Spécialiste en uniforme scolaire, Petronic ferme ses portes
Par
Annick Daniella Rivet
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Annick Daniella Rivet
Après plus de six décennies à habiller des générations d’élèves, le magasin Petronic, situé à la rue Jummah Mosque à Port-Louis, s’apprête à fermer ses portes. Symbole d’un héritage familial et d’une tradition respectée, l’enseigne continuera à vendre jusqu’à la fin de 2026, pour une dernière rentrée en janvier 2027.
Le magasin Petronic fermera ses portes bientôt. C’est en 1965 qu’il a ouvert ses portes à la rue Jummah Mosque, à Port-Louis. La famille vivait à l’étage, juste au-dessus de la boutique, ce qui rendait la vie pratique et organisée.
Spécialisé dans la vente d’uniformes scolaires, il continuera à fonctionner jusqu’à la fin de 2026, afin d’assurer la rentrée de janvier 2027. Les propriétaires, Thierry et Grace Li Wai Suen, annoncent cette fermeture avec émotion. « Nous avons bien travaillé et maintenant nous allons profiter de la vie. La fermeture sera à la fin de l’année, donc nous allons travailler jusqu’à la grande rentrée de 2027. »
Au début, c’était une entreprise familiale modeste. Né d’une aiguille et d’un rêve, le magasin Petronic a cousu l’histoire d’une famille. Plus qu’un commerce, c’était une maison, une famille, une vie entière consacrée aux uniformes scolaires. « C’était papa et maman, qui travaillaient là. Papa prenait des marchandises sur le marché et les vendait. Maman était femme au foyer et savait coudre. »
Thierry souligne que la famille comptait huit enfants, six garçons et deux filles. Les vêtements cousus pour eux — pantalons, shorts, chemises — devinrent aussi des articles cousus par la maman et vendus au public. « Ironiquement, elle avait toutes les tailles du plus petit au plus grand. »
Le gérant du magasin explique que le nom Petronic vient du prénom de l’aîné des enfants, Peter, parti en Angleterre pour des études en électronique. « Un jour il demanda à papa pourquoi ne pas vendre des équipements électroniques ici. Comme son prénom était Peter, nous avons mis un P devant et cela est devenu Petronic. » Ainsi naquit une enseigne qui allait marquer des générations.
Thierry relate certains souvenirs. « Les personnes autrefois aimaient mettre de l’ordre et pratiquement tous les jours papa mettait de l’ordre dans le magasin. Les dimanches, il arrêtait de travailler à 13 heures et revenait à la maison à l’étage pour écouter la radio. À l’époque, il y avait une émission en langue chinoise, qu’il aimait écouter. » Il relate que l’usine était installée à l’étage, avec une vingtaine de personnes. Plus tard, elle fut déplacée à Terre-Rouge, sous la direction de son jumeau Leslie, travaillant directement avec les directions des écoles.
Pour Thierry, la fermeture est une transition vers une vie plus paisible. « En prenant ma retraite, je vais profiter de la vie, voyager et passer du temps avec ma femme… » Les parents soulignent que leurs deux filles ne veulent pas prendre la relève. En effet, une d’elles vit à l’étranger et l’autre a choisi une autre voie professionnelle. « C’est un héritage de la famille certes, mais nous allons vendre, il n’y a personne pour s’en occuper. »
Malgré la fermeture, Thierry souligne l’importance des uniformes scolaires. « Les uniformes de l’école vont durer et j’espère que cela dure encore longtemps, parce que je vois qu’il y a des pays où les élèves n’ont pas d’uniforme. C’est quelque chose que les gens respectent… ils portent l’identité de l’établissement qu’ils fréquentent. »
La fermeture ne se fera pas sans une dernière effervescence. « Le problème avec la plupart des parents, c’est qu’ils achètent des uniformes toujours en retard, la dernière semaine de décembre ou la première semaine de janvier pour la rentrée », précise Grace.
Avec la fermeture du magasin Petronic, c’est la fin d’un commerce familial qui, depuis 1965, a accompagné des milliers d’élèves dans leur rentrée scolaire. Une page se tourne, mais l’histoire de cette enseigne restera inscrite dans la mémoire de beaucoup d’élèves.