Xplik ou K

Soins hospitaliers aux étrangers : une Marocaine, qui réside depuis deux ans à Maurice, contrainte de payer ses soins à l’hôpital 

L’autorisation de quitter l’hôpital a été refusée à une Marocaine, enceinte de huit mois, lundi. Son mari, un Mauricien qui habite à Port-Louis, a dû réunir la somme de Rs 10 441, représentant les frais réclamés par l’hôpital Jeetoo, pour que sa femme obtienne sa décharge. Ce cas permet de lever le voile sur la gratuité des services hospitaliers prodigués aux étrangers vivant sur le sol mauricien.

Sous quelles conditions les ressortissants étrangers vivant à Maurice peuvent-ils bénéficier des soins gratuits dans nos centres hospitaliers ? Ce sont les ressortissants qui détiennent un passeport mauricien ou la carte d’identité nationale de Maurice, ainsi que les détenteurs d’un permis de travail ou de résidence, qui ont droit aux soins gratuits, a expliqué le Dr Ismet Dawood Ismael Nawoor, Regional Health Director (RHD) à l’hôpital A. G. Jeetoo, sur les ondes de Radio Plus lors de l’émission Explik ou Ka du mercredi 4 septembre. 

Iqbal, l’époux de la Marocaine, a soulevé ce sujet lors de l’émission. Il a expliqué que grande a été sa surprise quand lundi, le jour où son épouse a bénéficié d’une décharge de l’hôpital, il s’est retrouvé avec deux factures à régler pour les soins hospitaliers. C’était pour lui un fait nouveau et inattendu, car selon lui, depuis leur mariage à Maurice il y a deux ans, sa femme a bénéficié de soins gratuits lorsqu’elle s’est rendue en deux à trois occasions à l’hôpital. De plus, Iqbal explique que son épouse a même subi une intervention chirurgicale sans n’avoir rien eu à payer. Elle n’a aussi rien payé pour son suivi médical depuis qu’elle est enceinte.
Pour en savoir plus, la rédaction a pris contact avec le Dr Nawoor.  Ce dernier a indiqué que « les officiers du service de la santé sont tenus d’appliquer à la lettre les conditions énoncées dans les circulaires du ministère des Finances. » 

Protestation officielle

Iqbal a réuni tous les documents à sa disposition, dont le certificat de mariage, le permis de résidence et ses cartes de rendez-vous à l’hôpital. Il les a remis à l’officier en charge à l’hôpital Jeetoo quand il a protesté contre la demande de paiement pour les soins prodigués à sa femme. Vu que cette dernière n’était pas autorisée à quitter l’hôpital aussi longtemps que le montant exigé n’a pas été payé, Iqbal a dû se résoudre à régler la facture.

« Comme je n’avais pas cette somme et que ma femme était secouée par cette affaire, je me suis vu dans l’obligation de contracter un emprunt de Rs10 441. » 

L’épouse d’Iqbal, qui a pu quitter l’hôpital, est inquiète par rapport à  ses prochains rendez-vous.  Selon son mari, d’autres étrangères se trouvent dans la même situation. Elles sont arrivées presqu’à terme de leur grossesse et suivent des traitements à la Mediclinic du ministère de la Santé. « Toutes ces personnes n’ont absolument pas prévu de paiement pour les soins médicaux », explique Iqbal.

C’est une situation qui a interpellé le Dr Nawoor qui concède que les ressortissants étrangers « doivent être informés au départ même que leurs traitements sont payants et non pas attendre le dernier moment pour le faire ». Il a aussi tenu à préciser que « si le département des Finances de l’hôpital a décrété que le paiement est nécessaire dans le cas de la Marocaine, il a bien fallu qu’il y ait une raison, comme une pièce manquante au dossier. »

Le Dr Nawoor a aussi indiqué que dans le cas de l’épouse d’Iqbal, le remboursement n’est pas impossible, mais tout dépendra de l’examen du dossier. Affaire à suivre.

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