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Taux Repo relevé à 4,75 % : lLes PME redoutent un nouveau coup dur face à des crédits plus chers

Par Christina Vilbrin
Publié le: 22 May 2026 à 12:30
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Le comité de politique monétaire a relevé, ce mercredi 20 mai, le taux Repo de 4,5 % à 4,75 %, soit une hausse de 25 points de base. Une décision qui suscite de vives inquiétudes chez les PME. Déjà confrontés à l’augmentation des coûts d’opération et à des consommateurs au pouvoir d’achat affaibli, plusieurs entrepreneurs redoutent désormais des crédits plus coûteux et un nouveau coup dur pour un secteur déjà fragilisé.

Prêts, leasing, overdrafts, remboursements mensuels : tout devient plus coûteux. Et dans un contexte où le diesel, l’électricité et les matières premières ont augmenté, les PME tirent la sonnette d’alarme. « Tous les emprunteurs seront pénalisés car tous les emprunts sont directement liés au taux Repo », explique Amar Deerpalsing. Selon le président de la Fédération des PME, cette hausse risque de freiner les investissements et d’affaiblir davantage les entreprises déjà endettées. « Tout entrepreneur dépend des emprunts pour faire tourner son business. Avec la hausse des taux d’intérêt, l’argent emprunté coûte plus cher et cela décourage l’investissement », fait ressortir Amar Deerpalsing. 

Pour le président de la Fédération des PME, le relèvement du taux Repo n’envoie pas le « bon signal ». « Ce sont les PME qui seront davantage affectées car elles sont les plus fragiles », ajoute-t-il.  

Même inquiétude du côté des opérateurs déjà confrontés à une hausse des coûts de production. Kalyanee Hurry, fondatrice et directrice de Flavours of Mauritius, estime que les PME se retrouvent coincées entre l’augmentation des dépenses et une clientèle qui consomme moins. « Le diesel est plus cher, l’électricité aussi. Les coûts d’opération augmentent constamment, mais nous ne pouvons pas augmenter les prix de nos produits parce que le pouvoir d’achat des consommateurs a diminué. Si nous augmentons les prix, les ventes risquent de baisser », soutient-elle.

Remboursements plus lourds 

Pour réduire les coûts, certaines entreprises envisagent des alternatives comme le solaire ou la modernisation de leurs équipements. Mais là encore, le financement devient problématique. « Faire un investissement aujourd’hui signifie contracter un nouvel emprunt. Mais avec des prêts plus chers et des remboursements déjà lourds, cela devient très compliqué », affirme Kalyanee Hurry. 

Pour s’en sortir, les entrepreneurs devront augmenter leur volume de production. « Encore faut-il qu’on ait le marché pour cela ? », ajoute Kalyanee Hurry. D’où son appel lancé aux autorités afin de soutenir davantage la production locale. « Il faut encourager les Mauriciens à acheter des produits locaux. Pour cela, les autorités doivent accorder davantage de facilités aux producteurs locaux et réduire les importations de produits déjà fabriqués localement, afin de permettre aux PME de conquérir ce marché », insiste Kalyanee Hurry, qui rappelle que pendant la pandémie de Covid-19, plusieurs produits fabriqués localement avaient réussi à gagner du terrain face aux importations.

Chez The Hamilton Furniture Co Ltd, le directeur Nadiim Bhoyroo parle d’une situation de plus en plus difficile pour les PME. « Cette hausse pèsera lourdement sur notre cash-flow. Nous devons revoir tous nos coûts et cela affectera directement nos profits », explique-t-il. 

Il lance un appel pressant au ministère des PME afin que des mesures de soutien soient rapidement mises en place. « Les PME traversent une période très difficile. Avec la guerre au Moyen-Orient, les matières premières coûtent de plus en plus cher. Le ministère doit intervenir rapidement avec des « schemes » pour aider les entrepreneurs », conclut Nadiim Bhoyroo.

 

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