300 heures de travail d’intérêt général. Décision de la cour intermédiaire, le 14 novembre 2025, après réception d’un rapport social favorable.</p> <p>L’affaire remonte à la nuit du 29 au 30 août 2014, lorsque Sky To Be, accompagné de quatre individus masqués, avait pénétré par effraction dans un entrepôt de médicaments du ministère de la Santé à Plaine-Lauzun. Les intrus avaient agressé deux vigiles, brisé les cadenas et des vitres avant d’emporter 45 litres de méthadone, dont seulement 12 litres seront récupérés. La valeur du butin s’élevait à environ Rs 80 000.</p> <p>Le chanteur avait nié toute implication, affirmant qu’il se produisait sur scène ce soir-là. Toutefois, le témoignage de Daniely Gerard Stephan Numasevayen – condamné à cinq ans de prison – a été jugé crédible par le magistrat Prithviraj Balluck, qui a rejeté l’alibi du chanteur. Sky To Be a été reconnu coupable, le 27 mars 2025, mais acquitté de l’accusation de conduite sans permis, faute de preuves.</p> <p>Avant le prononcé de la peine, l’artiste a exprimé des regrets et affirmé avoir cessé toute consommation de drogue depuis un an, souhaitant « donner l’exemple » à son enfant et à ses fans. Le tribunal a tenu compte de ses progrès personnels, de ses responsabilités familiales et de l’évolution de sa carrière pour lui accorder un sursis.</p> <p>Sky To Be effectue son travail d’intérêt général aux Line Barracks et devra se présenter de nouveau devant la cour le 4 juin 2026.</p> </div> </div> <div class="field field--name-field-disqus field--type-disqus-comment field--label-hidden field--item"><drupal-render-placeholder callback="Drupal\disqus\Element\Disqus::displayDisqusComments" arguments="0=Condamn%C3%A9%20%C3%A0%20300%20heures%20de%20travail%20d%E2%80%99int%C3%A9r%C3%AAt%20g%C3%A9n%C3%A9ral%20-%20Sky%20To%20Be%20%3A%20l%E2%80%99humilit%C3%A9%20comme%20nouvelle%20sc%C3%A8ne&amp;1=http%3A//defimedia.info/condamne-300-heures-de-travail-dinteret-general-sky-be-lhumilite-comme-nouvelle-scene&amp;2=node/180263" token="h7n2KTjnJ5OJCCzwYPd_j4Nc-Tf8lef-nZK_5fxdbd0"></drupal-render-placeholder></div> Sun, 30 Nov 2025 15:00:00 +0000 Kendy Antoine 180263 at http://defimedia.info Roshan Jhummun : «Je n’oublierai jamais d’où je viens»  http://defimedia.info/roshan-jhummun-je-noublierai-jamais-dou-je-viens <span>Roshan Jhummun : «Je n’oublierai jamais d’où je viens» </span> <span><a title="Voir le profil utilisateur." href="/user/3109" lang="" about="/user/3109" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Ajagen-Koomalen</a></span> <span>dim 30/11/2025 - 18:30</span> <div class="field field--name-field-main-picture field--type-image field--label-hidden field--item"> <img src="https://files.defimedia.info/sites/default/files/styles/node_content_picture/public/301125_roshan.jpg?itok=_t7TsIPC" width="1280" height="720" alt="" title="Pour Roshan Jhummun, servir la circonscription qui l’a vu naître est un honneur. C’est à l’âge de 16 ans que Roshan Jhummun a rencontré Navin Ramgoolam pour la première fois. Après avoir étudié au collège Imperial, il y a ensuite enseigné l’économie, les maths et l’Additional Maths." typeof="foaf:Image" class="img-responsive" /> </div> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field--item"><p>Des chemins poussiéreux de Plaine-Magnien aux champs de cannes, jusqu’à l’Assemblée nationale : Roshan Jhummun, député du PTr, retrace son parcours fait de labeur, de renoncements et de la foi inébranlable dans l’éducation comme seul escalier vers la dignité.</p> <p>Un petit garçon courant pieds nus dans les chemins poussiéreux de Plaine-Magnien, un ballon usé entre les pieds. C’est l’image que Roshan Jhummun garde de son enfance, celle d’un enfant qui jouait au football dans les ruelles entre deux journées dans les champs de canne. Aujourd’hui député du Parti travailliste (PTr) dans la circonscription n˚13 (Rivière-des-Anguilles/Souillac), il confie sans&nbsp;détour : « Je viens de loin. »</p> <p>Cinquième d’une fratrie de huit enfants, il grandit dans une petite maison de deux chambres contenant six lits pour loger toute la famille. Ses parents, tous deux laboureurs, travaillaient du matin au soir pour nourrir leurs enfants. «&nbsp;Nous n’avions rien. La pauvreté était partout, mais la solidarité aussi », raconte-t-il.</p> <p>Il se souvient du mariage de sa sœur, où il s’était rendu pieds nus, en short et T-shirt : « Je n’avais même pas une paire de chaussures. Mais je n’avais pas honte. J’étais un enfant heureux, rempli d’espoir. » Il n’y avait même pas une table à la maison. Il faisait ses devoirs sur son lit. Dès son plus jeune âge, il rejoint ses parents dans les champs : planter, couper, nettoyer les terrains. « Le travail de la terre m’a forgé. Il m’a appris la persévérance. »</p> <blockquote> <p>Je savais que si je voulais changer ma vie, je devais être premier en classe. Pas deuxième.»</p> </blockquote> <p>Le football reste son échappatoire. Il joue dans les terrains vagues, rêvant d’autres horizons. Grand passionné de Liverpool FC, il garde de cette époque une philosophie : « Avec Liverpool, j’ai appris qu’une équipe peut tomber, mais se relever plus forte. C’est un peu ma philosophie de&nbsp;vie. »&nbsp;</p> <p>Très tôt, il comprend que l’éducation sera sa seule porte de sortie. « Je savais que si je voulais changer ma vie, je devais être premier en classe. Pas deuxième. Je savais que l’éducation serait mon escalier vers la dignité. » Au collège Imperial, il accumule les bons résultats : le School Certificate d’abord, puis d’excellents résultats au Higher School Certificate. Son recteur,&nbsp;M. Boodhoo, joue un rôle formateur dans son parcours.&nbsp;</p> <p>« Si je suis là où je suis aujourd’hui, c’est aussi grâce à M. Boodhoo. Il m’a vu, il a cru en moi. » Ses performances impressionnent au point que le collège lui offre un poste d’enseignant à seulement&nbsp;18 ans. Il enseigne l’économie, les mathématiques et l’Additional maths. « Je n’avais que 18 ans, mais j’aimais déjà transmettre. » Après trois ans d’enseignement, il part en Inde par ses propres moyens et décroche un diplôme en économie. Par la suite, il obtient une bourse pour un MBA à Bangalore University.</p> <p>Mais le destin en décide autrement. À peine quelques mois après, son père décède. Roshan Jhummun doit choisir entre poursuivre son rêve ou rester auprès des siens. Il choisit sa famille. « Je ne pouvais pas laisser ma mère seule. C’est elle mon pilier. Ma force. » Il renonce à la bourse. « Les études peuvent attendre. Une mère, non. »</p> <blockquote> <p>Personne ne m’a rien donné. J’ai travaillé pour tout.»</p> </blockquote> <p>De retour à Maurice, il intègre le collège Imperial puis des collèges d’État comme enseignant d’économie. Ce renoncement ne l’empêche pas de poursuivre ses études en parallèle. Il obtient deux MBA : l’un en Marketing à l’Université de Maurice, l’autre en Education Leadership. «&nbsp;J’aime apprendre. Et j’aime encore plus transmettre.&nbsp;»</p> <p>Dans ses classes, plusieurs élèves obtiennent de bons résultats. Un cas le marque particulièrement : « Un élève avait obtenu 9 en économie la première année. Je l’ai travaillé, transformé. L’année suivante, il a décroché un Grade 1. J’ai compris qu’il n’y a pas d’enfants incapables, seulement des enfants qui attendent qu’on croie en eux. »</p> <p>C’est en 2002, à Curepipe, qu’il rencontre Nishi. Ils se marient deux ans plus tard et fondent une famille avec deux enfants, une fille et un garçon. « Nishi est ma lumière. Elle m’a accompagné dans toutes mes batailles. » Avec son salaire d’enseignant, il bâtit progressivement sa vie&nbsp;: sa maison, ses voitures. « Personne ne m’a rien donné. J’ai travaillé pour tout. Et je n’oublierai jamais d’où je viens. » Sa mère reste au centre de sa reconnaissance : «&nbsp;Ma mère est mon héroïne. C’est pour elle que je me dépasse. »</p> <p>L’engagement politique vient plus tard, mais trouve ses racines dans une rencontre précoce. À 16 ans, Roshan Jhummun croise Navin Ramgoolam à Plaine-Magnien, avant même que ce dernier n’entre en politique. Il garde précieusement la photo de ce moment. « Il n’était pas encore en politique, mais je ressentais déjà sa force. » Lorsque Navin Ramgoolam se lance, Roshan Jhummun le suit naturellement.</p> <p>Aux dernières élections, il obtient une investiture dans la circonscription n˚13 et remporte le siège de député. « Servir la circonscription qui m’a vu naître, c’est un honneur que je mesure chaque jour. » Il se veut proche du terrain, auprès des familles, des jeunes, des personnes vulnérables. « La politique doit soulager, sinon elle ne sert à rien. »</p> <p>Malgré ses nouvelles responsabilités, il n’abandonne pas l’enseignement. Il continue à donner des leçons d’économie. « Quand j’enseigne, je reste connecté à la jeunesse. Et c’est elle qui fera Maurice demain. »</p> <p>De l’enfant pieds nus au député, son parcours témoigne d’une mobilité sociale rendue possible par l’éducation, le travail et les renoncements. «&nbsp;Je suis un produit de la foi qu’on a eue en moi. » Il le répète&nbsp;: « Je viens de très loin, mais chaque pas en valait la peine. »</p> <div class="alert alert-warning"> <h3>Ses passions</h3> <p>En dehors de l’enseignement, Roshan Jhummun cultive d’autres passions. Il dévore Paulo Coelho et Robin Sharma. « Ces livres m’ont appris la patience, la résilience, la foi en soi. » Il cuisine volontiers, notamment son plat préféré, le «&nbsp;briyani agneau ». «&nbsp;La&nbsp;cuisine est une autre forme de créativité. Ça me détend. » Dans son jardin qu’il a conçu lui-même, il s’occupe de son bassin de poissons koi. « Voir quelque chose pousser grâce à vos soins… c’est magique. »</p> </div> </div> <div class="field field--name-field-disqus field--type-disqus-comment field--label-hidden field--item"><drupal-render-placeholder callback="Drupal\disqus\Element\Disqus::displayDisqusComments" arguments="0=Roshan%20Jhummun%20%3A%C2%A0%C2%ABJe%20n%E2%80%99oublierai%20jamais%20d%E2%80%99o%C3%B9%20je%20viens%C2%BB%C2%A0&amp;1=http%3A//defimedia.info/roshan-jhummun-je-noublierai-jamais-dou-je-viens&amp;2=node/180259" token="Ys6lE6U-0XA_7R9Q7UTGV8Y2k78bXjUz_Uc8pqNcOTg"></drupal-render-placeholder></div> Sun, 30 Nov 2025 14:30:00 +0000 Ajagen-Koomalen 180259 at http://defimedia.info Hissen Caramben : le policier qui refuse l’indifférence http://defimedia.info/hissen-caramben-le-policier-qui-refuse-lindifference <span>Hissen Caramben : le policier qui refuse l’indifférence</span> <span><span lang="" about="/users/fthomas" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Fernando Thomas</span></span> <span>dim 30/11/2025 - 18:00</span> <div class="field field--name-field-main-picture field--type-image field--label-hidden field--item"> <img src="https://files.defimedia.info/sites/default/files/styles/node_content_picture/public/301125_hissen.jpg?itok=8XyvaWt1" width="1280" height="720" alt="" title="En sus d’être très appliqué dans son travail, Sivaraj Caramben est un amoureux du culturisme." typeof="foaf:Image" class="img-responsive" /> </div> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field--item"><p>Du numérique aux rues de Maurice, Hissen Caramben veille sur les plus vulnérables. Policier discret mais engagé, il choisit d’agir, guidé par une seule règle : ne jamais fermer les yeux.</p> <p>Il a 33 ans, un visage fatigué, l’allure sobre. Sivaraj Caramben&nbsp;– Hissen pour les proches&nbsp;– ne ressemble pas aux héros de série télé. Pas de posture, pas de grande déclaration. Juste cette manière de parler posément, comme quelqu’un qui a vu défiler trop de drames pour en rajouter.</p> <p>Dix ans maintenant qu’il arpente le monde numérique comme terrain d’enquête. Constable à la cybercriminalité, attaché à la force policière régulière mais aussi « Research officer » pour une agence internationale spécialisée, il passe ses journées à traquer les prédateurs du web. Les sextorsions, les faux profils, les challenges dangereux lancés à des adolescents qui se croient invincibles.&nbsp;</p> <p>Au boulot, il décortique ce que la plupart utilisent sans y penser. Là où l’utilisateur lâche un commentaire, lui lit un indice. Là où l’ado voit un jeu, lui perçoit une faille. « Le danger ne vient plus seulement de la rue. Il vient du téléphone dans votre poche », dit-il sans&nbsp;emphase.</p> <p>Son obsession du moment&nbsp;: la naïveté numérique des jeunes. Ces ados persuadés d’être invincibles derrière un écran, qui découvrent trop tard que l’Internet ne pardonne pas l’imprudence. «&nbsp;Ne partage pas ta vie avec des inconnus en croyant partager des ‘moments’ », martèle-t-il. «&nbsp;Il faut apprendre à se protéger avant d’apprendre à poster. »</p> <p>Mais c’est une autre histoire qui a marqué les esprits l’an dernier. Un bus entre Bagatelle et Petite-Cabane. Une femme enceinte qui tremblait sans oser parler. Un homme trop insistant. Hissen Caramben n’était pas en service ce jour-là. Il aurait pu détourner le regard, s’occuper de ses affaires.&nbsp;</p> <p>Il a plutôt griffonné un mot sur un bout de papier, l’a glissé discrètement à la jeune femme. L’homme a compris, il est descendu au prochain arrêt. « J’ai juste fait mon travail », lâche-t-il quand on lui en parle. Pas de fausse modestie, juste une gêne sincère face au micro. « Je suis la création du peuple mauricien », ajoute-t-il avec une émotion qu’il ne cherche pas à masquer.</p> <blockquote> <p>La police, avant d’être un uniforme, c’est une présence. Une promesse.»</p> </blockquote> <p>Son parcours ne s’est pas écrit en ligne droite. Avant l’uniforme, il y a eu les petits boulots : marchand ambulant, laveur de voitures. Étudiant en langue et culture allemandes aussi. Ces heures sous le soleil ou dans le bruit des moteurs ont forgé quelque chose que l’uniforme n’a jamais effacé. Une humilité, peut-être. Ou juste la conscience que rien n’est jamais acquis.</p> <p>La carrière, elle, a connu ses secousses. La promotion de sergent, il l’a eue. Puis perdue, du jour au lendemain. Rétrogradé sans préavis, sans explication publique. Une nuit a suffi pour lui retirer ses galons. Il n’en dit pas plus, sinon cette pudeur quand le sujet arrive : « Je veux juste faire mon travail. Servir. Je n’ai jamais fait ce métier pour les grades. » D’autres auraient claqué la porte, alimenté les réseaux sociaux de rancœur. Lui a continué. Sans posture martyrisante, sans grand récit de résilience.</p> <p>En 2020, sa mère est morte. Depuis, il est devenu le pilier. Son père, malade et malentendant, compte sur lui. «&nbsp;On n’a pas le droit de s’écrouler quand d’autres comptent sur vous », dit-il simplement. Cette phrase résume peut-être tout le personnage : pas de choix que de tenir, alors on tient.</p> <p>Sa méthode de travail reflète cette philosophie. Observer sans se montrer, intervenir sans s’imposer, aider sans humilier. Pas d’effet, juste le résultat. Il parle d’algorithmes et de prévention comme un soldat qui a troqué le bitume contre les routeurs. « La police, avant d’être un uniforme, c’est une présence. Une promesse », rappelle-t-il. Promesse de non-indifférence, dit-il encore. « Le respect du serment, c’est ce qu’il nous reste quand le reste&nbsp;vacille. »</p> <p>Il aurait pu se taire pour se protéger. Il a choisi d’agir pour protéger les autres. Il aurait pu réclamer justice pour sa carrière. Il préfère réclamer prudence pour la jeunesse. Bientôt, il quittera la force. Pas par lassitude, assure-t-il. Pour relever un nouveau défi, avec la même rigueur. « Je dois être utile&nbsp;», résume-t-il. Pas «&nbsp;je suis policier », mais « je dois être utile ». Nuance.</p> <p>Le soir, quand la rue s’endort et que les écrans continuent de pulser, il veille encore. Un homme penché sur un écran, éclairé par le bleu froid des notifications. Quelqu’un doit bien continuer de surveiller.</p> </div> <div class="field field--name-field-disqus field--type-disqus-comment field--label-hidden field--item"><drupal-render-placeholder callback="Drupal\disqus\Element\Disqus::displayDisqusComments" arguments="0=Hissen%20Caramben%20%3A%20le%20policier%20qui%20refuse%20l%E2%80%99indiff%C3%A9rence&amp;1=http%3A//defimedia.info/hissen-caramben-le-policier-qui-refuse-lindifference&amp;2=node/180260" token="bljQcX-yXZ2zWK4vcJtPi9xQBmcqMT-ZPUhBhbcWyUA"></drupal-render-placeholder></div> Sun, 30 Nov 2025 14:00:00 +0000 Fernando Thomas 180260 at http://defimedia.info Carole Grimaud - De l’adversité à l’action : l’histoire inspirante d’une battante http://defimedia.info/carole-grimaud-de-ladversite-laction-lhistoire-inspirante-dune-battante <span>Carole Grimaud - De l’adversité à l’action : l’histoire inspirante d’une battante</span> <span><span lang="" about="/users/jdedans" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Jean Claude Dedans</span></span> <span>dim 30/11/2025 - 17:30</span> <div class="field field--name-field-main-picture field--type-image field--label-hidden field--item"> <img src="https://files.defimedia.info/sites/default/files/styles/node_content_picture/public/301125_carole.jpg?itok=j9HtQz8t" width="1280" height="720" alt="" title="La jeune femme dit avoir grandi entourée de deux femmes fortes : sa mère et sa défunte grand-mère. Elle est la porte-parole du Collectif Bloom Again." typeof="foaf:Image" class="img-responsive" /> </div> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field--item"><p>À seulement 29 ans, la porte-parole du Collectif Bloom Again se définit comme une « activiste indépendante. Son parcours difficile aurait pu briser d’autres destins. Mais elle a transformé cette expérience en un engagement social&nbsp;féroce.&nbsp;</p> <p>Sa voix, empreinte d’enthousiasme, captive immédiatement. Carole Grimaud parle sans détour de son chemin de vie, comme d’un livre ouvert, sans amertume et avec une grande lucidité. À 29 ans, la porte-parole du Collectif Bloom Again, qui collabore avec le ministère de l’Égalité des genres dans le cadre de la campagne « Fam, to pa zis enn viktim, to enn sanzman », incarne une vitalité étonnante, forgée par un parcours semé de défis qui auraient pu briser d’autres&nbsp;destins.</p> <p>Carole évoque sans gêne ses origines modestes. Elle y voit une force, une racine qui explique pourquoi elle tend aujourd’hui la main aux femmes et aux enfants en difficulté. « J’ai grandi entourée de deux femmes fortes : ma maman, Liseby, et ma grand-mère, Suzanne, décédée à 97 ans en 2022. Et de ma petite sœur Kimberley. Elles m’ont appris la résilience, le travail et la modestie », confie-t-elle avec émotion.</p> <p>Son enfance n’a pas été simple, mais les rencontres ont transformé son parcours. « Je viens d’un milieu très modeste et j’ai vécu des choses très dures, même en étant adulte, mais j’ai eu la chance de croiser des professeurs et des amis qui m’ont tendu la main. Certains m’ont soutenue avec bienveillance depuis le collège et, d’autres, rencontrés plus tard dans ma vie, m’aident encore aujourd’hui à donner le meilleur de moi-même. Je leur en suis tellement reconnaissante », raconte-t-elle.</p> <p>Le collège Notre-Dame à Curepipe sera déterminant. Bénéficiaire de l’aide sociale, elle y trouve bien plus qu’un soutien scolaire.&nbsp;</p> <p>« J’étais bénéficiaire de l’aide sociale, mais les enseignants ne m’ont jamais fait sentir différente. Ils m’ont encouragée, soutenue, traitée comme leur propre fille. Cela me donnait la force de me dépasser dans mes études. »</p> <h3>L’apprentissage&nbsp;de l’autonomie</h3> <p>À 14 ans, Carole commence à travailler durant les vacances et les week-ends : animation pour enfants et, à partir de&nbsp;17 ans, hôtesse pour la promotion de produits, puis petits jobs dans l’événementiel. « Il me fallait un peu d’argent pour mes besoins, mais aussi pour aider ma famille. Le travail m’a appris l’autonomie, le respect de l’effort et la persévérance », dit-elle.</p> <p>Après son Higher School Certificate, elle rêve d’études supérieures. Les moyens financiers manquent, l’université était payante à cette époque. Elle postule une bourse sociale, qu’elle obtient, et entame un parcours à l’Université de Maurice. Elle décroche une licence en Joint Humanities (français, anglais, littérature, linguistique, histoire et anthropologie).</p> <p>« Le matériel et les livres coûtaient cher, je devais travailler à temps partiel pour financer mes études. Je le faisais avec détermination, pour moi d’abord, mais aussi pour ma famille. Je voulais être financièrement indépendante et avoir de l’expérience dans le domaine du travail, car mémé et maman se donnaient à fond pour nous », dit-elle.</p> <p>Un stage en entreprise dans le domaine de la presse change sa trajectoire. Après ce stage réussi, on lui propose un poste à plein temps. « J’ai accepté immédiatement. C’était l’occasion d’exercer ce que j’aime : écrire », dit une Carole toute&nbsp;souriante.</p> <p>C’est à ce moment-là que sa conscience sociale, déjà présente, se renforce. « Je réalisais des reportages sur les shelters, auprès des sans-abris, je dénonçais la maltraitance faite aux enfants. Je voulais raconter ces histoires humaines, donner une voix à ceux qu’on n’entend pas. L’écriture est devenue mon outil d’engagement. Et à travers mes enquêtes et mon travail sur le terrain, j’ai découvert des réalités tellement dures que cela a encore plus renforcé mon envie d’aider les autres. »</p> <h3>La rencontre de l’art&nbsp;et de l’humanisme</h3> <p>Après cinq ans dans la presse, Carole change d’horizon et rejoint la cellule de communication d’un groupe hôtelier. Elle y rencontre Jonathan Vellen et Hermione Larcher. Ensemble, animés par la même passion pour l’art et l’engagement social, ils créent Bloom Again, un collectif alliant humanisme, arts et actions de terrain. « Je remercie Jonathan et Hermione pour leur confiance. Ils m’inspirent énormément. »</p> <p>En collaboration avec Reckon Agency et le ministère de l’Égalité des genres et du Bien-être de la famille, ils lancent la campagne nationale&nbsp;« Fam, to pa zis enn viktim, to enn sanzman ». Leur objectif&nbsp;: offrir visibilité, soutien et dignité aux femmes en détresse à travers la musique avec la chanson «&nbsp;Mo Silans, Mo Lakrwa » et des reportages vidéo.</p> <p>Carole se définit comme « une activiste indépendante qui met en lumière les autres&nbsp;». Elle réalise des reportages-documentaires pour valoriser les parcours de femmes qui ont brisé le cycle de la violence. «&nbsp;Il fallait leur donner la parole pour inspirer d’autres femmes. Trop souvent, la manipulation d’un compagnon fait croire à une femme qu’elle ne peut s’en sortir seule. Le vécu de celles qui ont réussi prouve le contraire. Les femmes sont fortes. »</p> <p>Porte-voix, derrière la caméra, dans l’écoute, le soutien, la création de liens, Carole pratique un engagement ancré dans la réalité, nourri d’empathie et de conviction. Elle se dit aussi heureuse d’avoir pu collaborer avec d’autres jeunes : « Pour la réalisation des reportages, nous étions quatre jeunes sur le terrain : Alexandre, Anthony et Courtney de Reckon Agency, des professionnels animés par la même passion et la même empathie et dont je suis tellement fière d’être proche. Et au sein de la chorale de Bloom Again, il y a également de nombreux jeunes engagés, comme les enfants de Jonathan qui utilisent leur art au service du social. »</p> <p>Ce qui fait la singularité de Carole Grimaud, c’est que son parcours, semé de défis, l’a fait mûrir, l’a endurcie et lui a donné une âme de battante. Se battre sans jamais baisser les bras. Tomber, mais ne pas renoncer. Pour elle, la vie est un don qu’elle a façonné à sa manière, avec détermination, là où beaucoup auraient jeté l’éponge. Elle rend, à sa manière, tout ce que la vie lui a donné.</p> <div class="alert alert-warning"> <h3>La réalité négligée de la violence financière</h3> <p>Pour Carole Grimaud, toutes les formes de violence méritent d’être exposées, y compris celles que l’on tait trop souvent : la violence financière. « Aujourd’hui, ce n’est plus seulement l’homme qui empêche sa compagne de travailler. Avec le fléau de la drogue, certaines femmes se font dépouiller de leur salaire par leur conjoint. Quand elles refusent ou ne peuvent plus payer, elles sont violentées », raconte-t-elle, la voix à la fois ferme et déterminée. Une réalité encore trop négligée par la police et les autorités, insiste-t-elle : « Il est temps que ces situations soient prises au sérieux. »</p> <p>Pour autant, Carole se veut optimiste et attentive aux progrès législatifs. « Bientôt, des amendements au Domestic Violence Act verront le jour, et des formations obligatoires seront mises en place pour la réhabilitation des hommes violents ayant enfreint les ordonnances de protection. C’est un pas en avant », souligne-t-elle.</p> </div> </div> <div class="field field--name-field-disqus field--type-disqus-comment field--label-hidden field--item"><drupal-render-placeholder callback="Drupal\disqus\Element\Disqus::displayDisqusComments" arguments="0=Carole%20Grimaud%20-%C2%A0De%20l%E2%80%99adversit%C3%A9%20%C3%A0%20l%E2%80%99action%20%3A%20l%E2%80%99histoire%20inspirante%20d%E2%80%99une%20battante&amp;1=http%3A//defimedia.info/carole-grimaud-de-ladversite-laction-lhistoire-inspirante-dune-battante&amp;2=node/180258" token="PQSKpg2xGRXBNGxQfeuVTgbJulvCzcWbaRpyx3nUlaQ"></drupal-render-placeholder></div> Sun, 30 Nov 2025 13:30:00 +0000 Jean Claude Dedans 180258 at http://defimedia.info Permis à points : infractions et sanctions renforcées http://defimedia.info/permis-points-infractions-et-sanctions-renforcees <span>Permis à points : infractions et sanctions renforcées</span> <span><span lang="" about="/users/dimanchehebdo" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Le Dimanche Hebdo</span></span> <span>dim 30/11/2025 - 17:00</span> <div class="field field--name-field-main-picture field--type-image field--label-hidden field--item"> <img src="https://files.defimedia.info/sites/default/files/styles/node_content_picture/public/contravention_10.jpg?itok=LyzfHgpb" width="1280" height="720" alt="" title="La réintroduction du permis à points se veut une réponse forte face à l’insouciance et l’irresponsabilité sur nos routes." typeof="foaf:Image" class="img-responsive" /> </div> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field--item"><p>Le permis à points fait son retour. Ce système vise à dissuader les comportements dangereux sur les routes, à sanctionner les infractions avec plus de rigueur et à offrir aux conducteurs fautifs des opportunités de réhabilitation.</p> <p>Le Road Traffic (Amendment) Bill sera présenté le mardi 2 décembre en première lecture au Parlement mauricien. Ce texte marque le retour d’un dispositif dont l’efficacité avait été constatée entre 2012 et 2015 : le permis à points. Destiné à « instaurer une culture de conduite plus responsable », selon les termes du projet, il remplacera l’actuel système cumulatif d’infractions et s’appliquera à tous les conducteurs, qu’ils détiennent un permis provisoire, standard ou international.</p> <p>Le mécanisme repose sur un plafonnement strict : 10 points maximum sur 36 mois pour les détenteurs d’un permis provisoire, 15 pour les permis standard ou international. Chaque point restera actif pendant cette période de trois ans, qui servira de base au calcul du solde total. En cas de condamnation, le tribunal exigera la présentation d’un Penalty Points Certificate, et les points s’ajouteront aux autres sanctions, qu’il s’agisse d’amendes ou de peines d’emprisonnement.</p> <p>Le barème prévoit des sanctions différenciées selon la gravité des infractions (voir tableau). Lorsque plusieurs infractions sont constatées simultanément, seul le nombre de points le plus élevé sera retenu, correspondant à l’infraction la plus grave. Le dépassement du plafond entraîne une disqualification automatique, dont la durée varie selon la situation : de 6 à 12 mois pour les titulaires d’un permis standard ou international, annulation du permis pour les conducteurs novices avec interdiction d’en obtenir un nouveau pendant la même période, et interdiction d’obtenir un permis pendant 12 à 24 mois pour les personnes n’en possédant pas. Dans tous les cas, un cours de réhabilitation sera obligatoire avant de récupérer ou d’obtenir un permis.</p> <p>Pour les récidivistes, les sanctions se durcissent : si une deuxième disqualification intervient dans les 36 mois suivant la première, la cour pourra prononcer une annulation définitive. </p> <p>Cette rigueur est toutefois tempérée par l’introduction d’un mécanisme de « rachat de points », réservé aux détenteurs d’un permis standard ou international. Un conducteur ayant accumulé entre 10 et 14 points pourra demander à la cour d’en racheter jusqu’à trois, à condition d’avoir suivi un cours de réhabilitation agréé. Au-delà de 15 points, aucun rachat n’est possible, et toute nouvelle demande est soumise à un délai de carence de 36 mois.</p> <p>Le volet répressif du projet ne se limite pas aux points. Les sanctions pécuniaires ont été considérablement renforcées. Pour les infractions les plus graves – conduite dangereuse ou sous influence causant des lésions corporelles graves ou la mort –, les amendes passent de Rs 75 000 à Rs 100 000 à une fourchette de Rs 200 000 à Rs 500 000. Une nouvelle infraction est créée : ne pas rendre son permis dans les cinq jours peut désormais coûter de Rs 10 000 à Rs 50 000, assortie d’une peine pouvant aller jusqu’à 12 mois de prison.</p> <h3>Approche globale de la sécurité routière</h3> <p>Cette réintroduction du système à points s’appuie sur un constat statistique édifiant. Entre 2010 et 2012, avant sa mise en place, les accidents mortels restaient élevés : 158 décès en 2010, 152 en 2011 et 156 en 2012. L’année suivant son entrée en vigueur en juillet 2012, le nombre de victimes est tombé à 136 en 2013, puis 137 en 2014 et 139 en 2015. Le remplacement de ce dispositif par un système cumulatif en juillet 2015 a, selon les autorités, « affaibli le facteur de peur qui contribuait à prévenir les comportements dangereux », entraînant une détérioration de la sécurité routière.<br /> Le projet s’inscrit dans une approche plus globale de la sécurité routière. Il s’accompagne ainsi d’un Graduated Licensing Scheme, destiné à encadrer progressivement les conducteurs dès l’apprentissage. Les infrastructures feront également l’objet d’améliorations ciblées : passages piétons mieux éclairés, marquages plus visibles, barrières de protection et création de zones de vitesse réduite à 30 ou 40 km/h.</p> <p>Des inspections de sécurité routière portant sur environ 150 kilomètres d’autoroutes et de routes de catégories A et B sont prévues, afin d’identifier et corriger les risques : mise à niveau de la signalisation, des marquages ou encore installation de dispositifs de protection. Le traitement de 11 black spots – zones à forte concentration d’accidents – est également au programme, nécessitant des interventions ciblées pour réduire le danger. Enfin, des audits de sécurité seront systématiquement menés pour les nouveaux projets routiers, afin de garantir des infrastructures plus sûres dès leur conception.</p> <img alt="sanction" data-entity-type="file" data-entity-uuid="47c21b1d-8892-4ed1-a11e-599444e81101" src="https://files.defimedia.info/sites/default/files/inline-images/301125_sanction1.jpg" class="align-center" /> <p> </p> </div> <div class="field field--name-field-disqus field--type-disqus-comment field--label-hidden field--item"><drupal-render-placeholder callback="Drupal\disqus\Element\Disqus::displayDisqusComments" arguments="0=Permis%20%C3%A0%20points%20%3A%20infractions%20et%20sanctions%20renforc%C3%A9es&amp;1=http%3A//defimedia.info/permis-points-infractions-et-sanctions-renforcees&amp;2=node/180257" token="FG0ZXlgEk9hqg-45_yd6YGTQkB-_0lwYaagz7jUsxLw"></drupal-render-placeholder></div> Sun, 30 Nov 2025 13:00:00 +0000 Le Dimanche Hebdo 180257 at http://defimedia.info Dr Varma, sociologue : «La criminalisation demeure largement symbolique» http://defimedia.info/dr-varma-sociologue-la-criminalisation-demeure-largement-symbolique <span>Dr Varma, sociologue : «La criminalisation demeure largement symbolique»</span> <span><a title="Voir le profil utilisateur." href="/users/fcapery" lang="" about="/users/fcapery" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Fateema Capery</a></span> <span>dim 30/11/2025 - 16:30</span> <div class="field field--name-field-main-picture field--type-image field--label-hidden field--item"> <img src="https://files.defimedia.info/sites/default/files/styles/node_content_picture/public/301125_om.jpg?itok=_wN6B7-Y" width="1280" height="720" alt="" typeof="foaf:Image" class="img-responsive" /> </div> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field--item"><p>Face à la hausse des drames routiers, le sociologue Dr&nbsp;Oomandra Nath Varma analyse le basculement de la société mauricienne, passée de la résignation à une indignation&nbsp;collective.&nbsp;</p> <p><strong>Qu’est-ce qui a changé dans la société mauricienne pour qu’on passe de la résignation à la révolte face aux accidents mortels ?</strong><br /> Pendant des années, ces tragédies étaient accueillies avec résignation – un malheur regrettable mais accepté comme faisant partie du quotidien. Aujourd’hui, on observe une indignation collective et des protestations publiques. Ce changement est enraciné dans une évolution sociale majeure : une frustration croissante face à la perte répétée de jeunes vies, une confiance en déclin envers les institutions, et une prise de conscience que nombre de collisions mortelles ne sont pas des fatalités, mais des événements évitables provoqués par des comportements imprudents.</p> <p>La colère publique reflète la perception que la négligence au volant, souvent liée à la vitesse, à l’alcool ou aux drogues, s’est normalisée. Lorsque des usagers de la route adoptent sciemment des comportements qui mettent autrui en danger, de nombreux Mauriciens considèrent désormais ces actes comme moralement proches d’une violence intentionnelle.&nbsp;</p> <p>Le commentaire du ministre Osman Mahomed, affirmant que certains comportements ressemblent à une « préméditation de meurtre », trouve écho parce qu’il exprime ce que beaucoup ressentent : qualifier ces événements de simples « accidents&nbsp;» masque leur caractère&nbsp;évitable.&nbsp;</p> <blockquote> <p>La pression publique en faveur de lois plus strictes ne procède pas d’un désir de répression excessive, mais de la frustration face à l’inertie institutionnelle.</p> </blockquote> <p><strong>Comment les réseaux sociaux (Facebook, TikTok…) et la viralité des images d’accidents ont-ils transformé le rapport des Mauriciens à la sécurité routière et à la mort sur la route ?</strong><br /> La numérisation de l’indignation a également modifié la relation des Mauriciens à la sécurité routière. Facebook, TikTok et d’autres plateformes ont démocratisé la diffusion d’images d’accidents, donnant naissance à une forme de «&nbsp;journalisme populaire » où des citoyens ordinaires documentent des scènes autrefois invisibles. Les images virales créent une proximité émotionnelle : le public n’est plus face à des statistiques abstraites, mais à des corps, à la douleur et au chaos.</p> <p>Cependant, la viralité est éphémère. Pour qu’un changement durable de comportement émerge, il faut plus qu’une indignation numérique passagère : il faut une mobilisation organisée et continue. La colère liée à la sécurité routière est souvent épisodique, ne s’enflammant qu’après une tragédie majeure. Cela limite la profondeur de la réflexion collective et empêche de transformer l’émotion en véritable&nbsp;réforme.</p> <p><strong>Le slogan « Nou kont bann sofer kriminel », scandé lors de la marche organisée par le Mouvement pour la sécurité et la justice routière, traduit-il un état d’esprit collectif ?&nbsp;</strong><br /> Ce slogan révèle une évolution profonde du vocabulaire moral. Il exprime un jugement collectif ancré dans l’expérience quotidienne : demandez à n’importe quel Mauricien, il pourra raconter plusieurs rencontres avec des conducteurs imprudents, des courses sauvages ou des excès de vitesse habituels. Cette normalisation du risque crée un climat où la colère paraît légitime.</p> <p>Mais la société envoie des signaux contradictoires. Des événements comme le rallye de Port-Louis, largement célébré, mettent en avant l’agilité et l’habileté des jeunes conducteurs – tout en soulevant des questions. Comment ces jeunes acquièrent-ils une telle maîtrise dans un pays presque dépourvu d’infrastructures pour la conduite rapide ? Sans circuits dédiés et encadrement très limité, ces compétences proviennent souvent de pratiques informelles, voire illégales. En valorisant de tels spectacles, on risque de légitimer les mêmes comportements que l’on condamne.</p> <p>La pression publique en faveur de lois plus strictes ne procède pas d’un désir de répression excessive, mais de la frustration face à l’inertie institutionnelle. Lorsque les citoyens perçoivent une application de la loi faible, incohérente ou politiquement biaisée, ils recourent au langage moral pour exiger une réaction plus rapide.</p> <blockquote> <p>Si les excès de vitesse, les dépassements téméraires et les règles piétonnes ignorées sont la norme, ils s’inscrivent dans la culture commune»</p> </blockquote> <p><strong>Que signifie sociologiquement le passage du vocabulaire de la fatalité (« accident&nbsp;») à celui de la responsabilité («&nbsp;crime&nbsp;»)&nbsp;? Simple ajustement linguistique ou révolution culturelle ?</strong><br /> Sociologiquement, le passage du terme fatalité (« accident ») à celui de responsabilité (« crime ») marque plus qu’un changement linguistique : c’est le début d’une redéfinition culturelle de la violence routière. De plus en plus de Mauriciens rejettent l’idée que toutes les collisions relèvent du hasard. Beaucoup comprennent que les accidents mortels résultent de schémas prévisibles : vitesse, fatigue, intoxication, dépassements dangereux ou défaillances infrastructurelles.</p> <p>Pourtant, la réticence historique de l’État à appliquer des mesures strictes a aussi façonné ces perceptions. Certains partis politiques ont parfois assoupli les sanctions pour conduite dangereuse, éliminé le permis à points, ou signalé les emplacements des radars, décisions alors bien accueillies par le même public qui réclame aujourd’hui plus de sévérité. Les contradictions sont évidentes : la culture du « Mr Break », glorifiée pour contourner les contrôles policiers, coexiste avec les appels à la justice pour les victimes.</p> <p>Malgré les milliards investis dans les caméras Safe City, les gouvernements ont hésité à les utiliser systématiquement pour contrôler la vitesse – un outil pourtant capable de réduire drastiquement les comportements dangereux. Parallèlement, le marquage routier, les limitations de vitesse et les infrastructures piétonnes restent souvent en deçà des normes des grandes villes.&nbsp;</p> <p>Les pratiques quotidiennes aggravent la situation : bus et vans roulant à vive allure, piétons traversant sans précaution, processions occupant la chaussée pendant des heures avec la complicité des forces de l’ordre. Ces comportements façonnent collectivement ce que la société considère comme « normal » sur la route.</p> <p>En réalité, la conduite dangereuse ne persiste pas par manque d’éducation, mais parce que les gens apprennent de leur environnement social. Les normes se transmettent par observation : si les excès de vitesse, les dépassements téméraires et les règles piétonnes ignorées sont la norme, ils s’inscrivent dans la culture commune. La persuasion et les campagnes de sensibilisation ne suffisent pas à contrer des comportements renforcés quotidiennement par l’expérience vécue.</p> <p>Transformer la culture routière mauricienne exige donc bien plus que du blâme ou des vagues d’indignation. Il faut une cohérence structurelle dans l’application de la loi, du courage politique et une redéfinition de ce qui est socialement acceptable. Ce n’est que lorsque la prudence deviendra la norme visible, pratiquée par les aînés, les institutions et les conducteurs, que la sécurité pourra faire partie de l’identité sociale du pays.</p> <p><strong>Qualifier quelqu’un de « criminel » pour un acte routier&nbsp;: un stigmate social ?&nbsp;</strong><br /> Évidemment, il peut s’agir d’un stigmate. Mais les stigmates peuvent aussi jouer un rôle dissuasif. Dans toutes les sociétés, ils servent de mécanisme puissant de contrôle social lorsque le dialogue et des moyens plus doux ont échoué. Le stigmate fonctionne comme un mécanisme informel qui contribue à freiner la hausse des accidents mortels en façonnant les comportements à travers les normes collectives.&nbsp;</p> <p>S’inspirant de Durkheim, qui considère que la société réagit à la déviance pour réaffirmer ses valeurs partagées, la désapprobation publique de la conduite dangereuse, alcool au volant, vitesse excessive ou dépassements risqués, trace une frontière morale entre « usagers responsables » et « contrevenants dangereux ». Cette frontière est renforcée par la notion de stigmate chez Goffman : une « identité dégradée » que les individus craignent d’endosser.&nbsp;</p> <p>La théorie de l’étiquetage suggère que ces labels stigmatisants fonctionnent comme un frein : on évite des comportements susceptibles de nous faire catégoriser comme « conducteurs criminels&nbsp;». Ainsi, lorsque la société condamne collectivement la conduite dangereuse, la crainte du déshonneur incite à l’autodiscipline.</p> <blockquote> <p>Les jeunes, et même les adultes, ne changent pas leurs comportements parce qu’on leur répète qu’il faut ‘faire attention’»</p> </blockquote> <p><strong>Cette criminalisation répond-elle réellement aux besoins des familles endeuillées ou reste-t-elle surtout symbolique ?</strong><br /> La criminalisation répond partiellement aux besoins des familles endeuillées, mais demeure largement symbolique. D’un côté, la sanction pénale représente une reconnaissance institutionnelle importante : elle affirme que la vie de la victime comptait et qu’un tort grave a été commis. Pour certaines familles, tenir le responsable punissable restaure un sentiment de dignité et valide publiquement leur souffrance.</p> <p>Mais cette forme de justice ne répond pas aux besoins émotionnels ou relationnels plus profonds. Aucune condamnation ne peut apaiser la douleur, réparer le lien perdu ou offrir un soutien durable. Beaucoup de familles décrivent la sanction pénale – même sévère – comme insuffisante, car elle ne touche pas à la dimension humaine de leur perte. Elle se concentre sur l’individu fautif, alors que les familles espèrent souvent une reconnaissance plus large&nbsp;: solidarité communautaire, meilleures infrastructures, prévention renforcée.</p> <p>En ce sens, la criminalisation est un geste symbolique de condamnation sociale, mais elle ne constitue pas une réponse complète. Elle offre une justice formelle, mais laisse ouvertes de nombreuses blessures.</p> <p><strong>Que révèle notre comportement au volant sur notre rapport aux règles, à l’autorité et aux autres ?</strong><br /> Notre conduite automobile est un miroir révélateur de notre rapport aux règles, à l’autorité et à autrui. Certains perçoivent les règles comme un bien commun qui protège tout le monde, d’autres les considèrent comme des contraintes négociables.</p> <p>Elle révèle aussi notre relation à l’autorité : ceux qui respectent la loi, même sans surveillance, témoignent d’une discipline internalisée ; ceux qui obéissent seulement en présence de policiers réagissent davantage par crainte que par conviction.</p> <p>Enfin, notre conduite expose la manière dont nous percevons les autres : prudence et respect traduisent un sens du collectif&nbsp;; agressivité et imprudence reflètent un individualisme qui place l’intérêt personnel avant la sécurité d’autrui.</p> <p><strong>Pourquoi certains comportements à risque sont-ils banalisés, et pourquoi l’entourage ou les passagers ne s’y opposent-ils pas ?</strong><br /> Cette banalisation repose sur une combinaison de facteurs culturels, psychologiques et sociaux. Dans certaines cultures, l’alcool est associé à la fête ou à la virilité, et la vitesse à la compétence ou au courage. À force d’être observés sans conséquence, ces actes perdent leur gravité apparente.<br /> La psychologie joue aussi un rôle : excès de confiance, illusion de contrôle, habitude d’être « passé entre les mailles » renforcent une fausse impression de sécurité.</p> <p>Les dynamiques de groupe contribuent à ce silence : peur de créer un conflit, volonté de préserver l’harmonie, hiérarchie sociale au sein du groupe. On préfère éviter d’humilier le conducteur. S’y ajoute la diffusion de responsabilité : chacun espère que quelqu’un d’autre interviendra. Résultat : la normalisation de comportements risqués s’installe, et le silence devient complicité.</p> <blockquote> <p>Le passage du terme fatalité (‘accident’) à celui de responsabilité (‘crime’) marque plus qu’un changement linguistique : c’est le début d’une redéfinition culturelle de la violence routière»</p> </blockquote> <p><strong>Quel rôle jouent les ventes de boissons alcoolisées dans la responsabilité morale et sociale des accidents ? Existe-t-il une culture du « service responsable » à Maurice ?</strong><br /> Le lien entre alcool et accidents est bien connu, mais le rôle des vendeurs d’alcool reste largement absent du débat national. Si les conducteurs sont juridiquement responsables, les commerces qui profitent de la vente d’alcool portent aussi une responsabilité morale.</p> <p>À l’étranger, la culture du «&nbsp;service responsable » est devenue une norme : formation du personnel, interdiction de servir les clients déjà ivres, alternatives de transport. En Australie ou au Canada, ces pratiques sont obligatoires.</p> <p>À Maurice, cela n’existe pratiquement pas. Il n’y a ni cadre national, ni formation obligatoire, ni lignes directrices claires. Beaucoup d’établissements privilégient le chiffre d’affaires&nbsp;: promotions agressives, offres illimitées, happy hours prolongés. Refuser un client ivre est perçu comme une perte financière, non un devoir civique.</p> <p>Pour développer une véritable culture du service responsable, Maurice aurait besoin d’une stratégie coordonnée : formation obligatoire, normes nationales, régulation des promotions dangereuses, partenariats avec les transporteurs. La prévention ne commence pas uniquement avec le conducteur : les vendeurs d’alcool sont des acteurs clés.</p> <p><strong>Comment passer d’une logique punitive à une logique préventive sur les routes ?</strong><br /> Maurice a privilégié la punition, amendes, retrait de points – qui semble refaire surface –, suspensions, mais ces mesures arrivent souvent trop tard. La prévention doit commencer dès l’enfance, avec une meilleure éducation routière, et se poursuivre par un accompagnement renforcé des jeunes conducteurs, permis probatoire, restrictions temporaires.</p> <p>La prévention implique aussi de meilleures infrastructures : signalisation claire, éclairage, voiries plus sûres, ralentisseurs, espaces piétons sécurisés. Elle exige de s’attaquer aux risques à leur source : alcool, fatigue, vitesse, distraction, et de promouvoir le service responsable dans les établissements nocturnes.</p> <p>Les communautés, entreprises et écoles doivent aussi jouer un rôle, tout comme les technologies embarquées. L’objectif : passer d’une culture de la peur à une culture de la responsabilité&nbsp;partagée.</p> <p><strong>Quels leviers sociaux peuvent transformer durablement les comportements dangereux sans ostraciser une génération de conducteurs ?</strong><br /> Transformer les comportements ne nécessite pas de blâmer une génération entière. Le changement vient de leviers sociaux. Un changement culturel&nbsp;: valoriser la conduite calme, respectueuse et responsable&nbsp;; utiliser des modèles positifs (athlètes, artistes, figures locales). Un changement communautaire : initiatives dans les écoles, villages, groupes de jeunes ; messages entre pairs.&nbsp;</p> <p>Un changement éducatif, apprendre par l’expérience plutôt que par la peur, est probablement la meilleure option que je voudrais élaborer pour mieux comprendre.&nbsp;</p> <p>Pour transformer durablement la culture routière mauricienne, il devient clair que les campagnes moralisatrices ne suffisent plus. Les jeunes, et même les adultes, ne changent pas leurs comportements parce qu’on leur répète qu’il faut « faire attention », mais lorsqu’ils vivent eux-mêmes l’expérience du risque, lorsqu’ils ressentent dans leur corps ou dans leur émotion ce que des slogans ne peuvent transmettre. C’est dans cette logique qu’un véritable changement éducatif s’impose, fondé sur trois outils complémentaires : les ateliers pratiques, les simulateurs de conduite, et les témoignages des secouristes.</p> <p>Les ateliers pratiques offrent un premier contact essentiel avec la réalité du danger. Sur un parcours sécurisé, un jeune peut par exemple tester une distance de freinage et mesurer concrètement la différence entre un arrêt à 40 km/h et un arrêt à 80 km/h. Rien ne marque autant l’esprit que de voir la voiture continuer sa course sur plusieurs mètres alors qu’on croyait avoir « freiné à temps ».&nbsp;</p> <p>Dans d’autres ateliers, on apprend à éviter un obstacle soudain, à porter les premiers gestes de secours, ou encore à ressentir, grâce à des lunettes spécialisées, les effets de l’alcool ou de la fatigue sur la perception. Ce sont des exercices simples mais puissants : ils font passer la sécurité routière du domaine de l’abstraction à celui de l’expérience&nbsp;vécue.</p> <p>Les simulateurs de conduite prolongent cette pédagogie sans danger. Dans un environnement immersif, un jeune conducteur peut affronter une pluie battante, perdre momentanément l’adhérence de la route, ou encore constater l’impact d’une distraction de deux secondes. Ce « laboratoire du risque » permet d’observer ses erreurs, de les analyser et de les corriger immédiatement. Dans plusieurs pays, ces simulateurs sont désormais une étape incontournable du processus d’apprentissage, car ils développent des réflexes et une conscience des risques que la théorie seule ne peut inculquer.</p> <p>Enfin, les témoignages de secouristes apportent une dimension humaine et émotionnelle impossible à reproduire autrement. Quand un pompier ou un ambulancier raconte comment il a dû extraire un jeune blessé, rassurer une famille en détresse, ou intervenir sur une scène encore marquée par la violence d’un choc, le message prend chair. Il ne s’agit plus de statistiques, mais de vies, de visages, de blessures. Cette approche ne vise pas à faire peur, mais à provoquer l’empathie qui pousse à se sentir responsable, à comprendre que chaque geste sur la route a des conséquences réelles sur des personnes réelles.</p> <p>En combinant ces trois leviers – l’expérience physique, l’immersion contrôlée et la parole humaine –, on ne transmet plus seulement des règles : on façonne une culture de la sécurité. C’est sans doute par ce type d’éducation active et innovante que Maurice pourra, à long terme, transformer la relation de ses citoyens à la route, et rompre avec la normalisation dangereuse de la vitesse, de la négligence et du fatalisme.</p> <p>Le changement durable repose sur une culture de respect mutuel et de responsabilité partagée, plutôt que sur la culpabilisation.&nbsp;</p> </div> <div class="field field--name-field-disqus field--type-disqus-comment field--label-hidden field--item"><drupal-render-placeholder callback="Drupal\disqus\Element\Disqus::displayDisqusComments" arguments="0=Dr%20Varma%2C%20sociologue%20%3A%20%C2%ABLa%20criminalisation%20demeure%20largement%20symbolique%C2%BB&amp;1=http%3A//defimedia.info/dr-varma-sociologue-la-criminalisation-demeure-largement-symbolique&amp;2=node/180256" token="Gvy7qJgaguxy7DU_JlKY1k1Kj-lkb6rOeU5hJpVTmaM"></drupal-render-placeholder></div> Sun, 30 Nov 2025 12:30:00 +0000 Fateema Capery 180256 at http://defimedia.info Stabilité inquiétante du nombre d’accidents mortels http://defimedia.info/stabilite-inquietante-du-nombre-daccidents-mortels <span>Stabilité inquiétante du nombre d’accidents mortels</span> <span><span lang="" about="/users/dimanchehebdo" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Le Dimanche Hebdo</span></span> <span>dim 30/11/2025 - 16:00</span> <div class="field field--name-field-main-picture field--type-image field--label-hidden field--item"> <img src="https://files.defimedia.info/sites/default/files/styles/node_content_picture/public/road-accidents_2.jpg?itok=247D19M1" width="1280" height="720" alt="" typeof="foaf:Image" class="img-responsive" /> </div> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field--item"><p>Les chiffres des accidents mortels sur nos routes affichent une stabilité inquiétante. Au 25 novembre, l’île déplore 102 accidents mortels pour 110 décès, un bilan identique à celui de l’an dernier à la même période. Mais se dessine une évolution préoccupante : les victimes sont de plus en plus âgées. Les seniors représentent désormais une part croissante des morts sur la route, révélant une vulnérabilité accrue de cette tranche de la population. Autre tendance alarmante : la persistance des comportements à risque. Au cours des trois derniers mois, les autorités ont relevé 1 265 cas d’alcotest positif et 254 dépistages de drogue positifs chez les automobilistes. </p> <img alt="accident" data-entity-type="file" data-entity-uuid="c860da4e-8c89-4d03-89cc-0b3ad0735e1f" src="https://files.defimedia.info/sites/default/files/inline-images/301125_accident.jpg" class="align-center" /> <p> </p> </div> <div class="field field--name-field-disqus field--type-disqus-comment field--label-hidden field--item"><drupal-render-placeholder callback="Drupal\disqus\Element\Disqus::displayDisqusComments" arguments="0=Stabilit%C3%A9%20inqui%C3%A9tante%20du%20nombre%C2%A0d%E2%80%99accidents%20mortels&amp;1=http%3A//defimedia.info/stabilite-inquietante-du-nombre-daccidents-mortels&amp;2=node/180255" token="ohlhYwZzXdsn5JkaQXfH0becrF0d7Xzg-dsRbJpg-88"></drupal-render-placeholder></div> Sun, 30 Nov 2025 12:00:00 +0000 Le Dimanche Hebdo 180255 at http://defimedia.info Accidents de la route : plongée au cœur des enquêtes http://defimedia.info/accidents-de-la-route-plongee-au-coeur-des-enquetes <span>Accidents de la route : plongée au cœur des enquêtes</span> <span><span lang="" about="/users/dimanchehebdo" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Le Dimanche Hebdo</span></span> <span>dim 30/11/2025 - 15:30</span> <div class="field field--name-field-main-picture field--type-image field--label-hidden field--item"> <img src="https://files.defimedia.info/sites/default/files/styles/node_content_picture/public/inline-images/accident%203_6.jpg?itok=2CN6I54w" width="1280" height="720" alt="" title="Les sapeurs-pompiers sont souvent dépêchés sur les lieux d’un accident pour épauler les policiers." typeof="foaf:Image" class="img-responsive" /> </div> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field--item"><p>Plongée dans le quotidien des enquêteurs mauriciens : de l’intervention sur les lieux d’accidents à la reconstitution des faits, découvrez les coulisses d’une procédure minutieuse et cruciale.</p> <p>L’annonce du ministre des Transports Osman Mahomed d’un renforcement de l’arsenal répressif braque les projecteurs sur les procédures policières en cas d’infractions routières ou d’accidents. Des membres de la Road Safety Unit (RSU) nous&nbsp;éclairent.&nbsp;</p> <p>C’est une course contre la montre qui s’engage sur les lieux d’un accident, explique un policier. « ‘Saving of life’, c’est la priorité absolue. » Les gestes accomplis dans les premières secondes peuvent être déterminants : « Defwa enn ti zes sap lavi enn dimounn. »&nbsp;</p> <p>Commentant les délits de fuite, où des blessés sont abandonnés sur place, le message des autorités est sans équivoque&nbsp;: il faut porter secours ou au minimum alerter la police. «&nbsp;Defwa enn dimounn trouv kikenn inkonsian li panike li sove. Me sa enn ti zes-la kapav sap lavi enn dimounn, bizin pa kit ‘les lieux’ », affirme le cadre de la RSU.&nbsp;</p> <p>Il reconnaît cependant que, dans certaines situations, les conducteurs impliqués font face à des foules hostiles. Dans ce type de cas, il précise que la meilleure chose à faire est de se rendre au poste de police le plus proche ou de passer un simple appel au 148 ou au 999. « C’est l’enquête policière qui établira les faits et situera les responsabilités&nbsp;», précise-t-il.</p> <p>La police, assistée des sapeurs-pompiers, veille ensuite au déblayage rapide des routes, soulignant l’importance de ne pas abandonner les véhicules accidentés sur les lieux. « Cela peut créer une autre source de danger. Il faut assurer le passage des véhicules de secours, dont l’ambulance », précise-t-on au sein de la Traffic Branch.&nbsp;</p> <p>Dans les cas d’accidents majeurs, des passages temporaires sont créés pour les véhicules d’urgence, confie un gradé de la Traffic Branch&nbsp;: « Parfois, nous fermons une voie dans le sens inverse qui est utilisée strictement par les véhicules des services d’urgence. » Les pompiers, formés à l’évacuation et à l’extraction de victimes coincées dans des véhicules, jouent un rôle crucial dans ces opérations.&nbsp;</p> <p>Il est également essentiel que les automobilistes impliqués dans l’accident, ou même les témoins de la scène coopèrent afin de ne pas créer d’autres dangers, voire d’autres accidents, rappelle-t-on.</p> <h3>La reconstitution,&nbsp;un exercice délicat</h3> <p>Une fois l’urgence passée, l’enquête proprement dite commence. Sur les lieux, la police suit un protocole établi&nbsp;: identification des témoins, enregistrement de leurs versions, constats visuels parfois appuyés par des images de caméras de surveillance. Les policiers vérifient la validité des permis, des assurances et des certificats de contrôle technique. L’état des véhicules et celui de la route sont minutieusement étudiés. Les experts analysent les traces de freinage et d’impact, examinent les systèmes de freinage et l’état des pneus.</p> <p>Un « assessment » de l’état général des automobilistes impliqués est également effectué lorsqu’ils ne présentent pas de blessures nécessitant un traitement médical. Outre l’alcootest ou le drug test, l’état d’esprit des conducteurs est pris en compte et des constats sont consignés. Un ex-cadre de la Traffic Branch estime d’ailleurs qu’il serait nécessaire d’approfondir cet aspect : « Nou bizin fer enn letid lor sa… Chaque accident a sa propre particularité. Sitiasion kondikter ou bann lezot protagonis enn aksidan pa parey&nbsp;», fait-il ressortir.</p> <p>L’identification du conducteur réel constitue souvent un enjeu majeur. Même lorsqu’une personne se présente spontanément comme telle, les enquêteurs exigent des détails précis sur la distance de l’impact, les traces de freinage et leur cohérence avec les déclarations. « Defwa kan sa dimounn-la donn bann informasion ki pa korobore, nou kone ki li pe pran enn sarz ek pa li ki ti o volan », expliquent des policiers.&nbsp;</p> <p>Dans certains cas, des enquêteurs chevronnés parviennent rapidement à dégager les faits essentiels et à identifier les zones d’anomalie. Des éléments comme les traces de freinage offrent des indications sur la vitesse d’un véhicule ou la direction de l’impact. Lorsque la police dispose de photos ou de vidéos d’un accident, les protagonistes, suspects ou témoins, y sont confrontés afin de rétablir la réalité des événements. Les images des caméras CCTV contribuent d’ailleurs désormais aux investigations. « Defwa ena de sofer inplike, personn pa aksepte tor. Gras a bann zimaz video nou trouv seki finn pase faktielman&nbsp;», poursuivent-ils.</p> <p>Les protagonistes et les témoins sont ensuite appelés à participer à une reconstitution des faits sur les lieux mêmes de l’accident. « L’importance de faire cela à des heures similaires, c’est pour avoir une idée exacte du déroulement des faits. La visibilité et la densité de circulation sont importantes », expliquent des enquêteurs expérimentés.&nbsp;</p> <p>Ces reconstitutions, qui nécessitent l’accord des personnes concernées, sont systématiquement documentées par les photographes et vidéographes du Scene of Crime Office (SOCO). Sur place, les participants doivent indiquer les points clés mentionnés dans leurs dépositions et décrire, étape par étape, ce qui s’est produit selon leur version.</p> <h3>Des procédures jugées trop lentes</h3> <p>Malgré ces protocoles, certains dossiers présentent des zones d’ombre. Lorsque deux protagonistes fournissent des versions contradictoires, la police étudie l’ensemble des preuves pour établir la version la plus crédible. Les personnes concernées sont ensuite confrontées aux éléments retenus et finissent souvent par livrer les faits exacts dans une déclaration complémentaire. «&nbsp;Souvan dimounn dir pa ti ena frin dan veikil, akoz sa tape. Lerla nou verifie si ena tras lor larout. »</p> <p>Les carnets d’entretien des véhicules peuvent également être examinés. « Les enquêteurs doivent être rusés. L’expérience est un atout », résume un haut&nbsp;gradé.</p> <p>Cette mécanique judiciaire se heurte toutefois à des critiques récurrentes. Un ancien de la Traffic Branch pointe du doigt la lenteur des procédures liées aux alcootests et aux tests de dépistage de stupéfiants. Il préconise l’instauration d’une méthode Fast Track permettant de finaliser les affaires dans un délai de 15 jours pour les cas positifs. Il suggère également la création d’une Counter Court pour les conducteurs contestant les résultats.</p> <p>Évoquant les systèmes européens, cet ancien policier plaide pour des classes de rappel obligatoires le week-end pour les conducteurs épinglés pour diverses infractions, sur le modèle des opérations « Code Bleu », et pour un système de réhabilitation approprié. Quant au permis à points, il le considère comme un moyen de répression dont il doute toutefois de l’efficacité.&nbsp;</p> <div class="alert alert-warning"> <h3>Que faire en cas d’accident de la route</h3> <p>« En cas d’accident, les premiers secours sont vitaux. Appelez le 112 ou le 999 pour la police et les ambulances, le 114 pour le SAMU ou le 115 pour les pompiers », explique Alain Jeannot, responsable de l’association Prévention sécurité routière avant tout&nbsp;(Prat).</p> <p>Il insiste sur l’importance de ne pas encombrer les lieux pour prendre des photos ou vidéos. « Un accident est un drame humain et non un prétexte pour faire le buzz. Arrêtez avec cette mauvaise manière ! Certains Mauriciens ne comprennent pas qu’ils doivent céder la route aux services d’urgence&nbsp;», déplore-t-il.<br /> Il préconise également un premier secouriste dans chaque famille.</p> </div> </div> <div class="field field--name-field-disqus field--type-disqus-comment field--label-hidden field--item"><drupal-render-placeholder callback="Drupal\disqus\Element\Disqus::displayDisqusComments" arguments="0=Accidents%20de%20la%20route%C2%A0%3A%C2%A0plong%C3%A9e%20au%20c%C5%93ur%C2%A0des%20enqu%C3%AAtes&amp;1=http%3A//defimedia.info/accidents-de-la-route-plongee-au-coeur-des-enquetes&amp;2=node/180254" token="x5iihFQ6W9E_k1VkQH801oIAXQhXgQ3XMXwheH8yIWc"></drupal-render-placeholder></div> Sun, 30 Nov 2025 11:30:00 +0000 Le Dimanche Hebdo 180254 at http://defimedia.info Akash Sungker : «Les étapes pour obtenir le permis de conduire seront bientôt revues» http://defimedia.info/akash-sungker-les-etapes-pour-obtenir-le-permis-de-conduire-seront-bientot-revues <span>Akash Sungker : «Les étapes pour obtenir le permis de conduire seront bientôt revues»</span> <span><span lang="" about="/users/dimanchehebdo" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Le Dimanche Hebdo</span></span> <span>dim 30/11/2025 - 15:00</span> <div class="field field--name-field-main-picture field--type-image field--label-hidden field--item"> <img src="https://files.defimedia.info/sites/default/files/styles/node_content_picture/public/301125_akash.jpg?itok=gzw9O4H5" width="1280" height="720" alt="" typeof="foaf:Image" class="img-responsive" /> </div> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field--item"><p>Le directeur de la Traffic Management and Road Safety Unit (TMRSU) détaille les mesures prioritaires pour réduire les accidents : signalisation renforcée, feux adaptatifs et modélisation du trafic afin d’améliorer la sécurité et la fluidité&nbsp;routières.</p> <p><strong>Y a-t-il un lien clair entre la sévérité des sanctions et une modification durable des comportements routiers&nbsp;?</strong><br /> Lorsque le permis à points, introduit en 2012, a été rendu effectif en 2013, le nombre d’accidents de la route mortels avait diminué, avant de reprendre l’ascenceur quand il a été remplacé par le Cumulative Road Traffic Offence.</p> <p>En faisant une analyse scientifique, ce n’est pas uniquement le permis à points qui a permis de réduire le nombre d’accidents mortels. Nous nous attendons néanmoins, avec la réintroduction du permis à points, à ce que le nombre d’accidents diminue. Ce système prévoit des mesures pour l’alcool et la drogue au volant, avec des amendes plus&nbsp;élevées.</p> <p>Une campagne d’explication sera lancée lorsque le système sera remis en vigueur.</p> <blockquote> <p>Bientôt, si un usager franchit un feu rouge, il sera photographié et recevra un courrier à son domicile l’invitant à venir payer une amende»</p> </blockquote> <p><strong>Pensez-vous qu’un chantier éducatif structuré&nbsp;– de l’école primaire aux auto-écoles&nbsp;– est devenu indispensable pour bâtir une génération de conducteurs plus disciplinés ?</strong><br /> La TMRSU a une section dédiée à l’éducation. Nous sommes déjà actifs dans les écoles primaires avec du matériel numérique. Nous travaillons en collaboration avec le ministère de l’Éducation pour introduire la sécurité routière dans le secondaire. Nous avons déjà préparé les « terms of reference » pour recruter un consultant. Le sujet n’est pas examinable, mais il figure dans le cursus scolaire.</p> <p>Nous animons aussi des causeries dans diverses régions&nbsp;– centres communautaires, entreprises employant des chauffeurs de poids lourds, etc. Sans oublier les campagnes visant à changer le comportement humain sur les routes.&nbsp;</p> <p>Nous allons bientôt changer d’approche, en allant davantage vers le public sur le terrain. Nous envisageons, par exemple, de distribuer des gilets rétroréfléchissants à tous les usagers de deux-roues. Beaucoup ne les portent&nbsp;pas.</p> <p><strong>L’incivilité et l’indiscipline restent un problème majeur. Comment améliorer la courtoisie et le respect mutuel entre usagers, notamment envers les usagers vulnérables ?</strong><br /> Nous considérons deux catégories d’usagers comme vulnérables : les usagers de deux-roues et les piétons. Pour ces derniers, avec la période festive, nous allons intensifier nos actions pour expliquer les précautions à prendre et les endroits où traverser.&nbsp;</p> <p>Pour les deux-roues, nous allons mettre l’accent sur la visibilité la nuit (avec le port du gilet rétroréfléchissant) et le casque de sécurité. Le ministère travaille sur une nouvelle réglementation pour que les casques soient conformes aux normes de l’Organisation des Nations unies. Nos lois seront alignées sur ces recommandations. L’avis du ministère du Commerce, au niveau de l’importation, est attendu.&nbsp;</p> <p>Le deuxième élément, c’est la visibilité. Et troisièmement, avec le permis à points, nous allons mettre l’accent sur l’excès de vitesse et les rallyes illégaux. Le ministère envisage également la construction d’un circuit fermé pour les amateurs de vitesse, en collaboration avec le ministère de la Jeunesse et des Sports.&nbsp;</p> <p>Nous avons aussi remarqué que les motocyclistes brûlent souvent les feux rouges. Dans un avenir proche, le ministère pourrait introduire des « red light cameras » : si un usager franchit un feu rouge, il sera photographié et recevra un courrier à son domicile l’invitant à venir payer une&nbsp;amende.</p> <blockquote> <p>Un simulateur est prévu dans le cadre du ‘graduated driving licensing scheme’ (…) ainsi qu’un ‘driving track’ à Forest-Side»</p> </blockquote> <p><strong>Justement, comment les caméras Safe City pourraient-elles être mieux intégrées à la gestion de la sécurité routière ?</strong><br /> Il est prévu d’enclencher les procédures afin de pouvoir les utiliser pour les offenses routières. Actuellement, ces caméras sont utilisées pour les infractions criminelles.</p> <p>Les caméras Safe City seront utilisées pour quatre principales infractions routières : l’excès de vitesse, l’utilisation du téléphone portable au volant (les caméras pourront photographier le conducteur ou enregistrer une vidéo qui pourra être présentée devant la cour), le non-port de la ceinture de sécurité et le non-respect du couloir routier (les zigzags sur la route).&nbsp;</p> <p>Dans un proche avenir, le ministère du Transport terrestre installera également plus d’une soixantaine de cameras pour contrôler les excès de vitesse. À cela s’ajouteront des caméras supplémentaires qui vont surveiller tous les usagers de la route.</p> <p>Avec la reintroduction du permis à points, ce sont plusieurs points que l’automobiliste pourrait ainsi perdre.</p> <p><strong>Qu’en est-il pour l’alcool au volant, l’amende ne devrait-elle pas être graduée ?</strong><br /> Pour l’alcool au volant, il faudrait modifier le Road Traffic Act afin que ce soit gradué en fonction du nombre de milligrammes d’alcool dans le sang. Cela n’a pas de sens qu’une personne qui a bu en petite quantité paie la même amende qu’un automobiliste qui a bu en excès.&nbsp;</p> <p><strong>Qu’en est-il de la formation des conducteurs&nbsp;?</strong><br /> Toutes les étapes pour obtenir le permis de conduire seront bientôt revues. Nous allons introduire un système de « graduated driving licensing scheme » (GDLS). Ce sera un permis de conduire probatoire avec quatre étapes pour arriver à l’obtention du permis complet. Au cours de ces quatre étapes, le nouveau conducteur sera sous surveillance. Il devra coller un autocollant « P » de couleur rouge indiquant qu’il vient d’obtenir son permis.&nbsp;</p> <p>Le ministre travaille en collaboration avec la police, la National Land Transport Authority et le Mauritius Institute of Training and Development (MITD), qui préparent les amendements au Road Traffic Act pour l’introduction du GDLS. Le MITD prévoit aussi de mettre en place un circuit (Driving Track) à Forest-Side où tous les apprenants iront apprendre à conduire. Actuellement, ces installations n’existent pas à Maurice.</p> <p>Avec l’introduction du « Licensing System », les instructeurs, devront eux aussi suivre de nouvelles sessions de formation, ainsi que les policiers qui supervisent les examens.</p> <p><strong>Y aura-t-il un simulateur de conduite ?</strong><br /> Nous n’en avons pas actuellement. C’est prévu dans le GDLS. Ces facilités seront fournies par le MITD. Actuellement, ceux qui apprennent à conduire n’ont pas toujours l’occasion de négocier un rond-point. Toutes ces facilités sont prévues dans le Driving Track qui sera aménagé. Les apprenants auront ainsi la possibilité de conduire dans des conditions réelles, y compris sous la pluie.&nbsp;</p> <p>Le but est de produire des conducteurs formés et responsables, capables de faire face aux diverses conditions de la route, quelles que soient les conditions météorologiques.</p> <blockquote> <p>Les caméras Safe City seront utilisées pour quatre principales infractions routières»</p> </blockquote> <p><strong>Que prévoyez-vous, à court, moyen et long terme, pour réduire les accidents ?</strong><br /> Le ministère du Transport terrestre va bientôt lancer un appel d’offres pour recruter un consultant afin de mettre en place un « arrested bed » à Sorèze, en direction de Port-Louis, zone où de nombreux accidents liés à des problèmes de freinage ont été recensés. Nous mènerons également des campagnes de sensibilisation pour expliquer le rôle et l’importance des « arrested beds ».</p> <p>Nous allons mettre l’accent sur la bonne approche des rond-points. Beaucoup d’automobilistes ne savent pas les négocier correctement, notamment à celui de St-Jean et à proximité de Nexteracom à Ebène. Un nouveau panneau de signalisation sera installé pour indiquer, lorsqu’un automobiliste emprunte un couloir, les directions autorisées et celles interdites. Ces nouveaux panneaux renforceront ainsi la discipline des voies (« lane discipline »).</p> <p>Concernant la gestion de la circulation, une consultation est en cours pour introduire de nouveaux feux de signalisation adaptatifs. La plupart des feux actuels ne sont pas « demand-driven », c’est-à-dire que, peu importe le nombre de véhicules sur une artère, le temps du feu vert reste fixe. Nous voulons introduire un « Adaptive Traffic Control System », contrôlé par l’intelligence artificielle. Sur l’artère la plus fréquentée, le feu vert restera plus longtemps, améliorant ainsi la fluidité du trafic. Nous attendons le rapport du consultant pour mettre en place un « Intelligent Transport System », où la technologie informatique jouera un rôle central.</p> <p>Pour lutter contre la congestion routière, une cellule spécialisée, la Traffic Modelling Unit, travaille sur divers scénarios de circulation afin d’identifier et d’appliquer les meilleures solutions pour fluidifier le trafic sur les axes principaux.</p> </div> <div class="field field--name-field-disqus field--type-disqus-comment field--label-hidden field--item"><drupal-render-placeholder callback="Drupal\disqus\Element\Disqus::displayDisqusComments" arguments="0=Akash%20Sungker%20%3A%20%C2%ABLes%20%C3%A9tapes%20pour%20obtenir%20le%20permis%20de%20conduire%20seront%20bient%C3%B4t%20revues%C2%BB&amp;1=http%3A//defimedia.info/akash-sungker-les-etapes-pour-obtenir-le-permis-de-conduire-seront-bientot-revues&amp;2=node/180253" token="62GRiGLTnB19xtLJP9XtsgMGc4XI_Aa8TPwZOaZGG0w"></drupal-render-placeholder></div> Sun, 30 Nov 2025 11:00:00 +0000 Le Dimanche Hebdo 180253 at http://defimedia.info