Faits Divers

Soupçons d’infidélité : un homme battu par sa femme à coups de «belna»

D’un côté, il y a John, qui se dit victime de violence conjugale. De l’autre, il y a Marlène, qui soutient que c’est son mari qui la bat. Leur énième dispute remonte au 31 mars. Ce jour-là, la femme aurait pris un « belna » pour le rouer de coups. L’homme a porté plainte contre elle.

«Je suis un homme battu », confie d’emblée John (prénom modifié). Ce chauffeur de 33 ans se dit victime de violence domestique depuis environ huit ans. L’énième dispute avec sa femme Marlène (prénom modifié) remonte au 31 mars. L’accusant d’entretenir une relation extraconjugale, celle-ci l’aurait roué de coups à l’aide d’un belna (rouleau à pâtisserie, NdlR). John a, le même jour, porté plainte contre son épouse pour violence domestique. 

La veille de l’altercation, ils s’étaient rendus à un mariage. « En revenant tard dans la soirée, j’avais encore faim », relate John. Il dit avoir parlé un bon moment avec le frère de son épouse au téléphone. Un peu plus tard, il est sorti pour aller rejoindre un ami. Sauf que le cellulaire de ce dernier était éteint. « Comme j’avais encore faim, j’ai roulé jusqu’à Port-Louis pour me trouver à manger. En revenant, je suis passé par Rose-Hill et Quatre-Bornes pour acheter à manger pour mon épouse et les enfants. J’ai aussi fait le plein », explique John. 

Il est rentré aux petites heures. Ce qui a fortement déplu à Marlène. Il avance qu’elle a commencé à l’insulter, l’accusant d’avoir été voir une autre femme. « Mais c’est totalement faux », précise-t-il. La situation a dégénéré. « Linn ris enn belna ek linn koumans tap mwa. Monn sey ras belna-la dan so lamin », se souvient-il. Il a reçu plusieurs coups avant de pouvoir reprendre l’objet à sa femme. « J’ai tenté de lui expliquer les choses calmement, mais elle n’a rien voulu entendre. J’ai dû la pousser », dit-il. John s’est aussitôt rendu au poste de police pour porter plainte.

Ce n’est pas la première fois qu’il se dit victime du courroux de sa femme. Il dit avoir vu de toutes les couleurs. Pourtant, tout avait bien commencé entre eux. « C’est mon grand-père qui connaissait sa mère. Marlène est venue en quelques occasions avec celle-ci pour rendre visite à mon grand-père. C’est comme cela que nous nous sommes connus. À la mort de mon grand-père, Marlène venait s’occuper de ma grand-mère », indique John. 

Il ne faudra pas longtemps pour qu’il accepte de la prendre sous son toit. « Mo ti kontan. Fami pa ti dakor, me lor enn mwa mem linn koumans vinn reste », se souvient-il. « Elle m’a dit qu’elle voulait d’une relation sérieuse. Je l’ai acceptée avec ses trois enfants issus d’une précédente relation. » John et Marlène se sont mariés civilement. 

Mais il s’est vite rendu compte que sa femme avait un fort tempérament. « Je reconnais qu’à l’époque, j’avais un problème d’alcool. On a alors commencé à se disputer », dit-il. Il affirme toutefois avoir mis un frein à ses agissements. Puis, les sujets de discussion ont commencé à tourner autour des enfants. « Je me rappelle qu’une fois, un des enfants avait écrit sur la table. Je lui avais arraché le stylo des mains et je l’avais réprimandé. Marlène est intervenue et nous nous sommes disputés. Elle a alors pris un morceau de bois pour me frapper au genou », allègue-t-il. Il aura droit à des disputes de ce genre durant les années qui suivront. Il a déjà porté plusieurs plaintes, mais il a fini par se rétracter à chaque fois. 

« Une autre fois, c’est avec une lame que j’ai été agressé à la main », poursuit John. Mais il a tenu bon. Il se rappelle avoir déjà levé la main sur son épouse. Mais cela a été la première et la dernière fois. « J’étais allé jouer au football à Baie-du-Cap. En rentrant ce jour-là, elle n’était pas là. Le temps était cyclonique. Les enfants m’ont dit qu’elle était sortie depuis un moment déjà. Quand elle est rentrée, nous nous sommes disputés. Je l’ai frappée. La police a même été alertée. Après cela, je n’ai plus jamais levé la main sur elle », souligne John. 

Prenant son mal en patience, il dit avoir appris à s’en accoutumer avec le temps. « Je gagne ma vie comme chauffeur de camion. C’est également une source d’ennuis pour moi. Li panse mo ena fam partou. Facebook mo prefere evite zis pou pa gagn problem. Li zalou », ajoute-t-il. Sauf que depuis quelque temps, John dit avoir perdu le sommeil. « Mo per pou dormi aswar. Linn deza dir mwa ki si mo tromp li enn zour, li pou koup mwa, li pou touy mwa. » Ces paroles ne cessent de résonner dans la tête de John. 


Marlène : «C’est lui qui me bat» 

Marlène a une autre version des faits : « Ma vie était un cauchemar. John a un penchant pour la bouteille et il me frappe. Je suis victime de violence. Des fois, je dois me défendre. À d’autres moments, il me fait sortir de mes gonds. Le 31 mars, nous sommes revenus d’un mariage. J’étais fatiguée. Il y avait mon beau-frère et ma sœur. Mon époux était avec eux à la maison. Quand ils sont partis, mon époux est sorti avec eux. Moi, je suis allée me reposer. À 2 heures du matin, il n’était pas encore revenu. Je l’ai appelé, mais il était injoignable. Quand j’ai pu l’avoir, à 4 heures du matin, il m’a dit qu’il était à un stand de restauration rapide. Mais je sais pertinemment que cette enseigne est normalement fermée à cette heure-là. Cela signifiait qu’il m’avait menti et qu’il me cachait quelque chose. Lorsqu’il est rentré, je lui ai demandé des explications. J’ai menacé de le frapper avec le belna, mais je ne l’ai pas fait. Quand il a voulu m’étrangler, je me suis défendue. »

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