State Bank Holdings : la gestion de Sattar Hajee Abdoula passée à la loupe
Par
Rizwaan Khodabux
Par
Rizwaan Khodabux
Lors de l’assemblée générale de la SBM Bank Holdings, la démission du président, Sattar Hajee Adboula a été réclamée par certains actionnaires. Toutefois, à la SBM Tower, de nombreux directeurs et employés s’accordent à dire que depuis son arrivée, la banque connait des changements en profondeur.
D’emblée, des membres des différents comités s’accordent à dire que depuis son arrivée, il y a plus de « direction ». « C’est désormais plus simple et direct. Sattar Hajee Adboula a mis en place des comités stratégiques pour évaluer et implémenter les stratégies de la banque. Li pa zis coze. He is very action-oriented », disent-ils.
Des maldonnes, un conseil d’administration dysfonctionnel et conflits d’intérêts, autant de reproches faits par Bissoon Mungroo, un des actionnaires minoritaires de la SBMH présent à l’Assemblée générale la semaine dernière. Pour lui, Sattar Hajee Abdoula devrait démissionner de son poste. Il s’indigne notamment sur le montant de dividende accordé par action, soit 20 sous. De plus, estimant que des actionnaires n’ont pas obtenu des réponses à leurs questions dans l’affaire de la SBM Bank (Kenya), condamnée à payer plus de 7,5 millions de dollars à AfrAsia Bank, Bissoon Mungroo soutient que les petits actionnaires vont saisir la justice ainsi que l’opposition.
Et enfin, il est d’avis que le président de la SBM Holdings aurait enfreint la loi en allant personnellement à la rencontre d’un débiteur. Il estime que Sattar Hajee Abdoula ne peut s’appuyer sur le secret bancaire pour ne pas répondre à des questions sur le sujet.
Lors de l’assemblée générale de la SBM Holdings le 31 août dernier, une série de questions a été soulevée par des actionnaires.
Pertes de Rs 12 milliards
Dans l’entourage de Sattar Hajee Abdoula, on laisse entendre que les quelque Rs 12 milliards de pertes encourues à travers des prêts accordés par la SBM à des étrangers ne peuvent être mises sur le dos de celui-ci, du moins, pas dans son intégralité, étant un « héritage ». « À son arrivée en 2020, la plupart de ces prêts avaient déjà été octroyés et étaient déjà non performants. Sattar Hajee Abdoula et le nouveau conseil d’administration n'ont pu qu’endosser la responsabilité et tenté d’amortir la chute en s’assurant d’un bon niveau d’approvisionnement de ces prêts », fait-on comprendre.
Conflit d’intérêts
Le président de la SBM Holdings avait été interpellé sur le possible conflit d’intérêts dans l’affaire de prêts à risque de Rs 4,5 milliards aux frères Pabari en 2018. Si Sattar Hajee Abdoula,] a fait comprendre que ces informations étaient « confidential and privileged », au sein de la SBM laisse entendre qu’il ne s’agirait que d’allégations.
Le fait que les actionnaires aient reçu 20 sous comme dividendes par action est aussi sujet au critique. Or, à la SBM, on explique que sur une action de Rs 4 environ, 20 sous revient à 5 % de « return ». « D’abord, il faut tenir compte du fait qu’aucun dividende n’a été payé lors des deux dernières années. Ensuite, 5 % de return, c’est plus de deux fois le rendement d’un investissement dans un compte d’épargne. Sans compter qu’il y a aussi d’autres investissements qui doivent être faits au niveau de la Holdings », fait-on comprendre, précisant que le président adopte par la même occasion une approche prudente.
Malgré les nombreuses interrogations lors de l’assemblée générale, la nomination de Sattar Hajee Abdoula a été votée à la quasi-unanimité. « Il s’est adressé dans un langage qui soit accessible à tous pour la bonne compréhension des petits actionnaires. Il a répondu à tout un chacun. Certes, il n’y a pas eu que des heureux, mais indépendamment de ce qui s’est passé, il est resté à l’écoute. En fait, même ceux qui se sont exprimés contre lui durant l’assemblée générale ont voté sa nomination à l’unanimité, ou presque », fait comprendre un cadre du SBM qui avait assisté à l’AGM.