Suspension d’une employée de la MCB - Rama Sithanen : «On cherche à salir mon nom»

Par Christina Vilbrin
Publié le: 19 février 2026 à 13:30
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Rama Sithanen dénonce une atteinte à son intégrité.

Depuis lundi, des messages WhatsApp et des captures d’écran circulent, pointant du doigt Rama Sithanen, ancien Gouverneur de la Banque de Maurice, d’avoir orchestré des représailles contre Deepshikha Gowreesunker, employée de la Mauritius Commercial Bank (MCB). Les échanges, attribués à Rama Sithanen et à Ashvin Deena, haut cadre à la MCB, ont provoqué une vive polémique. Face à ces allégations, Rama Sithanen réagit avec fermeté. 

Pour l’ancien Gouverneur de la Banque de Maurice, ces allégations visent « à induire en erreur le grand public et à salir mon nom et ma réputation en tant que Gouverneur ». « Elles ont également été conçues de manière malveillante pour donner l’impression que j’étais responsable et déterminant dans la mise en place d’un comité disciplinaire à l’encontre de Deepshikha Gowreesunker et dans sa suspension, dans le cadre d’un complot vindicatif lié à l’affaire Menlo Park », déplore Rama Sithanen. Il affirme que cette campagne vise uniquement « à ternir sa réputation tant au niveau local qu’international ». 

L’ancien Gouverneur se dit « stupéfait » par ces révélations et dénonce « l’atteinte injustifiée à son intégrité professionnelle et personnelle ». « Ces accusations ont totalement fabriquées, profondément fausses et mensongères. Elles sont malveillantes, odieuses, dénigrantes, moqueuses, diffamatoires et vexatoires, visant purement et simplement à me causer un préjudice immense, à tous égards. Elles ne résistent pas à l’examen minutieux du point de vue juridique », soutient Rama Sithenen. 

Il faut aussi ressortir que de de nombreux articles ont été publiés sur « la manière dont 1 million de dollars de fonds publics a été détourné de la Mauritius Investment Corporation (MIC) au profit de Menlo Park, et sur la manière dont ces fonds ont été utilisés après avoir été crédités sur un compte bancaire ». Et de conclure : « Et la MCB est co-défenderesse dans certaines de ces affaires judiciaires. Celles-ci ont été largement diffusées ».

Les 20 points mis en avant par Rama Sithanen

  1. Je n’ai jamais échangé aucun message WhatsApp avec Ashvin Deena pendant toute ma période en fonction en tant que Gouverneur de la Banque de Maurice (du 15 novembre 2024 au 30 septembre 2025).
  2. Je ne lui ai ni envoyé de message WhatsApp, ni ai-je reçu de message de sa part durant mon mandat.
  3. Je ne me rappelle pas lui avoir envoyé un email ni lui avoir parlé durant cette période.
  4. Je ne l’ai jamais rencontré en aucune capacité officielle pendant ce laps de temps.
  5. Je ne connais pas Deepshikha Gowreesunker et je n’ai jamais parlé d’elle à Ashvin Deena ni à quiconque à la MCB.
  6. Même si j’avais connu Ashvin Deena dans ma précédente fonction en tant que Chairperson et Directeur du groupe Apex à Maurice et de son rôle à la MCB dans le suivi du global business, je n’ai eu aucune communication avec lui pendant mon mandat de Gouverneur, et encore moins concernant le cas de Deepshikha Gowreesunker ou toute sanction supposée la concernant.
  7. Je n’étais pas au courant que la MCB avait ouvert une enquête contre Deepshikha Gowreesunker en mars 2025. 
  8. Je ne sais pas si Ashvin Deena faisait partie du top management à l’époque des faits et s’il siégeait au comité de très haut niveau de la MCB. 
  9. Il est très improbable qu’Ashvin Deena soit responsable d’une telle affaire disciplinaire.
  10. Il est également très improbable qu’Ashvin Deena ait l’autorité pour traiter ce dossier ou émettre une lettre comme allégué.
  11. Les seules personnes à la MCB avec lesquelles j’ai été en contact durant mon mandat sont essentiellement M. Hebraud et M. Tulsidas, et à quelques reprises M. Ng Tseung, et cela strictement dans le cadre de nos fonctions respectives de régulateur et de banque réglementée.
  12. J’ai échangé des messages WhatsApp avec M. Hebraud et M. Tulsidas sur des questions bancaires et financières, et je ne me suis jamais présenté comme « Gouverneur ». Je signe habituellement « Rama »  ou « Rama Sithanen » comme nom d’auteur dans mes communications, mais jamais « Gouverneur ».
  13. J’ai rencontré M. Hebraud, M. Tulsidas et M. Ng Tseung à quelques occasions durant mon mandat, soit à la Banque de Maurice, soit à la Mauritius Bankers Association ou à des événements sociaux.
  14. Je n’ai jamais évoqué la question de Deepshikha Gowreesunker avec aucun d’entre eux, ni officiellement, ni en privé, ni par WhatsApp, ni par email, ni par téléphone, ni en personne.
  15. Un aspect totalement illogique est : pourquoi, en tant que Gouverneur de la Banque de Maurice, aurais-je parlé à un « officer » de la MCB « who is on a lower stratum » (Ashvin Deena) alors que j’aurais pu utiliser ma position pour directement m’adresser au plus haut niveau de la banque ?
  16. Je tiens également à préciser que je n’avais que très peu de contacts WhatsApp à la Banque de Maurice.
  17. Je communiquais habituellement avec les autres officiers en personne dans mon bureau ou par téléphone via mon secrétaire, de manière strictement professionnelle.
  18. Il est donc totalement improbable que j’aie pu envoyer par erreur des messages WhatsApp « faux » à un prétendu officier anonyme de la Banque de Maurice. 
  19. De plus, lorsque j’envoie des messages aux quelques officiers avec lesquels j’ai des échanges réguliers, je ne signe jamais « Gouverneur », seulement « Rama » ou « Rama Sithanen ».
  20. Ce qui est encore plus troublant et mystérieux, c’est la raison pour laquelle cette accusation sordide est révélée au grand jour aujourd’hui et non au moment où les échanges présumés ont eu lieu en mars 2025.

Bruneau Laurette réclame une enquête indépendante

À la suite de la suspension d’une employée de la Mauritius Commercial Bank (MCB), l’activiste Bruneau Laurette a adressé, ce lundi 16 février, une lettre à plusieurs destinataires, dont le conseil d’administration de la MCB, la MCB Employees Association, la Gouverneure de la Bank of Mauritius, le ministère du Travail et d’autres parties concernées.

Au centre de cette affaire se trouve Deepshikha Gowreesunker, employée de la MCB suspendue en mars 2025 avant d’être licenciée le 31 décembre de la même année. Dans sa missive, Bruneau Laurette affirme que ces éléments soulèvent de « sérieuses interrogations quant au respect des principes de bonne gouvernance, d’indépendance institutionnelle et de procédure régulière ». Il demande une révision urgente de la suspension de Deepshikha Gowreesunker en vue de son intégration à la banque, le lancement d’une enquête indépendante et l’intervention des autorités compétentes « afin de vérifier si des manquements aux normes réglementaires ou au droit du travail ont pu être commis ».

L’activiste insiste sur l’importance de préserver l’intégrité des institutions financières, rappelant le rôle central de la MCB dans le système bancaire mauricien. Selon lui, toute allégation d’abus de pouvoir ou d’ingérence, si elle était confirmée, constituerait une atteinte grave à la confiance du public.

La MCB répond à Bruneau Laurette

Dans un email daté du mercredi 18 février, la MCB a indiqué avoir accusé réception de la correspondance de Bruneau Laurette. Selon le message transmis par Jean Michel Ng Tseung, Chief Executive de MCB Group Ltd, « les points soulevés ont été pris en considération et sont examinés selon les procédures établies de gouvernance et de révision de la banque ». Le groupe précise, toutefois, que, pour des raisons de confidentialité et afin de respecter la procédure, il ne peut pas commenter des cas ou allégations individuels.

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