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Tarif de l’électricité, inflation… Les coûts grimpent, l’inquiétude des entreprises aussi 

Les entreprises continueront à subir de nouvelles hausses des coûts cette année.

Avec les répercussions de la guerre en Ukraine, les multiples augmentations des matières premières et les pressions inflationnistes, les entreprises mauriciennes continueront à subir de nouvelles hausses des coûts cette année. Quelles sont les majorations attendues ? Quel en est l’impact sur leurs activités et leur chiffre d’affaires ? Comment y faire face ? Le point.

Le poids de la compensation salariale 

En ce début d’année, les salariés auront droit à une compensation de Rs 1 000. S’ils ont de quoi être ravis, c’est loin d’être le cas des entreprises. Lesquelles doivent faire les ajustements nécessaires pour payer les employés. Pour certaines, cela représente un coût additionnel assez élevé. 

Dans le cas d’Intermart, par exemple, la compensation salariale coûtera environ Rs 1 million supplémentaires tous les mois à l’enseigne. C’est ce qu’indique Ignace Lam, PDG de l’entreprise. « Il faut compter quelque 1 000 employés qui travaillent dans les 10 magasins à travers l’île et dans le Back Office », dit-il. 

Du côté de Li Wan Po, entreprise engagée dans l’importation et la distribution, la compensation salariale coûtera Rs 120 000 par mois à l’entreprise. C’est ce qu’indique le responsable des finances, Alain Lo. « Sans compter d’autres charges sociales, notamment la Contribution sociale généralisée », précise-t-il. 

Le paiement de la compensation augmentera aussi la masse salariale de l’enseigne King Savers. « Nous comptons plus de 400 employés. La compensation salariale nous coûtera donc au moins un demi-million de roupies de plus par mois », soutient son directeur, Alain Saverettiar.

L’industriel François de Grivel affirme, pour sa part, que l’une des principales préoccupations d’une entreprise est le contrôle des coûts afin qu’elle demeure compétitive. « La situation est extrêmement délicate. Les dépenses sont en augmentation, surtout avec la compensation qui pèse lourd dans la masse salariale », dit-il.

Matières premières plus chères : une épine dans le pied 

Pour Intermart, la hausse constante des prix des matières premières affecte principalement le segment « restauration rapide » de l’enseigne. « Hormis la vente des produits, nous sommes engagés dans la pâtisserie et la restauration rapide. Comme tout autre producteur, nous sommes aussi affectés par la cherté des matières premières », soutient le PDG. 

Une cherté qui risque aussi de compliquer la situation de Dry Cleaning Services Ltd. « Nous sommes confrontés à la montée des prix de nos fournisseurs, sans exception aucune », confirme Stéphane Chasteau de Balyon. L’entretien des machines, incluant les pièces de rechange, est une autre dépense à subir. François de Grivel ajoute que les entreprises n’ont aucun contrôle sur de telles dépenses.

Hausse du tarif de l’électricité et d’autres énergies : effet boule de neige 

À partir du 1er février, 12 488 commerçants paieront plus cher pour l’électricité. L’enseigne Intermart en fait partie. Son PDG prévoit une hausse de 28 % de la facture qui, selon lui, pèse déjà lourd dans le chiffre d’affaires de l’entreprise. 

« Actuellement, la facture d’électricité représente 1,4 % de notre chiffre d’affaires. Avec l’augmentation du tarif, le pourcentage devrait passer à 1,9 %. C’est énorme », déplore-t-il. Avec la nouvelle grille tarifaire, la facture d’électricité chez Li Wan Po devrait grimper entre 15 % et 20 %. 

Alain Saverettiar fait ressortir que ce n’est pas seulement l’augmentation du tarif d’électricité qui pèsera lourd sur les entreprises. Il précise que cela entraînera plusieurs autres augmentations. 

Stéphane Chasteau de Balyon, Chief Operating Officer de Dry Cleaning Services Ltd, est du même avis. Selon lui, les hausses les plus importantes sont non seulement celles de l’électricité mais aussi du charbon et de l’huile. 

« Les produits chimiques qui nous viennent d’Europe coûtent cher », souligne-t-il. Il affirme que l’impact de ces coûts élevés dépend de plusieurs facteurs et varie en fonction des départements. « Nous notons des variations de l’ordre de 200 % pour les plus importants et de 20 % à 30 % chez la majorité », indique-t-il.

Mesures envisagées

Ignace Lam : «Les prix seront revus la hausse» 

Ignace Lam doit se rendre à l’évidence : « Les prix seront définitivement revus à la hausse. » Il affirme qu’il n’a guère le choix. D’abord, il y a la hausse des prix des matières premières. Puis il n’a aucun contrôle sur la compensation salariale et la hausse du tarif de l’électricité. 

« Nous sommes obligés de payer la compensation salariale car c’est préconisé par la loi. Quant à l’électricité, je n’ai aucun moyen d’en diminuer la consommation. Nous dépendons énormément de l’énergie pour nos opérations », dit-il. 

A-t-il songé à l’installation de panneaux photovoltaïques ? Il avance que ce n’est pas possible car les bâtiments sont loués et les conditions du bail ne permettent pas un tel projet.

Alain Saverettiar : «Nous devrons réduire certaines dépenses» 

Alain Saverettiar soutient que ces coûts en hausse pèseront lourd sur la trésorerie de l’entreprise. « Mais nous n’allons pas répercuter ces coûts sur les clients. Primo, cela affectera directement nos ventes. Secundo, il faut d’abord analyser la situation dans son ensemble avant de procéder », dit-il. 

Il ajoute qu’il devra toutefois réduire certaines dépenses et conscientiser le personnel sur l’importance d’adopter un comportement plus responsable pour que ces augmentations puissent être minimisées. Il précise d’ailleurs qu’un plan a été déjà élaboré en ce sens.

Alain Lo : «Nous reportons les recrutements qui étaient prévus» 

Alain Lo est catégorique : « Les nouvelles hausses des coûts auront un impact considérable sur les ventes et sur la profitabilité de l’entreprise. » Il affirme que des mesures sont prises afin de minimiser les dépenses. 

« Nous reportons d’abord les recrutements qui étaient prévus cette année. Nous diversifierons notre gamme de produits et nous essaierons de devenir plus efficients dans notre manière d’opérer », fait ressortir le responsable des Finances chez Li Wan Po.

François de Grivel : «Nous investissons dans des équipements plus efficients» 

François de Grivel souligne l’importance d’améliorer la productivité en travaillant avec assiduité. « Il faudra également négocier les prix des matières premières utilisées. De plus, pour que nous soyons plus compétitifs, nous devons investir dans des équipements plus efficients. C’est absolument nécessaire. »

L’industriel estime qu’il est également impérieux d’analyser la concurrence avant de réajuster les prix de vente. « Une entreprise a un devoir social, non seulement envers son personnel et l’environnement, mais aussi envers l’amélioration de la qualité de ses produits et de la vie », soutient-il.

Stéphane Chasteau de Balyon : «Nous utiliserons des technologies moins énergivores» 

Chez Dry Cleaning Services Ltd, des mesures sont prises pour réduire l’impact de ces coûts sur les prix. « Il est difficile de produire à plus cher et de vendre au même prix », dit Stéphane Chasteau de Balyon. Il soutient que l’entreprise contemple déjà une solution : « Nous souhaitons utiliser de nouvelles technologies moins énergivores. Certaines ont déjà été mises en place. D’autres en sont au stade de projet. » 

L’entreprise a apporté des changements au niveau de ses procédures, de ses fournisseurs et de ses installations afin d’améliorer le rendement. « Malgré tous ces efforts, nous n’avons pas pu maintenir nos prix. C’était un exercice mathématiquement impossible », argue-t-il.

 

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