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Super Cash Back Gold : à quand le premier paiement pour les victimes ?

Ils sont nombreux à attendre le premier paiement des tranches pour le Super Cash Back Gold.

Jean Yew Hin, bientôt 78 ans, habite Port-Louis et dit être victime du Super Cash Back Gold. Il avance que le National Property Fund avait pris l’engagement de lui payer le montant de Rs 900 000 en deux tranches. Le premier paiement était prévu pour le 15 décembre 2019. Il se plaint du fait que le NPF n’a pas tenu parole.

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En décembre dernier, un rassemblement a eu lieu au Rabita Hall, à Port-Louis,  lors duquel devait être annoncé que toutes les personnes dans la même situation que Jean Yew Hin allait être remboursées en plusieurs tranches, la troisième et dernière étant prévue pour 2021.Deux mois se sont écoulés depuis. Les victimes n’ont pas vu une seule roupie.

Intervenant dans le débat, Salim Muthy, porte-parole des victimes de ce crash financier, a mis les points sur les i : « Cette affaire demande une plus grande attention. Elle concerne aussi les clients de Bramer Asset Management, c’est-à-dire des investisseurs de la BAI. C’est un problème qui relève du sommet de l’État. C’est devenu un problème politique, social et maintenant légal. Avant les dernières élections, nous avons eu une rencontre avec des personnages hauts placés au bureau du Premier ministre. Nous avons eu trois réunions en une seule journée, à 9h00, 11h00 et 15h00. On a eu une nouvelle réunion le lendemain, soit le 31 octobre. Le 1er novembre 2019, qui était un jour férié, on a encore eu une réunion. Tout a été finalisé avec le gouvernement donnant son accord pour le remboursement en tranches».

Salim Muthy rappelle que des quantums ont été annoncés. « Tous ceux qui avaient investi moins de Rs 7 millions allaient être remboursés en deux tranches par le gouvernement, la première en décembre 2019 et la deuxième en juin 2020 »,a-t-il expliqué.

« Quant à tous ceux qui avaient investi plus de Rs 7 millions, ils allaient être remboursés en trois tranches, en décembre 2019, décembre 2020 et décembre 2021 », a-t-il poursuivi.

Le gouvernement a même annoncé que quelque 500 personnes qui ne sont pas inscrites, qui n’ont fait aucune demande, allaient elles aussi être remboursées. « On nous a demandé d’aider les personnes âgées à remplir les formulaires nécessaires. Enfin, ceux dont les capitaux avaient été déduits de 20 % allaient être remboursés intégralement ».

Depuis ces annonces, deux mois se sont écoulés. Aucun paiement n’a eu lieu.

Y a-t-il un problème institutionnel ?

Salim Muthy se demande s’il y a des soucis administratifs qui expliquent ce non-paiement. « Nous avons fait savoir au gouvernement que, s’il y a un problème institutionnel – l’on sait que le CEO du NPFL est décédé entre-temps – et que cela allait retarder le paiement, il n’y a pas de souci, nous comprendrons. Nous sommes disposés à même attendre un nouveau CEO. Mais deux mois se sont écoulés et l’on ne voit rien venir. Personne ne décroche le téléphone quand nous appelons. On ne reçoit même pas du courrier de leur part pour nous donner un update. Nous leur avons envoyé des e-mails, mais point de réponse. Aucune rencontre n’a eu lieu non plus. Blank total. Aucune lumière au bout du tunnel. Tous les ponts sont coupés. Il n’y a personne avec qui parler. Avant les élections, messieurs les conseillers au PMO prenaient bien les appels. Maintenant, ils ne répondent même pas aux messages ».

Salim Muthy précise que quand il a contacté le NPFL pour en savoir plus sur le dossier, on lui a répondu que le dossier avait été référé au ministère de la Bonne gouvernance. « Quand nous avons pris contact avec ce ministère, ils nous ont dit qu’ils ne détenaient pas toutes les informations. Which is which ? », se demande le travailleur social.

Il insiste pour qu’on ouvre la voie à un tunnel de communication. « Si des officiels ou le Premier ministre lui-même tenaient une conférence de presse pour dire qu’on ne pourrait aller de l’avant tant qu’un CEO n’était pas nominé, tout le monde comprendrait. Ce qui apaiserait pas mal. Ce manque de communication est bien grave », a-t-il déclaré.

Dans un souci d’équilibre, la rédaction, après avoir écouté Jean Yew Hin et Salim Muthy, a cherché à obtenir la réaction du NPFL. « Ces informations sont confidentielles et nous ne pouvons pas les traiter avec vous. Nous demanderons plutôt à la personne concernée de venir nous voir », nous a-t-on répondu par téléphone. Mais c’est un exercice que Jean Yew Hin a fait à plusieurs reprises sans que cela n’aboutisse à rien.

Rappelons que le lundi 3 janvier, Salim Muthy a réuni toutes les personnes concernées par cette affaire au centre social Marie, Reine de la Paix, à Port-Louis, dans un souci de leur donner les dernières informations.

 

 

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