Stéphane Chasteau de Balyon : «Je suis un mélange de rigueur et de créativité»
Par
Ajagen Koomalen Rungen
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Ajagen Koomalen Rungen
Stéphane Chasteau de Balyon, CEO d’Axess, est un dirigeant atypique. C’est un entrepreneur de formation, passionné d’automobile et adepte de l’innovation.
Racontez-nous votre parcours et comment vous êtes devenu CEO d’Axess ?
Je viens avant tout d’un background d’entrepreneur. J’ai créé et dirigé ma propre entreprise, j’ai beaucoup évolué dans l’univers des startups, puis dans des domaines très variés : communication, branding, online shopping, recrutement, blanchisserie industrielle, entre autres. Cette diversité m’a donné un regard différent.
Toujours assoiffé d’apprentissages, j’ai continué à évoluer et à gravir les échelons, notamment en ajoutant un MBA à mon parcours académique. J’imagine que mes employeurs ont vu en moi un candidat combinant formations et expériences diverses. Même si l’automobile était pour moi un univers nouveau, les objectifs restent identiques : structurer, optimiser et faire grandir des organisations. Cette capacité d’adaptation et cette vision transversale m’ont naturellement conduit vers le rôle que j’occupe aujourd’hui.
Quelles ont été les étapes les plus marquantes de votre carrière professionnelle ?
Même si j’aimerais laisser la période de la covid-19 derrière nous, lorsqu’on évolue dans un environnement lié à l’hôtellerie et à l’économie locale (dans lequel j’opérais à cette époque), cette période marque profondément. Elle a été un test majeur de résilience. On en sort plus fort, c’est une étape extrêmement formatrice dans une carrière. Lorsque je gérais mon agence de branding et de communication, les défis pour se différencier tout en restant rentable ont également été des moments très marquants. Construire une identité forte dans un marché concurrentiel forge le caractère entrepreneurial.
Selon vous, quelles compétences sont essentielles pour un leader ?
Comprendre l’humain. Quelle que soit l’industrie, le véritable défi est de faire travailler des personnes dans la même direction : motiver, structurer, organiser et donner du sens. Les finances, les stocks, les produits ou les services changent d’un secteur à l’autre, et des experts peuvent apporter leur contribution dans ces domaines. Mais le rôle clé du leader est de faire en sorte que l’équipe se passe le ballon pour marquer des buts. L’alignement humain est, selon moi, la vraie compétence stratégique d’un leader.
Quel est le plus grand défi que vous avez rencontré dans votre rôle de CEO ?
Faire évoluer l’organisation sans casser son équilibre. Avancer avec rapidité, mais sans précipitation. Transformer les processus, moderniser la culture, tout en maintenant la performance et la rentabilité. Le plus grand défi reste d’avancer vite, mais de manière structurée, en trouvant des solutions durables plutôt que des « quick fixes ».
Comment réussissez-vous à équilibrer vie professionnelle et personnelle ?
En se fixant des règles. Si l’on ne se donne pas de cadre, les deux mondes empiètent rapidement l’un sur l’autre. Avec l’expérience, on comprend aussi que trop de l’un ou trop de l’autre ne procure pas de satisfaction. Certains excès professionnels, menant même au burn-out, ont été pour moi des expériences très formatrices. Elles m’ont fait réaliser que l’équilibre entre les deux apporte non seulement plus de plaisir, mais aussi de meilleurs résultats.
Parfois, joindre les deux permet aussi d’optimiser son énergie : partager certaines passions avec son univers professionnel aide beaucoup.
Quels conseils donneriez-vous à un jeune Mauricien qui souhaite suivre une carrière similaire ?
Je ne me considère pas forcément apte à donner des conseils à qui que ce soit, mais je peux partager humblement ma perception. Rechercher la diversité, aimer les challenges et être passionné sont des éléments qui m’ont permis d’atteindre mes objectifs. Si l’on fait cela uniquement pour l’argent, on s’épuise rapidement. Il faut aimer ce que l’on fait et le faire avec engagement. Se former et accumuler de l’expérience est aussi essentiel. Avec discipline et constance, les choses se mettent souvent en place naturellement.
Axess est connu pour ses innovations. Quelles sont les dernières tendances que vous suivez dans votre secteur ?
Évidemment l’électrique, qui suscite encore beaucoup de débats, mais aussi une nouvelle vision de la mobilité : abonnements, nouveaux modèles de possession et plus de flexibilité d’usage. Nous suivons également l’intelligence artificielle appliquée à la gestion des stocks, à la prévision de la demande et à l’assistance client. L’avenir dépend beaucoup des données, de l’agilité et de l’optimisation.
Comment décririez-vous votre style de management ?
Je dirais que je suis un mélange de rigueur et de créativité.J’aime les processus clairs, les chiffres précis, les tableaux Excel bien structurés. Mais j’aime aussi penser différemment et sortir du cadre. Mon parcours à la fois créatif et analytique m’a appris à combiner deux éléments presque opposés : discipline et imagination.
Quelles sont vos sources d’inspiration au quotidien ?
L’homo sapiens pour sa complexité.L’entrepreneuriat pour son audace.La Formule 1 pour sa recherche permanente d’optimisation. Les leaders pour leur capacité à transformer des organisations complexes. Mais l’inspiration vient aussi beaucoup du terrain et des équipes, qui nourrissent ma compréhension de la réalité et me poussent à toujours chercher à améliorer les choses.
La pandémie a-t-elle changé votre façon de gérer l’entreprise ?
Difficile de dire non. Elle m’a appris qu’il faut parfois foncer et décider vite, tout en prenant des risques calculés.
Elle a aussi renforcé ma conviction que l’agilité et la solidité financière sont essentielles. On ne peut pas contrôler l’environnement, mais on peut toujours contrôler nos réactions.
Vous êtes un amateur de voitures. Quelles marques vous attirent le plus et pourquoi ?
J’ai une passion différente pour plusieurs marques. Range Rover pour le confort et la polyvalence. Peugeot pour le confort et le style. Suzuki pour son accessibilité et son efficacité. Ford pour son histoire et sa robustesse. Mazda pour son design et son professionnalisme. Mais il y a une voiture qui ne quittera probablement jamais mes rêves : la Ford Mustang Shelby GT500.
Parmi vos voitures, lesquelles considérez-vous comme vos « bestsellers » ou préférées ?
La Suzuki Swift est un modèle incroyable de résilience qui me fascinera toujours. Elle a prouvé son efficacité, son design et son positionnement prix. Tout y est.
La Mazda CX-5 est également un véhicule remarquablement réussi, combinant élégance, fiabilité et polyvalence.
On sait que vous aimez Land Rover et Jaguar. Qu’est-ce qui vous séduit dans ces véhicules ?
Qui vous a donné cette fausse information ? J’aime toutes nos marques.Mais il est vrai que mes fonctions me conduisent souvent à rouler en Range Rover. Ce sont des véhicules exceptionnels, avec un confort difficilement égalé, une histoire forte et une notoriété incontestable. Difficile de ne pas y être sensible.
Vous avez aussi un intérêt pour Peugeot. Quelles qualités appréciez-vous dans cette marque ?
Décidément… Vous avez des informations étonnantes. Vous avez pris une photo de mon garage ? Plus sérieusement, Peugeot offre un confort que l’on trouve rarement ailleurs, et son design reste très distinctif. Les nouvelles marques apportent beaucoup de dynamisme, mais Peugeot conserve une signature très forte.
Si vous deviez choisir une seule voiture pour la route mauricienne, laquelle serait-ce et pourquoi ?
Un SUV, sans hésiter. Pour sa polyvalence, sa garde au sol, son confort, son espace de chargement et sa capacité à s’adapter aux routes mauriciennes.
Pensez-vous que les voitures électriques et hybrides seront bientôt la norme à Maurice ?
Elles vont certainement progresser. Mais leur adoption dépendra de plusieurs facteurs : l’infrastructure, le coût total de possession, la valeur de revente et les politiques publiques. Comme ces technologies sont encore relativement jeunes, certaines questions restent ouvertes. La transition sera donc probablement progressive et pragmatique.
Comment combinez-vous votre passion automobile avec votre quotidien de CEO ?
J’ai la chance de travailler dans un domaine qui me passionne. J’apprends tous les jours et je le fais avec envie.
Cette passion nourrit ma vision stratégique, alimente ma curiosité et me permet de découvrir constamment de nouvelles choses.
Avez-vous des souvenirs mémorables liés à vos voitures ?
Toutes mes premières voitures ont une valeur émotionnelle particulière.La première que j’ai conduite : une Mitsubishi Colt de 1986. Ma première voiture à 18 ans : une Peugeot 306 ST. Ma première voiture en Australie : une Mitsubishi Verada Xi 3.5L V6. Ma première voiture en tant que salarié à Maurice : une Ford Focus. Ma première voiture chez Axess : une Range Rover Velar. Chacune représente une étape importante de ma vie.
Selon vous, quelles sont les tendances actuelles à Maurice dans le secteur automobile et business ?
Nous sommes dans une période d’essai. De nombreuses nouvelles marques arrivent sur le marché, et les consommateurs se divisent entre ceux qui veulent tester la nouveauté et ceux qui préfèrent rester fidèles à des marques établies.
Avec le temps, lorsque ces nouvelles marques auront construit leur réputation et leur historique, nous verrons si le marché se dirige vers ces nouveautés ou si les consommateurs reviennent vers des marques plus traditionnelles.