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Spécialiste du massala : le point fort de Janegee Poinen

Janegee Poinen

Il est probable que vous ayez concocté un bon curry avec son massala. Depuis dix ans, elle use de son savoir-faire et de son expertise dans l’élaboration de ce mélange d’épices. Janegee Poinen, 47 ans, en a fait son métier. Elle partage son savoureux parcours avec nous.

Elle n’est pas de ceux qui se laissent… écraser par le poids des évènements. Janegee Poinen a toujours su rebondir à chaque coup dur de la vie au point de prendre des risques. Lorsque son époux perd son emploi, elle se retrouve seule à subvenir aux besoins de la famille. Elle abandonne son emploi de ‘Quality Controller’ dans une usine pour se mettre à son compte. « Ce qui m’a conforté dans cette décision, c’était que j’allais pouvoir consacrer plus de temps à mes deux enfants », souligne-t-elle.

En deux temps trois mouvements, Janegee s’enregistre en 2008 à la SMEDA, devenue aujourd’hui SME Mauritius. Puis, elle lance son entreprise, ‘Anivendiyon Special Masala Grillé’. Elle prend un premier prêt auprès de la DBM pour l’acquisition d’une machine qui sert à broyer les épices. Depuis, l’entrepreneure travaille dans l’optique de développer sa microentreprise. Pour Janegee Poinen, se mettre à la commercialisation du massala était une évidence. « C’est une recette que j’ai apprise de ma belle-mère et c’est ce que je maîtrise le mieux. »

Chose rare : Janegee accepte de nous dévoiler sa recette, une combinaison d’épices et d’herbes séchées. « Il faut de l’anis, du cotomili, du piment, du safran, du poivre, de cardamome et de feuilles de curry, indique-t-elle. Mais il n’y a pas de liste figée d’ingrédients pour le massala qui est au bon gré des goûts et des préférences. » Le processus des préparations comprend les lavage et nettoyage des épices, le séchage, la torréfaction pour développer les arômes et le broyage pour réduire les épices en poudre.

La main à la pâte

« En un jour, je peux produire une centaine de sachets de massala et par mois, le nombre est de 2 000 de 200/400 g., précise Janegee. Pour cela, toute la famille met la main à la pâte trois jours par semaine. » Puis, il y a l’étape importante de la commercialisation de ses produits.  Janegee les livre dans des franchises comme Chantefrais, des supermarchés tels que City Way à Port-Louis ou Titan à Ste-Croix, ou encore dans des expoventes organisées par le National Women Entrepreneur Council, entre autres. « J’en vends aussi toutes les semaines à Port-Louis sur un étal et j’ai souvent des commandes pour des mariages. »


Dur, dur !

Toutefois, malgré toutes ces plateformes de ventes et ses années d’expérience dans le métier, la commercialisation n’est pas aussi simple. Janegee indique que les conditions imposées par les supermarchés ne jouent pas en faveur des entrepreneurs. « Les supermarchés règlent les comptes deux mois après la livraison des produits et cela nous bloque financièrement. » De ce fait, elle n’a pas beaucoup de supermarchés dans son carnet de commandes. Elle déplore aussi la suspension, depuis novembre dernier, des expoventes dédiées aux entrepreneurs, qui avaient lieu tous les lundis à Quatre-Bornes. « Cette foire était une bonne plateforme car le nombre d’articles écoulés était conséquent, explique-t-elle. Depuis qu’il n’y en a plus, c’est difficile pour moi de rembourser les prêts que j’ai pris pour l’acquisition d’un véhicule qui sert à la livraison, et la construction d’un local. »

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