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Souveraineté sur les Chagos : la bataille diplomatique doit continuer

Milan Meetarbhan et Manish Gobin Milan Meetarbhan est d’avis que les Britaniques ne vont rien faire, tant qu’il n’aura pas d’accord avec les États-Unis. L’Attorney General Manish Gobin est pour des discussions diplomatiques.

La voie diplomatique doit être utilisée afin que la Grande-Bretagne et les États-Unis respectent l’avis consultatif de la Cour international de Justice. C’est ce qui ressort de l’émission « Au cœur de l’info », animée par Ruzayna Beegun et Jean-Luc Émile, sur Radio Plus, mardi.

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Le gouvernement et les Mauriciens d’origine chagossienne ont parlé d’une même voix dans le processus de récupération de la souveraineté de Maurice et du droit de retour dans l’archipel. Cette collaboration doit continuer et la voie diplomatique doit être utilisée afin que la Grande-Bretagne et les États-Unis respectent l’avis consultatif de la Cour international de Justice (CIJ). C’est ce qu’ont fait comprendre les différents intervenants de l’émission «Au cœur de l’info» sur Radio Plus

« Même si l’avis de la CIJ n’est pas “ binding”, il a une force politique conséquente qui, dans l’arène du droit international, peut avoir plus de répercussions qu’une décision d’une cour avec toute la “ binding force ” qu’elle peut avoir. »  C’est ce qu’a soutenu Amar Mahadev, Senior Lecturer à l’Université de Maurice, expert en Droit international et spécialiste du dossier Chagos. Pour lui, il est inexact de dire que l’avis consultatif de la CIJ n’a qu’une force morale, surtout en ce qu’il s’agit de droit international.

Il a aussi ajouté que chaque plateforme, qu’elle soit reliée aux droits humains ou qu’elle soit politique, doit être un moyen de rappeler l’avis de la CIJ et de faire pression sur la Grande-Bretagne pour qu’on puisse continuer à avancer. Il s’est aussi dit persuadé que Maurice va arriver à un dénouement à travers la pression diplomatique et politique.

Milan Meetarbhan, ancien ambassadeur de Maurice aux Nations Unies, est d’avis qu’il y a trois pays qui ont un intérêt dans cette affaire : Maurice, qui revendique la souveraineté sur les Chagos ; la Grande-Bretagne, ancienne puissance coloniale qui a offert des facilités militaires aux États-Unis et les États-Unis eux-mêmes qui occupent seuls ce territoire, qui ont véritablement un intérêt sur l’archipel, alors que la Grande-Bretagne n’y est pas présente.

Selon l’ancien ambassadeur, il devrait, théoriquement, y avoir des discussions entre la Grande-Bretagne et Maurice sur la question de souveraineté. C’est seulement après avoir retrouvé sa souveraineté sur l’archipel des Chagos que Maurice pourra discuter avec les États-Unis de leur présence miliaire à Diego Garcia. Mais, dans la pratique, cela aurait été souhaitable d’avoir des négociations tripartites.

Milan Meetarbhan est d’avis que les Britanniques ne vont rien faire, aussi longtemps qu’il n’y aura pas un accord des États-Unis. Il a aussi affirmé que la Grande-Bretagne a une autre préoccupation majeure : ce qui va arriver si elle cède sur Diego Garcia par rapport à ses autres territoires où il y a actuellement des revendications. 

L’avocat Robin Mardaymootoo est quant à lui d’avis qu’il ne faut pas avoir de préjugés sur la décision que les Britanniques et les Américains vont prendre. Il estime qu’il ne faut pas « s’épuiser » dans les discussions « académiques » mais commencer les négociations avec les deux pays concernés. Pour lui, ce n’est pas plus mal que des négociations soient entamées avec les États-Unis pendant que Donald Trump est président. En tant que businessman, il peut mieux comprendre les avantages pour les Américains dans le deal avec Maurice et cela pourrait être positif, a-t-il expliqué.

L’Attorney General, Maneesh Gobin, a pour sa part précisé que les discussions par voie diplomatique vont continuer. Il a aussi estimé que les États-Unis devraient s’adresser à Maurice en tant que pays souverain.

 

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