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Sir Anerood Jugnauth : «On a un leadership fort»

Silencieux depuis longtemps, Sir Anerood Jugnauth, ancien Premier ministre, ex-président de la République et ancien ministre mentor, sort du mutisme. Dans un entretien, accorde jeudi au Defi Quotidien, il commente les actualites et la performance du gouvernement du jour tout en accusant certains politiciens de l’opposition d’agir en tant que « pyromanes ».

Covid-19 « très bien géré »

« La pandémie a mis le monde presque à genoux. Maurice n’a pas été épargné. Mais on doit reconnaître une chose : le Premier ministre et son gouvernement ont très bien géré la situation à travers les décisions qu’ils ont prises dans des moments difficiles. Le gouvernement l’a fait avec beaucoup de sagesse. On peut aujourd’hui dire que la COVID-19 n’a pas fait d’énormes dégâts à Maurice, surtout quand on voit ce que plusieurs autres pays subissent en ce moment », avance sir Anerood Jugnauth.

Il rappelle que l’Ile Maurice est reconnue comme étant COVID-19 Safe. « Les Mauriciens doivent être reconnaissants envers le Premier ministre pour le travail abattu. Avec le soutien financier que le gouvernement a octroyé aux employés et aux entreprises, il n’y a pas eu trop de pertes d’emplois, contrairement à ce qu’on craignait. Tout cela a été rendu possible grâce aux décisions de ce gouvernement. »

Économie

En 2020, l’économie mauricienne a connu une contraction économique de 15,2%. Du jamais vu depuis l’Independence. L’ancien Premier ministre souligne que le phénomène est mondial et est une conséquence directe de la pandémie. Il est toutefois temps pour tout le monde de se retrousser les manches et de travailler dans l’unité si l’on veut renouer avec la croissance. 

« Pour pouvoir redresser la situation, il faut de la solidarité. Tout le monde doit être solidaire des uns et des autres pour surmonter les difficultés. Il y a de gros défis à relever. Il faut que toute la nation se mette au travail. »

Il lance un appel au secteur privé. « Je lance un appel spécial aux partenaires économiques, en particulier au secteur privé. Il doit comprendre que dans la situation actuelle, la priorité doit être accordée à l’intérêt national. Il faut un dialogue constant entre le gouvernement et le secteur privé. » 

Donner leur dû aux travailleurs

« Il faut donner toute la considération nécessaire aux employés. Sans eux, on ne peut créer de la richesse. Il faut absolument cesser de penser comme dans le passé. La clé est l’innovation. Nous pourrons relever les défis si nous utilisons intelligemment la technologie et le capital humain. Si nous nous armons d’une dose de positivité et de détermination, nous réussirons à relever les défis qui se présentent. »
Opposition : les mauvais perdants

Il faut absolument cesser de penser comme dans le passé. La clé est l’innovation."

Pour SAJ, l’opposition est mauvaise perdante. « Mon opinion est que les partis de l’opposition ne veulent pas accepter la défaite qu’ils ont subie aux dernières législatives. Ils ont voulu faire croire que les élections ont été truquées. Mais nous savons tous que nous sommes dans un pays démocratique. Maurice a connu plusieurs élections générales. Cette affaire de truquage n’a jamais eu lieu. Ils ont adopté une stratégie pour essayer de déstabiliser le gouvernement. Ils font de la politique sur des cadavres. Ils font toutes sortes d’allégations. Ils jugent et condamnent avant même que la justice n’ait donné son verdict dans une affaire. Certains dans l’opposition agissent comme des pyromanes, avec le concours de quelques provocateurs. Ils incitent à la désobéissance civile, à la violence et même à la haine raciale. C’est très dangereux. Je pense que certains n’hésiteraient pas à brûler le pays afin d’assouvir leur obsession de prendre le pouvoir à n’importe quel prix. »

La situation actuelle lui rappelle les émeutes de 1999. « Aujourd’hui, parmi ces pyromanes qui sont à l’œuvre, il y a des personnes qui ont la mort de Kaya et les émeutes sur leur conscience. L’un d’eux avait même allumé le feu avant d’aller se réfugier à Rodrigues. Ena ti al kasiet anba lili pandan 72 heures de temps. S’il n’y avait pas eu des gens comme moi et mon ami Cassam Uteem, parmi tant d’autres, pour lancer un appel au public afin de ramener le calme, je ne sais pas comment la situation aurait tourné. Aucun Mauricien ne souhaite revivre les événements de 1999. Je demande donc à mes compatriotes de redoubler de vigilance. Ne cédez pas à la provocation. » 

« Un leadership fort »

Sir Anerood Jugnauth a aussi commenté le « prime ministership » de son fils. « Aujourd’hui, on doit reconnaître qu’on a un leadership fort. Pravind Jugnauth l’a démontré à travers les décisions qu’il a prises. Il se donne corps et âme pour travailler dans l’intérêt de la population et amener le pays à bon port. (…) La majorité des Mauriciens sait qu’elle peut faire confiance à Pravind Jugnauth ». 

Yogida Sawmynaden

Le ministre du Commerce, Yogida Sawmynaden fait face à de sérieuses allégations. Face aux demandes que ce dernier démissionne de son poste, sir Anerood Jugnauth rappelle que « dans notre loi, on ne parle pas de présomption de culpabilité mais bel et bien de présomption d’innocence. Dans le cas de ce ministre, nous savons tous qu’il y a une enquête en cours. Elle n’est pas encore terminée. Nous devons attendre une conclusion et que la justice fasse son travail. Ce n’est qu’à partir de là qu’on pourra dire à la personne fout lekan ale ».

Commentant les allégations contre Pravind Jugnauth, notamment dans le cadre de l’affaire Angus Road, SAJ affirme ceci : « Dans quel pays peut-on voir de telles choses ? Si c’est ça, on aurait tout le temps fait partir les premiers ministres. Si koumsa, enn dimounn kouma Navin Ramgoolam ti bizin fini fer ale depi lontan ». 

L’opposition libre de faire sa marche

Avant la rentrée parlementaire du 23 mars, l’opposition compte faire un grand rassemblement à Port-Louis. Interrogé à ce sujet, l’ancien Premier ministre affirme que « la police doit prendre des dispositions. L’opposition est libre. En politique, on peut rassembler ses sympathisants. Mais il faut s’assurer que tout se passe dans l’ordre ». 

« Mo pa ti pou kapav rann lapel »

Le 23 janvier 2017, SAJ démissionne de son poste de Chef du gouvernement et passe le flambeau au Pravind Jugnauth. Lors de l’interview, il concède qu’il n’était plus en mesure de continuer et qu’il n’a pas cédé à des pressions. « Pravind Jugnauth ne m’a jamais demandé de partir. C’est moi qui ai décidé de partir au moment où je l’ai décidé. J’ai réalisé que si je continuais comme Premier ministre, mo pa ti pou kapav rann lapel. Ma santé ne me le permettait pas. Je me suis rendu compte qu’il était temps pour moi de me retirer. Personne ne m’avait demandé de partir. » En ce qu’il s’agit de Roshi Bhadain, il affirme que « j’ai longtemps fait confiance à Roshi Bhadain. J’ignorais à l’époque que c’était un traître ». 

 

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