Sondage d’Afrobarometer - le GM et l’opposition face à une crise de confiance
Par
Thierry Laurent
Par
Thierry Laurent
Le dernier sondage d’Afrobarometer, présenté le lundi 12 août, révèle un manque de confiance du public dans les principales institutions démocratiques et les dirigeants élus de Maurice. Pour les besoins de l’exercice, 1 200 Mauriciens ont été interrogés.
Premier ministre
49 % approuvent ou approuvent fortement sa performance
43 % désapprouvent ou désapprouvent fortement sa performance
Élus municipaux et des conseils de district
44 % approuvent ou approuvent fortement leur performance
48 % désapprouvent ou désapprouvent fortement leur performance
Élus de l’Assemblée nationale
42 % approuvent ou approuvent fortement leur performance
49 % désapprouvent ou désapprouvent fortement leur performance
Judiciaire :
42 % des sondés n’ont aucune ou pratiquement aucune confiance
56 % des personnes interrogées ont beaucoup ou quelque peu confiance
Ministère de la Santé
43 % n’ont aucune ou pratiquement aucune confiance
55 % ont beaucoup ou quelque peu confiance
Police
47 % n’ont aucune ou pratiquement aucune confiance
52 % ont beaucoup ou quelque peu confiance
Commission électorale
43 % n’ont aucune ou pratiquement aucune confiance
49 % ont beaucoup ou quelque peu confiance
Premier ministre
57 % n’ont aucune ou pratiquement aucune confiance
41 % ont beaucoup ou quelque peu confiance
Assemblée nationale
61 % n’ont aucune ou pratiquement aucune confiance
36 % ont beaucoup ou quelque peu confiance
Parti au pouvoir
63 % n’ont aucune ou pratiquement aucune confiance
35 % ont beaucoup ou quelque peu confiance
Partis de l’opposition
63 % n’ont aucune ou pratiquement aucune confiance
26 % ont beaucoup ou quelque peu confiance
Une préoccupation en déclin parmi les Mauriciens
Contrairement aux années précédentes, de moins en moins de Mauriciens considèrent la corruption comme le principal problème du pays. En 2024, seulement 11 % des Mauriciens sondés estimaient que la corruption faisait partie des plus gros problèmes du pays, contre 19 % en 2020. De plus, en 2024, 42 % pensaient que la corruption avait beaucoup augmenté, contre 50 % en 2022 qui partageaient cette même perception.
Perception sur la lutte contre la corruption
63 % estiment que le gouvernement est inefficace
29 % jugent les efforts du gouvernement efficaces
Risques perçus pour dénoncer la corruption
67 % craignent des représailles
28 % peuvent dénoncer sans crainte
Limitation de mandats pour le poste de Premier ministre:
L’enjeu du n°18
Avec le choix de La Louise comme lieu du premier meeting préélectoral de l’alliance PTr-MMM-Nouveaux Démocrates et les acerbes critiques exprimées à l’encontre de Xavier-Luc Duval, il est clair que la circonscription Belle-Rose/Quatre-Bornes (18) dispose d’un poids certain dans la lutte pour le pouvoir.
Côté gouvernement aussi, on a placé beaucoup d’espoir sur un apport éventuel de Xavier-Luc Duval dans cette circonscription et ailleurs. On a aussi noté la multiplication des initiatives prises par des ministres au niveau de cette ville. Le n°18 reste pour le MSM, réuni avec PMSD dans une éventuelle alliance, l’une des circonscriptions urbaines où il pourrait théoriquement enlever des sièges. Du moment que le fiston Adrien Duval a planté sa bannière dans une circonscription rurale et qu’il participe à des cérémonies « socioculturelles », on pourrait en conclure que le petit coq ne serait pas appelé à chanter en ville.
L’alliance PTr-MMM-ND a été la première formation à présenter ses trois candidats au n°18. Il s’agit d’Arvin Boolell, Veda Baloomoody et du néophyte Sydney Pierre.
Pour cette alliance de l’opposition, un mythe aurait été construit autour le poids réel du leader du PMSD au n°18. On explique qu’aux dernières élections, Xavier-Luc Duval s’est fait élire en troisième position. Sans le soutien de l’électorat travailliste, il aurait été battu. Déjà en 2017, lors de la partielle au n°18, le poulain de Duval allait perdre sa caution et avait été devancé par Jack Bizlall. C’est dire comment l’apport des Travaillistes a été déterminant pour l’élection de Xavier-Luc Duval en 2019.
Côté alliance MSM-PMSD, inévitablement Xavier-Luc Duval sera appelé à jouer le rôle de locomotive et on alignera évidemment Kavy Ramano. Quid du troisième candidat ? On cite le non de Bobby Hurreeram ces temps-ci. Car le ministre bagarreur a été vu à plusieurs reprises au n°18. Ce qui indique une stratégie de réplique « castéiste » au chef de file des Rouges dans la circonscription, à savoir Arvin Boolell.
Puisqu’on parle de stratégie castéiste ou « communale », il ne faut pas exclure un débarquement pur et simple de Kavy Ramano, permettant ainsi au MSM de monter une autre stratégie pour contrer l’effet Baloomoody. Ou encore voir le MSM investir dans un autre plan castéiste en réalignant le brillant mais discret professionnel Vikash Peerun battu en 2019.
Si Xavier-Luc Duval sera appelé à occuper le poste de Deputy Prime Minister en cas de sa propre victoire et celle de son allié, une défaite viendra tout compromettre dans les calculs politiques du Sun Trust. Les nouveaux contours du n°18 pourraient poser problème à Duval. En 1987, une nouvelle délimitation de la circonscription au n° 18 avait vu la défaite de Paul Bérenger qui ne parvint même pas à se qualifier comme best-loser. Un tel rezilta lor rezilta pour le leader du PMSD serait loin d’être une partie de plaisir.