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Suite aux recommandations faites par l’OMS : le cannabis divise les politiciens

Utilisation du cannabis à des fins thérapeutiques. Le débat est relancé après que l’Organisation mondiale de la Santé a signifié son intention de déclassifier cette plante, jusque-là classée comme drogue dangereuse. Si cette nouvelle fait l’unanimité au sein de l’opposition, le gouvernement, lui, exprime toujours d’importantes réserves.

Il semble y avoir eu un consensus chez les différentes formations politiques de l’opposition pour l’adoption d’une nouvelle approche concernant le cannabis. Les recommandations faites par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) cette semaine, visant à placer le cannabis sous une législation moins sévère et être ainsi considéré comme une substance « moins nocive », réconforte les différents partis de l’opposition. Il faut dire que le Mouvement militant mauricien (MMM), le Parti Travailliste (Ptr), le Parti mauricien social démocrate (PMSD) et le Mouvement Patriotique (MP) ont, depuis quelques années, considérablement assoupli leurs positions sur la consommation du cannabis. Ils n’hésitent plus à prendre position sur la question. 

Avec la montée en flèche de plusieurs maladies à travers le monde, en particulier le cancer, l’utilisation de plantes telles que le cannabis sont plus que jamais à l’ordre du jour, fait ressortir le président de la commission santé du Mouvement militant mauricien (MMM), Satish Boolell. « On est, par exemple, en train de traiter des personnes à Maurice avec de la morphine, substance dérivée de l’opium, tout en assurant un contrôle quant à la prescription », fait-il ressortir. 

Manque de communication

Cependant, le médecin légiste dit déplorer le manque de communication des autorités mauriciennes concernant le cannabis thérapeutique. Il juge que cela demeure beaucoup trop vague. « J’aimerais, par exemple, avoir l’interprétation du terme thérapeutique par le ministère de la Santé, ainsi que par l’OMS », ajoute-t-il. Ce dernier rappelle qu’il ne faut pas oublier que le cannabis procure des effets euphoriques. « Il nous faut donc savoir quels sont les garde-fous à être mis en place », fait-il ressortir.

Le président du Parti Travailliste, Patrick Assirvaden, est d’avis qu’il faut bien commencer quelque part. « Il est temps d’avoir un nouveau regard sur le cannabis thérapeutique. Plusieurs pays à travers le monde ont commencé dans ce sens. Je souhaite que le parti qui dirige le pays adopte un nouveau regard sur le cannabis médical. Il nous faut avoir une réflexion sur le sujet et nous devons évoluer. » Cependant, il admet que la prudence est de mise, car il faut, malgré tout, avoir un cadre légal bien strict, même s’il s’agit du cannabis thérapeutique. Enfin, il considère que parallèlement, les lois sur les drogues dures doivent devenir encore plus sévères.

La position du PMSD, ces dernières années, est également on ne peut plus claire. En effet, les bleus se sont prononcés en faveur de la dépénalisation du cannabis, aussi bien que sur l’usage de cette plante à des fins thérapeutiques. « Je prends note que le comité d’experts de l’OMS a considérablement assoupli sa position concernant le cannabis. Les personnes souffrant de cancer et d’épilepsie en seront reconnaissantes », a fait savoir le leader des bleus, Xavier-Luc Duval, après avoir pris note des recommandations de l’OMS cette semaine. 

Même son de cloche pour le Mouvement Patriotique (MP). Son président, Alan Ganoo, précise que « cette annonce de l’OMS vient enrichir le débat et réconforte les personnes qui ont proposé la dépénalisation du cannabis. Il faut avoir un débat dépassionné sur la question, comme l’a recommandé Paul Lam Shang Leen, entre ceux qui sont pour et ceux qui sont contre ». Ce dernier soutient que le Premier ministre doit cesser de se montrer agressif concernant le cannabis.
Le Chief Whip, Bobby Hureeram, lance, quant à lui, un appel à ne pas laisser les esprits s’échauffer sur la question. « J’ai eu l’occasion de consulter le rapport. Il faut bien mettre en avant que l’OMS ne préconise pas la dépénalisation du cannabis, mais penche plutôt pour davantage de recherches sur la question. Lorsqu’il s’agit de cannabis thérapeutique, on est en train de faire référence à du cannabis, dont le THC ne dépasse pas 0,2 % », tient-il à faire ressortir. 

Le député du Mouvement socialiste militant (MSM) insiste une nouvelle fois sur le fait que le gouvernement est contre la dépénalisation. « Nous sommes en train de mener des campagnes contre la cigarette et un assouplissement de la loi sur le cannabis serait incohérente. Nous voulons encourager la jeunesse mauricienne à pratiquer du sport et à s’intéresser davantage à l’éducation, et non pas à aller fumer du gandia », conclut-il.