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Soupçon d’intoxication alimentaire dans quatre écoles ZEP : 32 élèves ont fait un malaise et les parents sont en colère

Par Annick Daniella Rivet
Publié le: 13 May 2026 à 12:30
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ecole zep
Des parents venus s’enquérir de la situation devant la Richelieu Government School.
  • Les déjeuners des enfants analysés 

Le lundi 11 mai, 32 écoliers de quatre écoles de la zone d’éducation prioritaire (ZEP) ont eu des vomissements, de la diarrhée et des douleurs abdominales, après avoir consommé un repas distribué par les autorités. L’incident, qui a provoqué la colère des parents, a conduit le ministère de l’Éducation et celui de la Santé à ouvrir une enquête.

Sur les 27 écoles de la zone d’éducation prioritaire, seules les écoles : André Bazerque GS, R. C. Nuckchady GS, Stanley GS et Richelieu GS ont été touchées par ce problème.

Selon le Dr Fazil Khodabocus, directeur par intérim des Services de santé, dans l’après-midi du mardi 12 mai, l’état de santé des enfants était stable, sauf un qui était toujours en observation à l’hôpital Victoria. Il précise que des échantillons des repas ont été envoyés au laboratoire central. Les résultats sont attendus d’ici la fin de la semaine. Une enquête a également été ouverte sur le fournisseur de repas.

Parents en colère

« Nou pa kapav avoy nou zanfan lekol gramatin li bien... tanto nou pe bizin met dan loto al lopital », explique une mère.
En effet, en rentrant de l’école lundi, plusieurs enfants se sont plaints de douleurs abdominales, vomissaient et souffraient de diarrhée. Certains cas ont été particulièrement graves. Une mère de deux enfants raconte que son enfant, qui est en Grade 4, a perdu connaissance à deux reprises, nécessitant une prise en charge au centre de santé de la région, puis à l’hôpital. Elle déplore l’absence d’explications. « Depi lundi, inn rapport cas et toujours pas connais qui finn arrive. »

Charlène, dont l’enfant a été touché, ne décolère pas. « Mo zanfan inn vomi so trip… Kan noun vinn la zot p dir zis 15 zanfan ki ena... mem li enn zanfan li grav... » 

Dans la matinée de mardi, la tension est montée. Devant l’école de Richelieu, des parents en colère ont demandé des explications aux administrateurs. Et ils disent qu’ils ne sont pas satisfaits des réponses obtenues. Quelques instants plus tard, une fourgonnette venue déposer le déjeuner du jour a eu des difficultés à le faire, les parents cherchant des réponses auprès du chauffeur.

Selon nos informations, le repas incriminé, composé de pain, de poulet et de salade, a été fourni par Sanashee Associates Ltd. L’année dernière, le contrat lui a été attribué après appel d’offres. En 2019, le coût du repas par élève était d’environ Rs 50. En 2025, l’allocation budgétaire atteint Rs 80 M et avec le nouveau contrat signé en août 2025, le coût est passé à Rs 120 hors TVA. Au moment de l’allocation de contrat, ce prestataire était le seul à disposer du Hazard Analysis and Critical Control, une norme internationale de sécurité alimentaire. 

Face à la colère des familles, le ministre de l’Éducation, Dr Mahend Gungapersad, déplore que des enfants soient tombés malades. Il suit l’affaire de près et attend les conclusions de l’enquête.

Programme alimentaire ZEP

Le programme de repas scolaires dans les écoles ZEP vise à offrir une alimentation équilibrée aux enfants de milieux défavorisés. Depuis janvier, un mécanisme de distribution a été mis en place. Il est basé sur la présence réelle des élèves afin de limiter le gaspillage.

À ce jour, sur les 27 établissements, trois écoles préparent leurs repas sur place. Les 24 autres reçoivent des « enhanced meals » composés de pains fourrés ou de pizzas. Ces menus sont établis par le ministère de la Santé et couvrent cinq jours par semaine, précisant les portions et la variété nécessaires.

Le programme alimentaire ZEP est pensé pour compléter l’apport nutritionnel des élèves de familles modestes. Il garantit à chaque enfant un repas équilibré, en tenant compte des manques possibles à la maison. L’objectif est d’améliorer la santé, de soutenir le développement cognitif et de favoriser l’assiduité scolaire.

Normalement, chaque livraison est inspectée : qualité, fraîcheur, hygiène et conformité au menu. En cas de doute, les inspecteurs de la santé sont alertés. Parmi les mesures prises mardi, le ministère de l’Éducation a demandé au fournisseur de veiller à la qualité des repas distribués. Les directeurs d’écoles ont aussi été avisés de s’enquérir de l’état de santé des enfants.

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