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Sinistrés des inondations : tensions aux abords des bureaux de la Sécurité sociale

Sinistrés des inondations Mouvements de foule aux abords des bureaux de la Sécurité sociale à Astor Court.

Après la pluie vient le beau temps, dit le dicton. Mais depuis le lundi 22 avril, c’est la colère qui gronde aux abords des bureaux de la Sécurité sociale à Astor Court, Bain-des-Dames et Terre-Rouge. Plusieurs protestataires clament qu’ils sont été affectés par les récentes inondations. Depuis, ils attendent une allocation sociale parce qu’ils ont perdu des denrées alimentaires et que leurs effets personnels ont été endommagés.

Selon les critères du ministère de la Sécurité sociale, une somme de Rs 182 est payée par personne sur une période maximale de trois jours, en cas de perte d’aliments. Sous le Prime Minister’s Relief Fund, une aide sociale de Rs 3 000 aux moins de 18 ans et Rs 6 000 pour les adultes est donnée si les effets personnels ont été endommagés lors des inondations. Cela après que la police ait procédé à des vérifications. Faute d’une communication adéquate, ces dispositions semblent être méconnues et seraient la source de toute la pagaille qui règne aux abords des bureaux de la Sécurité sociale depuis lundi.

Le lundi 21 avril, la police a eu fort à faire pour gérer la foule qui s’est massée aux abords du bâtiment Astor Court. Tous étaient des habitants de Bain-des-Dames, de Résidences La Cure et de Roche-Bois. Ils espéraient obtenir l’allocation qu’ils estiment avoir droit.
Le soleil de plomb et la forte chaleur n’ont pas refroidi l’ardeur mais ont sans doute attiser leur colère. « Minister inn fane. Sa kantite dimoun la zot dir pou fer peyman isi », lâche un policier. Selon lui, il n’y aurait pas eu un tel désordre s’il y avait une meilleure organisation dans le paiement des allocations.

Tension

Certains affirment avoir satisfait toutes les formalités mais sont toujours dans l’attente de leur paiement. « Nounn vinn la depi sizer », disent-ils. À 11 heures, nombreux étaient en sueur et la tension est montée crescendo. Ce qui a contraint la police à fermer temporairement la rue Lislet-Geoffroy pour éviter tout incident ou accident avec les véhicules empruntant cette route.

Selon Prisca, l’eau a envahi sa maison. Les policiers sont venus pour prendre des photos, mais elle est toujours en attente d’une allocation. « Fodre kwrar nou pena pou nou vinn la », fait-elle comprendre. Une habitante de Résidences La Cure ajoute : « Avan gagn peyman la li pa fasil ». Pour elle, il y a une mauvaise organisation dans le paiement des allocations. « Si chacun était payé dans sa région, il n’y aurait pas de problème. Là, ils ont demandé à tout le monde de venir à un seul lieu, d’où le cafouillage », estime-t-elle.


Mouvements de foule

Les mouvements de foule ont été inévitables à chaque fois que les policiers, installés derrière le principal accès menant au bâtiment Astor Court, ont laissé passer des sinistrés par petits groupes. Les éléments de la Special Supporting Unit ont eu toutes les peines du monde pour contenir la foule par moment, ce qui a suscité de nombreuses réactions, particulièrement de ceux qui étaient coincés. « Pa pouse », suivi de nombreux jurons.  Il faut quand même saluer la façon dont les policiers ont géré la situation avec tact. Même s’ils ont souvent été dépassés par les évènements, ils ont su garder leur calme et n’ont pas fait usage de force excessive pour essayer de calmer une foule en colère.


Femmes, enfants et personnes âgées dans la foule

Marie-Thérèse : « Je suis là pour la troisième fois »

De nombreuses femmes, dont certaines avec leur bébé dans les bras, des enfants en bas âge et des personnes âgées étaient présents dans la foule. Lors d’un mouvement de foule, une fillette a failli se faire écraser, ce qui a suscité la colère de certains. C’est en larmes qu’elle a pu être évacuée et être récupérée par l’un de ses proches qui se trouvait à l’extérieur de la barrière de sécurité.

Parmi, il y avait aussi Marie-Thérèse, 78 ans. Présente sur les lieux depuis 8 heures, debout sous un soleil de plomb. Elle raconte que sa maison a subi des dommages avec l’eau de pluie. Habitant Bain-des-Dames, elle soutient que l’eau est entrée dans sa maison et qu’elle n’a plus rien maintenant. La police est venue faire le constat déjà. Elle a apporté tous ses documents mais elle n’a pu remplir les formalités pour obtenir l’aide sociale.  Fatiguée d’être restée de longues heures, elle a fini par s’installer en bordure de route pour se reposer. « J’ai mal aux pieds, je suis là pour la troisième fois depuis vendredi. On m’a dit de revenir lundi, puis mardi. Je suis encore là sans avoir pu remplir les formalités nécessaires. » Il était 13 h 30.

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