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Swaleha Joomun: «Je ne me sens pas en sécurité»

N’avez-vous pas le sentiment d’être utilisée à des fins politiques ? Je ne le pense pas. La dernière fois que j’avais réclamé l’aide du gouvernement pour faire la lumière sur cette affaire, Navin Ramgoolam était Premier ministre. Il n’a rien fait. J’ai parlé à d’autres leaders politiques. Toujours rien ! Pendant 19 ans, j’ai été seule à mener ce combat. Aujourd’hui, j’ai le soutien de mes filles. Elles veulent aussi connaître la vérité. D’ailleurs, j’ai décidé de ne plus solliciter l’aide des politiciens. Le gouvernement actuel n’a rien à voir avec cette affaire, qui concerne la police et le judiciaire. C’est une coïncidence si sir Anerood Jugnauth a lancé une pique à Shakeel Mohamed en évoquant l’affaire Gorah-Issac. Ils ont l’habitude de s’entre-déchirer. Je n’y suis pour rien. Vous aviez échangé des e-mails avec Shakeel Mohamed alors qu’il était ministre. Lui réclamiez-vous de l’argent, comme il l’avance ? En envoyant ces mails, je voulais tester l’honnêteté de Shakeel Mohamed. Allait-il ébruiter ou garder ces courriels secrets ? C’était une stratégie visant à le faire réagir. J’ai juste suivi mon intuition. Je laisse la police faire son travail. Shakeel Mohamed est en train de politiser l’affaire. Moi, je suis en quête de justice. Ces e-mails ne sont pas compromettants. Je suis aussi prête à me défendre. Pas sur la place publique, mais en cour. Certains mettent en doute votre crédibilité. Regrettez-vous d’avoir fait, dans votre quête de la vérité, des choses qui jouent contre vous aujourd’hui ? Comme on dit, les chiens aboient… Je n’ai pas à me justifier. Je rappelle que depuis 19 ans, je mène seule le combat pour qu’on identifie enfin le cerveau de l’affaire Gorah-Issac. J’ai un but à atteindre. I don’t give a damn de ce que pensent les gens. Vous parliez de nouvelles preuves dans votre déposition au Central CID... Depuis des années, je cherche des preuves pour la réouverture de l’enquête. En avril, j’étais à Maurice pour cela. Les choses se sont accélérées quand Liyyakat Polin a été libéré en septembre. Il a dit des choses graves, selon moi. J’ai écrit au commissaire de police. Je voulais consigner une déposition le 26 octobre, qui est une date symbolique pour moi. Hélas, ce n’est que récemment que j’ai pu le faire. Ce que j’ai dit est resté secret. Il y a des spéculations, mais j’ai confiance dans la police, qui fait son travail. Pensez-vous que la lumière sera faite sur cette affaire ? Si Dieu le veut. Déjà, la réouverture de l’enquête est une victoire pour moi. La vérité finira par éclater au grand jour. C’est comme une chaîne. Les maillons faibles finiront par craquer. Trois semaines de cela, l’affaire Gorah-Issac était aux oubliettes. Ma déposition a permis la réouverture du dossier. Maintenant, j’attends que l’affaire arrive en cour. J’ai tant de choses à dire. Il y aura des larmes, mais aussi la victoire. Quelle sera votre prochaine démarche ? En ce moment, je ne me sens pas en sécurité. D’ici lundi, j’adresserai une lettre au commissaire de police pour qu’on assure ma sécurité une fois à Maurice, car j’envisage de revenir. Les menaces proférées par certains me font peur, mais cela ne me fera pas reculer.

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