Mise à jour: 12 janvier 2026 à 19:32

Sondage RSS : l’optimisme des Mauriciens en baisse sous le signe du doute 2026 ou d’un sursaut?

Par Javed Sobah
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Sondage RSS
L’optimisme n’est pas de mise pour 2026.

Le signal est clair, net et sans appel... À l’aube de 2026, le moral des Mauriciens connaît un recul brutal. Le dernier sondage de Retail Scan Services révèle un basculement psychologique majeur : l’optimisme, longtemps moteur du climat social, s’effrite, tandis que le pessimisme gagne du terrain à une vitesse inquiétante.
    
Il y a un an à peine, près d’un Mauricien sur deux se disait très optimiste. Aujourd’hui, ils ne sont plus qu’un sur quatre. L’optimisme reste certes majoritaire, mais il a perdu sa vigueur, sa spontanéité et son insouciance.

Chute des « très optimistes »

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, près de 88 % des sondés se déclaraient optimistes, dont plus de 41 % très confiants. Au début 2026, ce socle s’est fragilisé : l’optimisme global tombe à 69 %, tandis que le pessimisme bondit à plus de 31 %. Plus marquant encore, la part des « très pessimistes » est multipliée par près de sept en un an. Pour les analystes de Retail Scan Services, il ne s’agit plus d’un simple malaise passager, mais bien de l’installation d’une inquiétude durable, nourrie par des réalités économiques de plus en plus pesantes.

Optimisme sous conditions

Les Mauriciens ne renoncent pas à l’espoir, mais ils avancent désormais avec retenue. L’optimisme en 2026 est plus froid, plus calculé, presque défensif. L’institut parle d’un optimisme de responsabilité, où l’attente de résultats concrets supplante les promesses et les discours. 

Trois facteurs structurants de ce repli du moral : la hausse persistante du coût de la vie, qui pèse directement sur les budgets des ménages, l’érosion continue du pouvoir d’achat alimentant un sentiment d’insécurité économique, y compris chez les actifs et les incertitudes économiques et sociales ou dans un contexte national et international instable fragilisent la confiance dans l’avenir.  

Les 40–49 ans apparaissent comme les plus anxieux, pris en étau entre charges familiales et pression économique. À l’inverse, les seniors affichent un optimisme plus apaisé. Le monde du travail, lui aussi, cristallise les tensions : employés de services et fonctionnaires figurent parmi les plus pessimistes.

Question centrale

Ce sondage, réalisé auprès de 607 Mauriciens à la fin de 2025, ne décrit pas un pays résigné, mais une société devenue lucide, exigeante et impatiente. Dès lors, une question s’impose : Comment redonner confiance aux Mauriciens en 2026 ?
C’est à cette interrogation que répondront un observateur de la consommation, un économiste, un représentant du patronat et une députée.



2026 ne s’ouvre ni dans l’euphorie ni dans la panique, mais dans une lucidité brutale. Le Mauricien n’applaudit plus, il observe, il doute, il attend des preuves. Le crédit de la parole politique s’érode, celui des promesses est épuisé. Derrière les chiffres du Retail Scan Services, une vérité dérange : l’optimisme ne se décrète pas à coups de discours, il se mérite par des actes. Les regards sont rivés cette fois-ci autant sur le gouvernement que sur le secteur privé. Coût de la vie, roupie fragile, cap économique flou… le compte n’y est pas. Le pays n’est pas résigné, il est sous tension. 2026 sera donc simple : soit le sursaut, soit la désillusion durable.
 

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