Stephane Chasteau de Balyon, CEO d’Axess : «Les investisseurs ont besoin de visibilité»
Par
Ajagen Koomalen Rungen
Par
Ajagen Koomalen Rungen
À l’approche du Budget 2026-2027, quatre axes me semblent déterminants pour la compétitivité, la stabilité sociale et la capacité de croissance à long terme du pays.
« Notre petite taille peut être soit une faiblesse, soit un avantage extraordinaire — tout dépend de notre capacité à nous adapter avec agilité. Notre positionnement géographique est un atout structurel qui ne disparaîtra pas. Mais les atouts seuls ne suffisent pas. Ce budget est une opportunité de poser les fondations d’un Maurice plus compétitif, plus autonome et résolument tourné vers l’avenir.
Maurice a construit, au fil des années, une réputation solide — comme destination touristique, comme place financière, comme lieu de vie. Ce capital est précieux et fragile. Le budget doit envoyer un signal clair : Maurice est un pays stable, prévisible, où il fait bon investir, entreprendre et s’installer. Je pense que nous gagnerions à simplifier davantage l’environnement des affaires — moins de bureaucratie, plus de lisibilité réglementaire — et à identifier de nouveaux relais de croissance pour une diversification économique plus profonde. Mais surtout, il serait sage d’éviter les changements trop brutaux qui risquent de semer l’inquiétude et de geler les décisions. Les investisseurs ont besoin de visibilité. Les évolutions progressives et concertées inspirent bien plus confiance que les ruptures soudaines. La stabilité n’est pas l’immobilisme — c’est la condition première de la confiance.
Notre dépendance aux énergies fossiles est un risque économique autant qu’environnemental. Nous gagnerions collectivement à développer massivement les énergies renouvelables, à encourager l’adoption des véhicules à faibles émissions, et à promouvoir l’autonomie énergétique des ménages et des entreprises. Permettre aux Mauriciens de produire leur propre énergie — via les panneaux solaires notamment — c’est leur redonner du pouvoir d’achat, réduire la pression sur le réseau national, et positionner Maurice comme un pays tourné vers l’avenir. L’écologie n’est plus un débat idéologique — c’est une réalité économique incontournable.
Nous aurions tout à gagner à simplifier l’accès au financement pour les PME et à structurer un écosystème qui permette aux talents de s’épanouir ici plutôt qu’ailleurs. Tout commence à l’école. Il est urgent de moderniser nos systèmes d’apprentissage pour former non pas aux métiers d’hier, ni même à ceux d’aujourd’hui, mais à ceux de demain. L’intelligence artificielle, les énergies vertes, le numérique — ce sont les compétences sur lesquelles Maurice gagnerait à miser. Un pays qui forme ses enfants avec les outils du passé hypothèque son avenir.
Le trafic est un fléau du quotidien, mais je reste convaincu que c’est un problème largement soluble. Une politique ambitieuse de renouvellement du parc automobile — via une casse nationale bien structurée — permettrait, selon moi, de réduire simultanément la congestion, la pollution et les accidents, tout en modernisant l’image du pays. La fluidité des déplacements, ce n’est pas qu’une question de confort. C’est une question de productivité, d’attractivité et de moral collectif. Un pays où l’on circule bien est un pays qui fonctionne bien.