Economie

Suspension du Rwanda de l’AGOA : une aubaine pour les Mauriciens exportant vers les États-Unis ?

textile En matière d’exportations textiles vers les États-Unis, le Rwanda n’est pas un concurrent direct pour Maurice.

Depuis début août, le Rwanda ne bénéficie plus des avantages prévus par l’African Growth and Opportunity Act et relatifs à l’exportation de vêtements aux États-Unis. Les exportateurs mauriciens pourraient-ils en tirer profit pour grignoter des parts de marché ?

L’African Growth and Opportunity Act (AGOA) offre aux pays africains un accès en franchise de droits au marché des États-Unis depuis le début des années 2000. Le président américain Donald Trump a décidé de suspendre le Rwanda de la disposition de cette loi relative à l’exportation de vêtements. Qu’est-ce que cela implique pour les opérateurs mauriciens ? Certains en profiteront-ils pour augmenter leurs parts sur le marché américain ?

Maurice Vigier de La Tour, industriel mauricien et président de la Mauritius US Business Association, estime que la suspension du Rwanda des avantages de l’AGOA est négligeable. Ce pays africain, explique-t-il, exporte pour environ USD 1,5 million de produits textiles vers les États-Unis, alors que Maurice en exporte plus de USD 130 millions vers les states. « Le Rwanda n’est donc pas un concurrent direct pour Maurice, comme c’est le cas pour Madagascar, le Kenya ou encore l’Éthiopie », soutient l’industriel.  

Avis partagé par Emmanuel Tsang Mang Kin, Chief Executive Officer du groupe Tamak. « Comparées aux exportations de Maurice vers les États-Unis, celles du Rwanda sont très peu. De ce fait, la suspension de ce pays africain de l’AGOA n’aura pas d’impact majeur sur la part du marché que détient les exportateurs mauriciens », fait-il valoir.

Même son de cloche du côté d’Ajay Beedassee, directeur de GNP Wear Ltd. «  Nous sommes très bien positionnés aux États-Unis en matière de textile. D’ailleurs, nous détenons déjà une part du marché assez élevée. La suspension du Rwanda de l’AGOA ne fera donc pas de grande différence pour les exportateurs mauriciens », souligne le directeur. Néanmoins, dit-il, cette suspension peut quelque part être un « blessing in disguise » pour certains. « Les commandes que recevait le Rwanda pourraient être dirigées vers Maurice ou vers Madagascar. Attendons voir… » conclut Ajay Beedassee.