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Suivant la mort du chanteur Kaya : Les leçons des évènements de 1999

Le syndicaliste Jack Bizlall et l’ancien président de la République, Cassam Uteem entourant Alain Laridon. Le syndicaliste Jack Bizlall et l’ancien président de la République, Cassam Uteem entourant Alain Laridon.

Février 1999. Année de la révolte. Le contexte à l’époque était marqué par un populisme dangereux sur la question du cannabis. Mais surtout l’abandon social subi par certains faubourgs du pays. Pour en tirer des leçons, le « Collectif de l’histoire », présidé par Alain Laridon a tenu un forum-débat le samedi 27 février, à Rose-Hill. Cela, avec pour intervenants le syndicaliste et l’ancien député, Jack Bizlall, et l’ancien président de la République, Cassam Uteem.

16 février 1999.  le Mouvement Républicain tient, à midi, une manifestation sous forme d’un concert pour la dépénalisation du cannabis à Rose-Hill. Kaya, le roi du reggae, avoue qu’il fumait un joint sur scène.

Le 18 février 1999, il est traduit en cour avant d’être détenu à la prison d’Alcatraz. Dans la soirée du 22 février 1999, Kaya meurt en cellule. Les circonstances floues entourant sa mort créent une révolte à Roche-Bois.

Du 22 au 26 février 1999, le bilan provisoire des émeutes qui secouent l’île Maurice : pillage, incendies, routes coupées, diverses institutions de l’État saccagées et mort d’hommes.


Jack Bizlall : «Les citoyens doivent savoir pourquoi ils descendent dans la rue »

Selon Jack Bizlall, la cause de la révolte en 1999 n’est pas le cannabis. Ces émeutes n’auraient pas eu lieu s’il y avait un créneau pour les revendications. Les dirigeants du pays auraient dû intervenir avec rationalité et mettre à la disposition de la population, une voie de sortie pour régler les problèmes.

Commentant les récentes manifestations, Jack Bizlall dira qu’il est essentiel que les citoyens sachent pourquoi ils descendent dans les rues. « Il est temps d’agir et de venir avec une autre façon de faire. Car nous sommes dans une période de questionnement couplée à la pression de la pandémie sur nos têtes. La mise en place d’une nouvelle Constitution pour redorer le savoir-vivre, le savoir-être et le savoir-faire auprès de la population est importante afin d’éviter les répétitions du passé », renchérit-il. Cela, tout en ajoutant que la leçon à retenir des émeutes de 1999 et de la bagarre raciale de 1967 est qu’il suffit d’une étincelle pour enflammer tout un pays. Ce forum-débat a pour objectif de constituer un noyau de personnes pour la rédaction d’une nouvelle Constitution républicaine avant les législatives de 2024.

« Nous prévoyons ainsi le lancement d’une radio en ligne le 6 mars, la tenue d’un programme d’échange d’idées à l’auditorium Octave-Wiehe le 13 mars et le 1er mai 2021, une analyse de notre société pour un changement de Constitution », conclut-il.


Cassam Uteem : « Il faut se poser plusieurs questions »

Selon Cassam Uteem, l’étincelle des émeutes de 1999 a été la mort de Kaya, mais le fond de la révolte de la population était contre les institutions de l’État. « Ce sont les sentiments de frustration d’être considérés comme des citoyens de 2e et 3e grade qui ont déclenché ces moments difficiles au pays », renchérit-il.

Quant aux rassemblements récents, il dira que la population et l’État doivent se poser les questions suivantes. Est-ce qu’il y a des discriminations ou plus de justice ? Est-ce que les citoyens sont considérés comme ceux de premier grade ? Est-ce qu’il y a une inclusion ? Quid de la pauvreté ? Est-ce les mêmes inactions pour les mêmes réactions ? Est-ce que la mentalité a changé ? « Comme pas grand-chose n’a été fait pour corriger cette injustice, s’il y a des répétitions aux conflits de 1963, 1968 et 1999 lors des manifestations, la situation sera encore plus grave. Les mêmes inactions apporteront les mêmes conséquences », conclut Cassam Uteem.

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