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Situation hydrique - Restrictions d’eau : des «mesures drastiques» à venir

Par Sharone Samy
Publié le: 9 June 2026 à 16:47
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Le réservoir Mare-aux-Vacoas affiche un taux de remplissage de 50 %.

Face à la baisse critique du niveau des réservoirs après un été exceptionnellement sec, les autorités préparent des restrictions d’eau progressives et appellent la population à cesser immédiatement tout gaspillage.

«Il y aura des mesures drastiques, mais pas de façon imminente. Nous n’avons pas le choix en raison de la pression exercée sur les ressources hydriques. Il faut comprendre que le gaspillage d’eau ne peut plus continuer. » C’est en ces termes que Lomush Juggoo, directeur de la Water Resources Unit, a résumé la situation à l’issue d’une réunion convoquée lundi 8 juin par le ministre de l’Énergie et des Services publics, Patrick Assirvaden, avec la Central Water Authority (CWA) et la Water Resources Unit. Le signal est clair : des restrictions dans la distribution d’eau sont sur la table.

Au cœur des inquiétudes : le réservoir Mare-aux-Vacoas, le plus important du pays, dont le taux de remplissage est tombé à 50 %. « Nous n’avons pas eu de pluies depuis plusieurs semaines et cela affecte directement nos réservoirs. La situation est critique, surtout au niveau de Mare-aux-Vacoas. Cela demande réflexion, car nous ne voulons pas que les consommateurs soient pénalisés. Il faudra apporter des mesures pour stabiliser la fourniture d’eau », explique Shyam Thannoo, directeur général de la CWA. La réunion visait ainsi à examiner les différentes options envisageables dans les semaines à venir.

Cette pression sur les réservoirs s’explique par un été 2025-2026 exceptionnellement sec. Janvier 2026 a été le septième mois de janvier le plus sec enregistré depuis 1904, avec seulement 136 millimètres de pluie, soit 48 % de la normale. La situation s’est aggravée en février : 105 millimètres seulement, représentant 33 % de la moyenne habituelle, ce qui en fait le quatrième mois de février le plus sec depuis le début des relevés météorologiques. Les conditions sèches ont persisté en mars, avant une légère amélioration en avril et en mai. 

Finalement, l’été 2025-2026 n’a apporté que 889 millimètres de pluie contre 1 352 millimètres habituellement, soit seulement 66 % des précipitations normales. C’est cette succession de mois déficitaires qui explique aujourd’hui la pression exercée sur les réservoirs.

Les prévisions pour les mois à venir n’invitent guère à l’optimisme. Selon les services météorologiques de Vacoas, juin devrait enregistrer environ 83 millimètres de pluie, soit 70 % de la normale. Juillet s’annonce plus déficitaire encore avec 80 millimètres prévus, à peine 60 % de la moyenne saisonnière. Août devrait suivre la même tendance avec 63 millimètres, également 60 % de la normale. 

Au total, Maurice devrait recevoir environ 535 millimètres durant la saison hivernale, contre une moyenne de référence établie entre 1991 et 2020. Les précipitations devraient concerner principalement le Plateau central, l’Est et le Sud du pays. 

Ces prévisions, publiées dès le 29 avril, reposent notamment sur l’analyse du phénomène El Niño–Oscillation australe, qui influe sur les régimes de précipitations dans l’océan Indien, ainsi que sur différents modèles climatiques internationaux. À noter que les conditions hivernales devraient s’installer avec un léger retard cette année.

Les températures devraient, par ailleurs, dépasser les normales saisonnières, ce qui accentuera l’évaporation et aggravera davantage la pression sur les ressources disponibles. Le rapport météorologique souligne également que les phénomènes extrêmes sont en augmentation à l’échelle mondiale : Maurice pourrait ainsi connaître durant l’hiver des épisodes de fortes pluies, de vents soutenus ou de fortes houles, même si la tendance générale demeure celle d’une pluviométrie inférieure à la normale.

Face à ce tableau, les autorités privilégient pour l’heure une approche prudente tout en continuant de surveiller quotidiennement le niveau des réservoirs. Des ajustements dans la distribution, notamment dans les zones alimentées par Mare-aux-Vacoas et particulièrement durant les périodes de forte consommation, restent à l’étude si les conditions météorologiques ne s’améliorent pas. Aucune décision n’a été arrêtée à ce stade, mais les prochaines semaines seront déterminantes pour l’approvisionnement en eau du pays.

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