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Situation alarmante : 178 conducteurs testés positifs depuis janvier

Par Le Défi Plus
Publié le: 14 février 2026 à 16:00
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La voiture est  complètement endommagée.
Dylan Rummun est décédé dans un accident, la voiture était conduite par son ami sous l’influence de la drogue.
  • Navin Ramgoolam : « Dimounn ki kondir sou lefe lalkol ou ladrog, ramas li ek sezi so loto deswit »

*  Le conseil des ministres de vendredi a donné son feu vert pour amender la loi  afin de saisir des véhicules et de suspendre immédiatement le permis de conduire 

La police serre la vis. Des contrôles routiers fréquents sont menés pour traquer les chauffards sous l’emprise de stupéfiants et d’alcool. Malgré les mesures fortes entreprises par le gouvernement contre les conducteurs toxicomanes, sur le terrain, ils continuent de braver ces interdits, mettant en danger le réseau routier.

Depuis le 1er janvier au 12 février, 178 conducteurs ont été contrôlés positifs à la drogue, un chiffre alarmant qui illustre l’ampleur du phénomène et son lien avec plusieurs accidents graves impliquant alcool et stupéfiants.

Ces cas ne sont pas isolés. Selon les chiffres de la police, 411 conducteurs ont été contrôlés pour conduite en état d’ivresse sur la même période. Malgré les campagnes de sensibilisation, le nombre d’infractions reste élevé. Certains automobilistes prennent le volant dans un état second, mettant directement en danger la vie des autres usagers de la route.

Le mardi 10 février, alors que des pèlerins convergeaient vers Grand-Bassin, une voiture a percuté un véhicule, faisant deux blessés graves. Le conducteur avait pris la fuite. Il s’agit de Jacques Kurly Babet, 39 ans, finalement arrêté quelques heures après l’accident. Il était encore sous l’effet de substances lorsqu’il a été interpellé par les limiers de la Divisional Crime Intelligence Unit. L’alcootest s’est révélé positif et les analyses ont confirmé qu’il était également sous l’influence de drogues.

Un incident qui a interpellé le Premier ministre Navin Ramgoolam, qui a de nouveau dénoncé la conduite sous emprise et prôné un durcissement des lois pour renforcer la sécurité routière. « Li sagrinan ! Kouma kapav arive ki enn sofar pou Cavadee tap ek enn polisie ki ti pe donn direktiv ? Yer gramatin ankor enn aksidan parey. Tou sa arive parski ena iresponsabilite ek neglizans kriminel. Ena enn zenn ki pa mem ena lisans, li ena zis enn ‘learner’. Li ti pe kondir sou lefe lalkol ek ladrog. Li finn bless de pelrin, apre li pann arete, linn sove. Lapolis inn resi retras li ek aret li. Kan inn fer tes, inn trouve ki li ena 29 mikrogram lalkol dan so souf, alor ki limit legal li 9. Nou pa kapav aksepte sa », a martelé le Premier ministre qui participait à des cérémonies religieuses à Grand-Bassin cette semaine.

« Lalwa deza sever, mo bizin dir, me nou bizin intranzizan. Ena prizon, ena lamann. Mwa, mo pe dir bizin ki nou bizin asir nou ki bann dimounn koumsa asiz dan prizon. Sa bizin otomatik sa. Mo pou amenn sa divan konsey minis. Mo anvi amann lalwa : si enn dimounn inn kondir sou lefe lalkol ou ladrog, ramas li ek sezi so loto toudswit. Pa pou ena loto », a ajouté le chef du gouvernement. 

Ce n’est pas la première fois que Navin Ramgoolam menace de sévir contre les chauffeurs sous emprise. En février 2025, après un drame routier à D’Épinay où trois bénévoles, qui offraient de la nourriture et des boissons aux pèlerins se rendant au Ganga Talao, avaient été percutés par une voiture. Lors d’une fouille, des substances illicites avaient été retrouvées. Le Premier ministre avait déclaré : « Nou pou pran ban mezir bien bien sever (…) Kouma enn dimounn ena ladrog dans so loto ou bien linn bwar, so loto pou sezi parski lalwa tro fasil-la. Li pou rantre, li pou sorti… Pa kapav aksepte sa. Li pou bizin vinn bien sever ca lalwa-la. Ou na pa gagn drwa kondire kan ounn pran ladrog ek labwason. »


Dylan Rummun, 24 ans, meurt dans un accident le 24 janvier : Son ami au volant était sous l’influence de drogue et d’alcool

Le 24 janvier, une voiture transportant cinq personnes a terminé sa course contre une barrière de sécurité sur la route de Nicolay, à Port-Louis. L’impact a été d’une extrême violence. Dylan Rummun, âgé de 24 ans, qui se trouvait sur le siège passager, a été grièvement blessé. Il n’a pas survécu à ses blessures. Le conducteur, Muhammad Ayman Bhugeloo, 27 ans, a été soumis à des tests qui se sont révélés positifs à la drogue et à l’alcool.


ASP Lidialam : « La loi sera appliquée dans toute sa rigueur » 

L’assistant-surintendant de police (ASP) Suhail Lidialam, responsable de la cellule de presse des Casernes centrales, rappelle que les autorités resteront intransigeantes et qu’aucun écart ne sera toléré. « Les chiffres sont là. La police est pleinement mobilisée sur le terrain, avec deux priorités : appliquer la loi dans toute sa rigueur et assurer la sécurité routière. De nombreuses contraventions ont déjà été dressées. C’est tolérance zéro pour la drogue comme pour l’alcool au volant. J’en appelle à ceux qui consomment de l’alcool : confiez la conduite à une personne sobre. Des accidents sont survenus sous l’influence de l’alcool ou de la drogue, parfois avec des conséquences tragiques. Il y a même eu un décès, une famille brisée. Nous appliquons la loi avec fermeté. »

Presque chaque jour, des automobilistes sont contrôlés positifs à la drogue au volant. « Nous avons revu notre stratégie, ce qui explique le nombre plus élevé de conducteurs interceptés sous l’influence de substances illicites. Dans ces cas, la procédure diffère de celle appliquée pour l’alcool. Le conducteur n’est pas placé en cellule de dégrisement. Un test préliminaire est d’abord effectué, suivi d’une prise de sang. Un rapport permet ensuite d’identifier le type de drogue consommée. L’ensemble des éléments est versé au dossier pour être présenté en cour par la police. À l’issue de la procédure, le conducteur reconnu coupable s’expose à une amende et à une suspension de permis, selon la décision de la cour », indique le porte-parole de la police.


Une menace qui s’installe : en 2025, environ 3 500 conducteurs positifs à l’alcool et 1 000 sous l’effet de drogue

Alain Jeannot, président de Prévention Routière Avant Tout (PRAT), explique que les chiffres sont alarmants. « L’année dernière, nous avons enregistré environ 3 500 conducteurs testés positifs à l’alcool. En ce qui concerne la drogue, c’est approximativement 1 000 personnes, en voiture comme à motocyclette, qui ont été testées positives. C’est énorme. Nous observons cette tendance au cours de ces trois dernières années », dit-il.

Il reste toutefois persuadé que la saisie du véhicule d’une personne interpellée pour conduite sous influence constitue une bonne initiative. « Si cette mesure est appliquée de manière légale, je pense que c’est un excellent moyen de dissuasion, surtout pour les conducteurs sous l’emprise de l’alcool », souligne Alain Jeannot. Toutefois, en ce qui concerne les conducteurs testés positifs au dépistage de drogue, les conséquences ne seraient pas les mêmes. « La drogue fait énormément de ravages. Ceux pris dans cette spirale sont prêts à tout. Cette mesure n’aura pas le même pouvoir dissuasif pour les conducteurs trouvés sous l’effet de la drogue. Le problème de la drogue doit être traité de manière holistique. Il faut en considérer toute la dimension sociale et aller beaucoup plus loin », conclut-il.
 

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