Interview

Sudesh Rughoobur député MSM: «Il faut des débats élargis avec la participation de l’opposition»

Quelles sont vos réserves sur ce projet de loi ? Il est important de préciser que la majorité des Mauriciens travaillent honnêtement et que tout le monde est d’accord pour traquer la minorité qui s’enrichit de façon illégale. J’ai exprimé mes réserves sur deux points. D’abord, le droit au silence. Si l’agence enquête sur la provenance des biens d’une personne qui a travaillé honnêtement durant des années, mais qui ne peut s’expliquer ayant perdu ses facultés mentales ou l’usage de la parole. Va-t-on l’obliger à parler ? Va-t-on procéder à la saisie de tous ses biens ? Une telle législation n’est pas simple. Il faut des débats élargis impliquant les partenaires sociaux, dont le Bar Council et l’opposition parlementaire. Pour moi, le droit au silence est sacré. L’autre point qui vous inquiète ? C’est le transfert de l’Asset Recovery Unit de la tutelle du Directeur des poursuites publiques à celle de la Financial Intelligence Unit. Certes, personne ne peut être juge et partie, mais dans ce cas, c’est l’institution qui a le pouvoir et non une personne. Je pense que sur cette question aussi, il faut poursuivre les discussions et non procéder à un transfert à la va-vite. C’est sûr que nous allons faire face à des problèmes à l’avenir. Un autre aspect sur lequel j’ai des réserves concerne la saisie des biens. Je suis d’accord avec Bashir Jahangeer sur ce point. Il faut bien définir le terme « unexplained wealth ». Comme présenté dans le projet de loi, sa définition prête à confusion. Ce projet de loi sera abordé lundi au bureau du Premier ministre. Quelle sera votre position ? Je ne suis pas du genre à changer d’opinion du jour au lendemain. J’ai toujours été constant. Je pense qu’il faut écouter les propositions de tous les partenaires sociaux, dont l’opposition parlementaire et prendre en considération tous les arguments valables.

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