Suite à la menace des boulangers : le MLC propose d’ouvrir le marché à de nouveaux acteurs
Par
Defimedia.info
Par
Defimedia.info
La menace brandie par l’Association des propriétaires de boulangeries de suspendre leur production ce lundi, si le prix du pain n’est pas revu à la hausse, suscite de l’inquiétude. Le pain demeure un produit de première nécessité, consommé quotidiennement par toutes les couches de la société, et doit rester accessible à tous, insiste Haniff Peerun, président du Mauritius Labour Congress (MLC).
« Le gouvernement subventionne déjà les boulangers. Mais le pain doit rester abordable pour la population. Les prix demandés sont exorbitants et beaucoup de Mauriciens ne pourront pas suivre », déplore Haniff Peerun.
Actuellement, les boulangers réclament une augmentation du prix du pain maison de Rs 2,60 à Rs 4,78, tandis que le gouvernement proposerait un compromis à Rs 3,50.
Tout en reconnaissant les réalités économiques du secteur, Haniff Peerun insiste sur la nécessité d’un équilibre : « Nul ne peut continuer à exercer une activité commerciale sans réaliser de profit. Mais une question essentielle demeure : quelle est la marge de profit réelle dans ce secteur ? »
Selon lui, toute décision doit s’appuyer sur des données concrètes. « Avant de revoir les prix, il est indispensable de disposer d’une analyse claire des coûts et des pertes éventuelles », affirme-t-il.
Le syndicaliste s’interroge également sur l’ampleur réelle de la crise : « S’il y a effectivement des pertes, combien de boulangeries ont déjà fermé leurs portes ? », Une question qui met en évidence la nécessité d’une étude approfondie. « Cette analyse est cruciale pour orienter toute décision », ajoute-t-il.
Autre point soulevé : le rôle des grandes surfaces. « Comment les supermarchés parviennent-ils à vendre du pain au prix fixé par le gouvernement tout en offrant un emballage gratuit ? » questionne-t-il.
Au-delà du constat, Haniff Peerun propose plusieurs pistes pour éviter une rupture d’approvisionnement. Il plaide notamment pour l’octroi de nouveaux permis à des entrepreneurs souhaitant se lancer dans la boulangerie, afin de stimuler la concurrence et garantir la continuité de la production.
Il évoque aussi une implication accrue du secteur public : « La production de pain pour les hôpitaux et certaines institutions gouvernementales pourrait être envisagée, notamment via le service pénitentiaire », suggère-t-il.
Pour le président du MLC, encourager l’entrée de nouveaux acteurs sur le marché reste une solution clé. « L’ouverture du secteur peut contribuer à stabiliser l’offre et à éviter toute pénurie », conclut-il.