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Suspension de vols depuis ce jeudi matin - Omicron : les voyages entre la France et Maurice annulés

L’aéroport SSR va-t-il à nouveau se vider ?

L’inscription de Maurice sur la liste « rouge écarlate » par le gouvernement français rend extrêmement difficiles les déplacements de et vers Maurice à partir de la France et de La Réunion depuis jeudi matin. 

Un sale coup pour le secteur touristique, pour lequel la France (dont fait partie La Réunion), est de loin le prochain marché émetteur de touristes, mais aussi pour les Mauriciens qui avaient prévu de s’y rendre ou d’y transiter. Les voyages sont annulés dans la majorité  des cas sauf pour  des résidents français, des  membres du corps diplomatique, ou encore des ressortissants européens, qui doivent se rendre en France. 

Depuis ce jeudi matin, « le déplacement vers Maurice sera rendu quasi impossible » depuis la France et de La Réunion, pour reprendre les mots du directeur du cabinet du Préfet de La Réunion, Ottman Zair, interrogé sur le plateau du JT de 19 h 30 d’Antenne Réunion. Cette mesure est imposée jusqu’à nouvel ordre et pourrait être également appliquée par d’autres pays de la zone Europe dans un avenir proche.

Mercredi, en fin d’après-midi, le gouvernement français a annoncé qu’elle impose des mesures très strictes sur les déplacements entre la France et Maurice. Son porte-parole, Gabriel Attal, a annoncé la création d’une nouvelle catégorie, « rouge écarlate ». Maurice y a été incluse, avec neuf autres pays africains car, « on a des alertes sérieuses sur la circulation du variant Omicron dans ces 10 pays ».

Dans une déclaration après la réunion du Conseil des ministres du gouvernement français, jeudi après-midi, Gabriel Attal a indiqué que pour les 10 pays de cette liste, « un cadre très strict et drastique est mis en place. Seules les personnes de nationalité française, ressortissants européens, les membres du personnel diplomatique et navigant pourront rejoindre la France depuis ces 10 pays. Il n’y aura pas d’accès autorisé à des fins professionnelles, touristiques, familiales, d’études ou même de recherche ».

L’objectif de ces restrictions est de réduire au strict minimum le flux de voyageurs en provenance de Maurice et des autres pays classés « rouge écarlate ». La liste est composée de l’Afrique du Sud, où le nouveau variant très contagieux a été signalé ; le Lesotho, le Botswana ; Zimbabwe ; le Mozambique ; la Namibie ; l’Eswatini ; le Malawi ; la Zambie et donc aussi l’île Maurice.

Gabriel Attal prévoit que « ces personnes qui regagneront la France seront assez peu nombreuses ». Elles feront toutes l’objet d’un test à l’arrivée en sus de celui effectué moins de 24 heures avec le départ pour un examen rapide antigénique et de moins de 48 heures pour un test PCR. En cas de test négatif, ces personnes devront obligatoirement s’isoler dans le lieu de leur choix pendant sept jours.

En cas de test positif, elles seront placées dans un hôtel désigné pour une durée de 10 jours. Dans les deux cas, les isolements seront surveillés par des forces de sécurité avec le risque d’une amende équivalent à Rs 50 000 à Rs 75 000 en cas de non-respect. 

Le premier cas positif au nouveau variant sur le territoire français a été détecté mardi. Il s’agit d’un individu vivant à La Réunion. Il avait débarqué à Maurice le 19 novembre à 19 h 10 à bord du vol MK 852 en provenance de Johannesburg. Il avait pris le vol UU 105 à destination de La Réunion, le lendemain, à 18 h 20 . Son test était négatif au débarquement à Maurice. À son arrivée à La Réunion, il a été soumis à un nouveau test qui s’était de nouveau avéré négatif. Le 21 novembre, l’individu avait présenté des symptômes et le 22 novembre, son test était positif à la Covid-19.

Il revient que les autorités françaises n’excluent pas que ce passager ait pu être infecté à Maurice. Et c’est, entre autres, pour cette raison qu’elles ont décidé de ne prendre aucun risque.

Xavier-Luc Duval : « Le GM ment constamment au monde entier »

Pour le leader de l’opposition, cette inclusion de Maurice sur la liste rouge écarlate dressée par la France, mercredi, est « le résultat d’une combinaison d’un très fort taux de mortalité, caché par le gouvernement qui nous fait perdre en crédibilité, de la possibilité de la présence du variant Omicron sur notre sol et d’un système de détection lent avec des tests de séquençage qu’on reçoit après trois semaines ».

Il ajoute que le gouvernement mauricien « ment constamment au monde entier et à sa propre population. J’avais dit aux hôteliers que nous devions ouvrir avec des conditions soutenables. Nous n’avons pas suffisamment de médicaments, d’équipements et autres pour faire face ».
Xavier-Luc Duval rappelle que le marché français et réunionnais compte pour près d’un tiers du marché touristique de Maurice.

Maurice pris par surprise

Cette décision a pris le gouvernement mauricien par surprise. Durant la matinée, la France avait déjà décidé de placer Maurice sur la liste rouge. Mais ce développement ne devait pas inquiéter outre-mesure. Au niveau du High Level Committee sur la Covid-19, l’on devait affirmer que cela ne changeait rien pour les voyageurs vaccinés.

Interrogé, le directeur de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA), Arvind Bundhun, devait abonder dans le même sens. « Le communiqué émis par le ministère de la Santé français concerne les protocoles qui changent pour ceux qui ne sont pas vaccinés. Alors que depuis la réouverture des frontières, 99 % des Français que Maurice a accueillis sont vaccinés », devait-il préciser à la mi-journée. Pour ceux qui ne sont pas vaccinés, devait-il dire, les protocoles sanitaires restent les mêmes, par exemple, la soumission à des tests PCR.

Patrick Assirvaden : « Le GM doit rassurer les partenaires avec des actions concrètes »

Le président du Parti travailliste estime que le gouvernement mauricien « doit réagir très rapidement » à cette nouvelle donne. « On espère que le gouvernement réagira très vite pour que la destination mauricienne soit moins mal vue. D’autres pays pourraient emboîter le pas à la France. Le gouvernement doit réagir à travers des tests pour démontrer qu’Omicron ne circule pas ici, si tel est bien le cas », dira Patrick Assirvaden.

Il demande aussi que le High Powered Committee, présidé par le Premier ministre, Pravind Jugnauth, « réagisse très vite et envoie un signal très fort pour démontrer que nous n’avons pas notre place sur cette liste. Il ne faut surtout pas laisser cette situation perdurer. Surtout que nous sommes dans la haute saison touristique ».

Avec le marché sud-africain qui est déjà fermé et la France qui ferme ses frontières pour Maurice, « si d’autres pays européens suivent, ça va être très dur. Le gouvernement ne peut que répondre d’une manière sanitaire pour rassurer les partenaires avec des actions concrètes ».

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