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Tania Abellard : «Passe-temps» ou l’art du tissage africain

Tania Abellard Chacune de ses pièces est faite à la main et unique.

Un simple passe-temps se transforme parfois en passion qui devient un métier. Tania Abellard manie avec dextérité l’art du tissage. C’est, ainsi, que la jeune femme, qui se spécialise dans les créations de macramés africains, a lancé « Passe-temps », l’année dernière.

Nouer des fils est un jeu d’enfant, mais les transformer en œuvres d’art demande de la créativité et de l'imagination. Amoureuse de mode, d’art et d’artisanat, Tania Abellard, 28 ans, a toujours été portée par la créativité. « Je peignais des tableaux dès que j’avais l’occasion, mais je ne me considérais pas comme une artiste. Je peignais simplement par amour et je bricolais ça et là », confie Tania. Elle ne sait pas, alors qu’elle a du talent…

Après ses études secondaires, elle intègre une entreprise comme ‘graphic designer’, mais elle se lasse vite, car cela ne lui permet pas de donner libre cours à sa créativité. C’est, lorsqu’elle emménage avec son petit ami que Tania se laisse aller à la création. « Je devais décorer les pièces et c’est en faisant des recherches que je suis tombée sur un macramé ». Séduite par ce qu’elle découvre, elle conçoit de petits modèles de macramé. « Ils ont eu un succès fou sur Facebook et mes amis en redemandaient. C’est tout cela qui m’a poussé à lancer ‘Passe-temps’ ».

Je ne suis pas de celles qui s'endorment sur leurs lauriers, je suis, sans cesse, dans un processus de création».

Emportée par la frénésie de la création, Tania passe ses journées à fabriquer des décorations murales. Elle crée sa page Facebook, son logo et photographie ses créations. « Je ne voulais rien laisser au hasard, afin que les gens intéressés constatent le professionnalisme de mon travail. » Ses décorations sont uniques et fait-main. Il y a un mois et en quête d’originalité, Tania décide de s’essayer au macramé africain. « Cela demande plus de trains, les nœuds sont plus petits et les détails épurés ». Pour cela, elle utilise du fil aussi fin que la ficelle et dans une variété de couleurs. Les secondes, les minutes et les heures défilent, lorsque l’artiste se met à l’œuvre.

Un travail minutieux et parfait

En effet, elle se fait un devoir de prendre une semaine au minimum pour chaque commande en vue d’un travail minutieux et parfait. Ses œuvres peuvent mesurer jusqu’à deux mètres de largeur et de hauteur. Sans prendre toute la place, l’œuvre remplit la pièce et ajoute de la texture. Accrochée au mur, elle l’habille magnifiquement et elle peut, aussi, servir de rideau, alors qu’au sol, elle se mue en un élégant tapis. « J’aime la versatilité de ce produit », confie Tania. C’est, d’ailleurs, grâce à cela qu’elle parvient à asseoir la dimension artistique de ses créations.

Durant ces derniers mois, les commandes ont afflué de toutes parts. Elle a, aussi, eu l’opportunité de partager sa passion, lors d’un marché de Noël au Café de la Presse et au pop-up store Spécial St-Valentin à Rivière-Noire en février. « J’ai pu donner des cours de macramé bénévolement à une vingtaine de personnes sur la plage à l’occasion de ‘Tamarin by foot’. » Plus récemment, Tania a participé au Full Moon Party Music & Art Festival. Sa passion prend une autre tournure récemment, lorsqu’elle est contactée par la directrice de Lexia Delices pour une éventuelle collaboration. « Plusieurs personnes m’avaient référé à elle et elle m’a proposé de confectionner un "backdrop" pour des photos shoots de nouveaux mariés. » Un concept auquel, elle adhère immédiatement.

Métier et échappatoire…

« Je ne suis pas de celles qui s’endorment sur leurs lauriers, je suis, sans cesse, dans un processus de création. Maintenant, que j’ai trouvé ma voie, c’est facile de pouvoir me réinventer », souligne Tania. « Je passe mon temps à innover encore et toujours, d’où l’idée du nom ‘Passe-temps’. J’ai des visions à long terme et je souhaite étendre mes services en proposant d’autres types de décorations intérieurs 'hand-made'. » Aujourd’hui, « Passe-temps » est plus qu’un simple passe-temps, c’est son gagne-pain, son univers et parfois son échappatoire. « Pour le moment, j’ai décidé d’enchaîner les commandes, mais pendant les deux prochains mois, je laisserai parler mon imagination pour créer des lampes, des centres de table ou encore des hamacs », soutient-elle.