Supplementary Appropriation Bill : Ramgoolam dénonce une «fiscalité irresponsable» de Padayachy
Par
Jean-Marie St Cyr
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Jean-Marie St Cyr
Le Premier ministre Navin Ramgoolam a présenté sept crédits supplémentaires totalisant Rs 2,26 milliards pour l’exercice 2024-2025, accusant l’ancien ministre des Finances, Renganaden Padayachy, d’avoir grossièrement sous-estimé le déficit budgétaire, désormais établi à Rs 66,8 milliards.
Le Supplementary Appropriation (2024-2025) (No. 2) Bill, présenté par le Premier ministre, a suscité de vives réactions du Whip de l’opposition, Adrien Duval. Malgré plusieurs interruptions des membres de la majorité, le député du PMSD a pu mener à terme son intervention sur l’état de l’éducation tertiaire, grâce à l’arbitrage de la Speaker, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, qui a fait preuve de discrétion, comme le lundi 22 juin, afin de préserver le bon déroulement des débats budgétaires.
Présentant le texte, Navin Ramgoolam a expliqué que ce projet de loi vise à régulariser une dotation supplémentaire de Rs 2 264 416 000 au titre de sept postes de dépenses pour l’année fiscale 2024-2025, conformément à l’article 105(3) de la Constitution. Il a précisé que cinq postes ont dépassé les sommes votées, tandis que deux nouveaux postes ont été créés après les élections générales de novembre 2024.
Parmi les ajustements figurent : Rs 31,7 millions pour le Prison Service (allocation du dimanche), Rs 2,1 millions pour le nouveau Bureau de la Deputy Prime Minister, Rs 437,6 millions pour le Logement, notamment pour l’acquisition de terrains et le nettoyage de l’Île aux Bénitiers, Rs 1,4 milliard pour le nouveau ministère de l’Enseignement supérieur, Rs 325,6 millions pour les collectivités locales, Rs 69,6 millions pour les services d’incendie et Rs 515 000 pour le bureau du Parliamentary Counsel.
Revenant sur l’origine de ces ajustements, Navin Ramgoolam a accusé l’ancien ministre des Finances d’avoir présenté un Budget marqué par une fiscalité irresponsable. Le déficit s’est finalement révélé supérieur de Rs 40 milliards aux prévisions, atteignant 9,3 % du PIB contre 3,4 % annoncés, tandis que le ratio dette/PIB a grimpé à 88,5 %, loin de l’objectif promis.
Selon le Premier ministre, les graves difficultés financières auxquelles le pays est aujourd’hui confronté constituent la preuve manifeste de la manière imprudente et irresponsable dont l’ancien ministre des Finances a géré, « si tant est qu’il l’ait fait », les finances de la nation.
« C’est la situation dont nous avons hérité », a-t-il déclaré, affirmant que son gouvernement n’a jamais fui et ne fuira jamais ses responsabilités, tout en restant déterminé à assainir l’économie et les finances publiques afin d’assurer une croissance durable et inclusive.