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Tara Knitwear et Rossana Textiles : Mince lueur d’espoir pour les 500 employés

Tara Knitwear Les employés sont inquiets de leurs sorts.

Tara Knitwear et Rossana Textiles, peuvent-elles encore être sauvées du naufrage ? Le conseil d’administration de la compagnie a jeté l’éponge. Ce sera finalement à Afsar Ebrahim et Georges Chung, de la firme BDO, administrateurs nommés par le board des deux compagnies, de trouver une solution et de voir combien des 500 emplois peuvent être sauvés. À défaut, ils auront à trouver un moyen pour payer le mois et demi de salaire que ces entreprises doivent à leurs travailleurs. Mais la tâche s’annonce ardue. Ils se donnent quelques jours pour faire le point et revenir avec différentes options.

Depuis plusieurs semaines, les machines ne tournent plus, ni à l’usine de Plaine-Lauzun ou celle de Nouvelle-France. Les commandes ne viennent plus. Conséquence de la faillite de Tex Services, fin juin. Tara Knitwear et sa subsidiaire Rossana Textiles, étaient un des principaux sous-traitants de la compagnie de l’homme d’affaires Bernard Maigrot. Elles réceptionnaient 70% des commandes de Tex Services. La chute de cette dernière entraîne donc Tara Knitwear et Rossana Textiles dans son sillage.
Mercredi, plusieurs réunions ont eu lieu. Et le message n’est pas particulièrement réjouissant. 

« Nous n’avons donné aucune garantie aux travailleurs. Les compagnies ne sont cependant pas sous administration judiciaire. Nous avons été nommés par le conseil d’administration car il pense que nous pouvons encore sauver le business en trouvant une solution pour sortir de l’impasse », explique Afsar Ebrahim. Quelques jours seront nécessaires aux deux administrateurs pour faire une évaluation plus ou moins précise de la situation. « Nous saurons d’ici vendredi où nous en sommes après avoir évalué le stock, le carnet de commandes et pris connaissance des créanciers et des dettes », avance Afsar Ebrahim.

Son partenaire, Georges Chung, précise : « Nous connaîtrons la situation exacte d’ici vendredi et nous serons en mesure de prendre une décision lundi ». 

Concernant les salaires non payés, ils disent être compatissants. « Nous comprenons la tragédie humaine. Donnez-nous 48 heures pour que nous puissions au moins débloquer les salaires ». Durant la rencontre que les administrateurs ont eue avec des représentants des travailleurs, il a été question d’un paiement partiel des arrérages sur les salaires.

« Tout le monde a espoir de sortir de cette impasse. La paie, c’est un problème humain et on a un devoir moral de trouver une solution », renchérit Georges Chung. Si les administrateurs affirment qu’une solution sera trouvée, les salariés sont plus sceptiques. « Ils ont admis qu’ils n’ont pas de fonds. Mais comment vont-ils nous payer et où vont-ils trouver de l’argent ? On a des emprunts à payer », dit Farouk Sorefan.

Il demande l’intervention du gouvernement. « Nous avons déposé une plainte au ministère du Travail le 5 juillet. Les cadres enquêtent, nous ont-ils dit. Demain on a rendez-vous au bureau du Travail. Est-ce que c’est pour rien ? », rajoute-t-il.

Sarita Cheetamun a dédié 27 ans de sa vie à la compagnie. « Aujourd’hui, on est dans une situation très décevante. On ne s’y attendait pas. Comment les administrateurs vont-ils s’y prendre pour faire fonctionner la compagnie ? Nous ne sommes pas convaincus. »

Le syndicaliste Faizal Ally Beegun, qui s’est rendu sur place, déplore l’inertie des autorités devant les multiples fermetures d’usines de textile depuis le début de l’année. Tex Knits, Tex Washing, Palmar, Texto,et maintenant Tara Knitwear. La liste commence à devenir très longue. « Combien de temps le gouvernement va-t-il rester à ne rien faire », se demande-t-il.

Tara Knitwear compte plus de 500 salariés. Parmi, 207 Mauriciens, environ 300 Bangladais, une cinquantaine de Malgaches et cinq Indiens.

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