Tahir Wahab, observateur économique : «La baisse tant attendue des prix du carburant semble compromise»
Par
Christina Vilbrin
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Christina Vilbrin
Ce week-end a été marqué par une intensification des attaques et des tensions au Moyen-Orient. À quelles répercussions faut-il s’attendre ?
La première conséquence d’une guerre reste toujours humaine, avec son lot de tragédies et de pertes en vies. Mais les impacts économiques peuvent également être majeurs. On observe déjà des perturbations dans les voyages et les transits dans cette région. Le commerce international peut aussi être affecté, car 20 % des exportations mondiales de pétrole transitent dans le détroit d’Ormuz.
Si ce conflit dure dans le temps, le prix du baril pourrait dépasser les 100 à 150 dollars comme l’appréhendent des experts. Il faudra s’attendre aussi à une hausse du prix des billets d’avion car les compagnies aériennes sont contraintes d’éviter les zones à risque. À l’échelle mondiale, une hausse du pétrole entraînera une augmentation du prix des carburants, avec un effet en chaîne sur de nombreux biens et services.
Maurice, en tant qu’importateur net, risque d’être affecté. Dans quelle mesure ?
L’impact se fera d’abord sentir sur les produits pétroliers, puisque le pays dépend entièrement des importations de carburant. Toute hausse aura un effet domino sur les autres produits en vente dans les supermarchés, les pharmacies, les quincailleries…
Il faudra aussi s’attendre à augmentation du fret maritime. Car même si certaines routes maritimes asiatiques ne sont pas directement perturbées, une grande partie du commerce mondial transite par le Moyen-Orient. Les importations du pays risquent de coûter plus cher.
Les consommateurs vont donc payer le prix fort…
Malheureusement, oui. En période de tensions internationales, ce sont les consommateurs qui sont les plus grands perdants. Une hausse du prix du carburant alimentera l’inflation. En sus, si le dollar s’apprécie, cela accentuera encore la pression inflationniste à Maurice. Toutefois, le pays peut aussi tirer parti de l’instabilité actuelle au Moyen-Orient pour attirer des investisseurs cherchant à diversifier leurs placements. Maurice demeure une plateforme crédible et stratégique pour capter ces flux d’investissements.