Mise à jour: 14 janvier 2026 à 14:00

Suppression de la Sunday Allowance - Khushal Lobine : «Je ne soutiens pas une suppression brutale et uniforme»

Par Javed Sobah

La suspension de la Sunday Allowance par le dernier rapport du Pay Research Bureau (PRB) a ravivé une colère profonde au sein de la fonction publique. Policiers, pompiers, infirmiers, agents pénitentiaires et autres travailleurs des services essentiels, mobilisés le dimanche pour assurer la sécurité, la santé et la continuité de l’État, dénoncent une décision vécue comme une injustice sociale majeure. Pour eux, cette allocation n’est ni un avantage ni un luxe, mais une reconnaissance minimale des sacrifices imposés par des horaires contraignants et une vie familiale souvent reléguée au second plan.

Dans un contexte de flambée du coût de la vie et d’érosion accélérée du pouvoir d’achat, la suppression de cette compensation apparaît comme une mesure froide, technocratique et déconnectée du quotidien des travailleurs. Les syndicats montent au créneau et réclament une réunion tripartite d’urgence, tandis que l’annonce d’un High Powered Committee par le gouvernement suscite plus de méfiance que de réassurance sur le terrain.

C’est dans ce climat de tension sociale que Khushal Lobine, député et leader des Nouveaux démocrates, a pris position publiquement via une publication sur ses réseaux sociaux. Refusant toute ambiguïté, il affirme que la Sunday Allowance relève d’un principe fondamental de respect, d’équité et de justice sociale. Dans cet entretien exclusif, il interpelle le pouvoir sur la cohérence entre les discours politiques et les décisions budgétaires, et défend une vision de l’État qui ne tourne pas le dos à ceux qui servent le pays pendant que la nation se repose.

Quelles actions concrètes pour empêcher la suppression ou obtenir un réaménagement de la Sunday Allowance ?
En tant que député de la majorité, mon rôle n’est pas de faire des déclarations spectaculaires, mais d’agir là où les décisions se prennent.

Concrètement, j’ai demandé que la Sunday Allowance soit maintenue en tenant compte que le gouvernement a mis sur place un High Powered Committee à cet effet.

Ma position est claire : je ne soutiens pas une suppression brutale et uniforme. Je plaide pour :

  • soit le maintien de l’allocation dans les services essentiels,
  • soit un réaménagement ciblé, fondé sur la réalité du travail dominical. Donc je suis à la disposition de ce High Powered Committee si on me demande de partager mes points de vue et propositions.

Les contraintes budgétaires justifient-elles de toucher aux travailleurs essentiels ?
La rigueur budgétaire est nécessaire, mais elle doit être équitable et intelligemment répartie.

Je ne pense pas que l’État doive chercher des économies prioritairement sur les agents qui assurent la continuité du service public le week-end.

Les efforts budgétaires doivent plutôt porter sur :

  • la rationalisation des dépenses administratives,
  • l’évaluation des projets à faible impact social,
  • une meilleure efficacité de la dépense publique,
  • avant de remettre en cause une compensation liée à des contraintes réelles de travail.

Concrètement, j’ai demandé que la Sunday Allowance soit maintenue en tenant compte que le gouvernement a mis sur place un High Powered Committee à cet effet. 

Le High Powered Committee : outil de dialogue ou simple temporisation ?
Le comité ne doit pas être un mécanisme dilatoire. Le dialogue et les consultations avec tous les stakeholders doivent primer. Ce High Powered Committee doit avoir 

  • un mandat clair,
  • un calendrier défini,
  • et une représentation réelle des secteurs concernés.

Je soutiendrai le processus de consultation et de dialogue tant qu’il reste sérieux et transparent.

Risque pour la continuité du service public les week-ends ?
Oui, ce risque existe, et il est réel.

Dans des secteurs comme la santé, la sécurité, les policiers et gardiens de prison ou les services d’urgence, le travail dominical n’est pas un choix, mais une nécessité structurelle.

J’ai attiré l’attention sur le fait qu’une suppression non compensée pourrait :

  • accentuer les difficultés de recrutement,
  • affaiblir la motivation,
  • et nuire à la qualité du service rendu au public.

C’est pourquoi je défends des solutions différenciées par secteur, plutôt qu’une mesure générale. D’ailleurs la Police Fighters Union, qui défend l’intérêt de la force policière, est en contact avec moi et, en tant que député et avocat, j’ai été sollicité pour des conseils dans leurs actions syndicales futures.

Jusqu’où irez-vous si la suppression est maintenue ?
Ma responsabilité première, en tant que député, est de sensibiliser et de faire entendre la voix des travailleurs affectés par cette décision lorsqu’elle pose un problème d’équité, pas de créer une polémique ou de faire de la sensation. J’ai toujours été cohérent dans mon approche quand il faut tirer la sonnette d’alarme sur des sujets comme les conditions de travail des policiers et aussi la pension universelle.

Je continuerai à œuvrer à l’intérieur de l’Assemblée nationale et en dehors pour obtenir des ajustements et des résultats concrets.

Si une mesure manifestement injuste devait être maintenue, je m’exprimerais clairement au sein de la majorité et demanderais une révision du dispositif.

Je crois au dialogue, à la discipline collective, mais aussi à la responsabilité individuelle des élus lorsqu’une décision affecte directement les travailleurs essentiels.

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