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Surfacturation et pièces contrefaites à la CNT - Osman Mahomed : «Un véritable cas de daylight robbery !»

Par Le Défi Quotidien
Publié le: 24 avril 2026 à 12:00
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Tarifs du transport : Osman Mahomed évoque une révision des prix du bus et du métro reliant Curepipe et Port-Louis
Le ministre des Transports terrestres, Osman Mahomed, dit être tombé des nues à la lumière des révélations.

Des écarts de prix jugés extrêmes et des soupçons d’irrégularités dans l’achat de pièces détachées à la CNT ont été révélés au Parlement, alimentant de vives interrogations sur la gestion de l’organisme public. 

Les révélations faites au Parlement sur la Compagnie nationale de transport (CNT) mettent en lumière de graves irrégularités dans l’achat de pièces détachées, avec des prix fortement surévalués et des soupçons de pratiques abusives désormais sous enquête de la Financial Crimes Commission (FCC). 

Une question parlementaire de la députée Stéphanie Anquetil a permis de lever le voile sur ces dysfonctionnements. Lors de la séance du mardi 21 avril, le ministre des Transports terrestres, Osman Mahomed, a indiqué que des pièces détachées avaient été acquises à des prix allant de « plus de trois fois jusqu’à 25 fois leur valeur », certains cas pouvant atteindre « 60 fois le prix du marché ». Il évoque une gestion passée marquée par des pratiques de « mauvaise gestion et de corruption ». 

Selon les informations communiquées, plusieurs achats présentent des écarts importants par rapport aux prix du marché. Une liste partielle, accompagnée de pièces justificatives, a été déposée au Parlement, mettant en évidence des pratiques dites « abusives ». Les investigations ont également confirmé l’acquisition de pièces contrefaites, parfois facturées au prix de pièces authentiques, voire à des montants plus élevés. Ces éléments soulèvent des interrogations sur les procédures d’approvisionnement et les mécanismes de contrôle interne. 

Joint au téléphone, Osman Mahomed dit être « tombé des nues » à la lumière des éléments révélés. Il précise que ces constats découlent des démarches enclenchées après la question parlementaire de la députée Anquetil. « Je dois d’abord remercier la députée pour sa question. J’ai demandé à la direction de la CNT de nous fournir des documents », explique-t-il. 

Selon les informations de la direction, environ un cinquième de la flotte d’autobus est immobilisé en raison de pannes et de problèmes liés aux pièces détachées, alors que ces véhicules restent dans les limites d’âge autorisées pour être opérationnels. Le ministre rappelle avoir déjà alerté sur ces pratiques lorsqu’il était dans l’opposition, évoquant des tentatives passées d’empêcher certaines informations d’être portées au Parlement. 

S’appuyant sur les données du General Manager de la CNT, Harvin Soonarane, il affirme que plusieurs pièces ont été acquises à des prix allant de plus de trois fois jusqu’à 25 fois leur valeur. 

« Personne dans cette Chambre n’aurait pu imaginer qu’un article puisse être acheté 25 fois son prix normal. C’est un véritable cas de daylight robbery », dit-il dans sa réponse parlementaire. Une première liste de huit articles a déjà été déposée à l’Assemblée nationale, tandis qu’une seconde de 29 items est en cours de compilation, avec des écarts pouvant atteindre 60 fois le prix du marché. 

Le ministre souligne également le cas de pièces contrefaites, parfois achetées à des prix équivalents, voire supérieurs à ceux de pièces authentiques, notamment des vilebrequins acquis à Rs 365 000 l’unité contre un prix de marché estimé à Rs 89 600. Selon lui, ces pratiques expliquent en grande partie la situation opérationnelle et financière actuelle de la CNT. 

Enfin, Osman Mahomed révèle qu'un seul fournisseur, AV World Spare Parts Ltd, aurait bénéficié de contrats totalisant plus de Rs 380 millions entre 2020 et 2024, ce qui soulève davantage d’interrogations sur les procédures d’attribution et de contrôle. « Sur la base des prix abusifs payés, la CNT a dépensé des centaines de millions de roupies supplémentaires. Cet argent aurait pu être utilisé de manière plus judicieuse, notamment pour l’acquisition de nouveaux autobus au bénéfice du public », a-t-il fait ressortir.

Enter la FCC 

À la suite de ces révélations, le dossier a été confié à la Financial Crimes Commission (FCC). Le ministre souligne que l’ancien General Manager de la CNT, Rao Rama, a été formellement inculpé en décembre 2025 pour l’infraction de « Public Official Using Office for Gratification », en lien avec un contrat d’achat de pneus pour autobus. L’affaire a été référée au Directeur des poursuites publiques, selon un communiqué de la FCC daté du 22 décembre 2025. 

Osman Mahomed évoque également l’absence de dépôt des comptes financiers de la CNT pendant près d’une décennie avant 2025, une situation qui, selon lui, soulève « de sérieuses interrogations sur la transparence et la gestion interne de l’organisme ». La FCC poursuit par ailleurs ses investigations sur l’achat de pièces détachées suspectes, un dossier qui pourrait encore révéler d’autres zones d’ombre. Elle enquête notamment sur des pièces contrefaites acquises entre 2020 et 2024 et a repris l’ensemble des éléments liés à cette nouvelle affaire afin de faire toute la lumière sur les pratiques au sein de la CNT.

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Des documents officiels déposés au Parlement mettent en lumière des écarts de prix significatifs dans l’achat de pièces détachées par la CNT, avec des variations pouvant atteindre jusqu’à 60 fois le prix du marché. 
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